Mankeur N'diaye, Ministre des Affaires Etrangères et des Sénégalais de l’Extérieur : "Nous avons pris des mesures qui ont contribué à faire baisser le nombre de passeports diplomatiques en circulation"

​Monsieur Mankeur N'diaye, ministre des Affaires étrangères du Sénégal nous a accordé une grande interview au cours de laquelle il est revenu sur les questions de sécurité de notre continent abordées à Addis –Abéba, notamment sur Boko Haram et les dangers que cette secte fait planer sur l’Afrique de l’Ouest et surtout sur notre participation à la Minusma et notre engagement au Mali. A propos de celui-ci, Monsieur Mankeur Ndiaye souhaite que nos forces aient un mandat renforcé pour pouvoir se défendre face aux attaques des terroristes qui sont dans la bande du Sahel. Il a insisté pour rappeler aux africains que le Mali est un pays frère et que notre engagement auprès des populations de Gao et de Kidal est tout à fait naturel et coule de source. Il nous a aussi affirmé qu’une nouvelle diplomatie économique allait être mise en œuvre, et que partant, de l’ordre allait enfin être mis dans les délivrances de passeports diplomatiques. Entretien sans fard…


Mankeur N'diaye, Ministre des Affaires Etrangères et des Sénégalais de l’Extérieur : "Nous avons pris des mesures qui ont contribué à faire baisser le nombre de passeports diplomatiques en circulation"

Dakaractu : Excellence, Bonsoir, quel est le bilan de la 2° commission mixte Sénégal-Koweit ?


Mankeur N'diaye : «  Je remercie d’abord Dakaractu pour cette initiative d’être venu échanger avec moi sur des questions qui intéressent tous les Sénégalais. Je remercie les initiateurs de ce site et vous souhaite plein de succès, sachant que vous êtes des professionnels et que nous aimons vous consulter pour avoir des informations de première main sur l’actualité nationale, régionale et internationale.
En ce qui concerne cette deuxième édition de la Commission Mixte Sénégal Koweit, avec le vice Premier Ministre El Sabbah, nous avons fait le point de la coopération entre le Sénégal et le Koweit, coopération ancienne et très forte, et qui a la particularité d’avoir un impact réel sur les politiques publiques, notamment dans le contexte des réalisations du PSE, pour lequel le Koweit a offert son accompagnement. Je rappelle que beaucoup d’infrastructures routières ont été faites avec l’appui du Koweit. Je pense à la route de la Corniche, à la VDN, et à toutes les extensions ainsi qu’à d’autres routes à l’intérieur du pays. Notre coopération s’étend aussi à l’éducation, à la Santé, et on peut dire qu’elle se porte très bien, mais les échanges commerciaux sont faibles, et nous sommes en train de les corriger et de les renforcer, notamment par l’établissement de lignes aériennes directes.
Cette coopération s’étend à la protection civile, avec l’équipement de nos sapeurs-pompiers. Il faut souligner que nos liens sont puissants et fraternels, car le Koweit a toujours en mémoire la participation du Sénégal à la libération du Koweit qui avait été envahi par l’Irak de Saddam Hussein, à l’occasion de laquelle 90 Jambars avaient trouvé la mort sur le sol Koweitien. Le Koweit répond toujours présent à nos requêtes et elles sont importantes, et sont aussi dans le pipe-line du Fonds Koweitien.
Cette coopération est d’une grande qualité, et concerne même la sécurité avec la lutte contre Daesh et les Chebabs en Somalie, comme Boko Haram au Nigéria. Nous coordonnons nos actions dans le sens de ce qu’il convient de faire pour une plus grande sécurité commune, dans le cadre des Nations Unies, mais aussi de l’OCI, travaillant ainsi pour la promotion de l’Islam qui est une religion de tolérance et de paix. C’est donc une édition fructueuse et c’est ainsi que le Vice-Premier ministre Al Sabbah a été reçu par le président de la République, Macky Sall pour en faire le tour.


D. A. : Parlant de sécurité, vous rentrez de Addis Abéba, pouvez-vous nous dire quelles sont les conclusions du sommet de l’Union Africaine qui ont été tirées, relatives à la Sécurité, et aussi quels ont été les succès diplomatiques  du Sénégal lors de ce sommet ?


M. Nd. : Quand l’union africaine se réunit elle parle naturellement de développement, elle parle de paix, mais aussi de sécurité. Avec ce que nous connaissons aujourd’hui dans l’espace ouest-africain, mais surtout dans notre espace sahélo-sahélien. J’ai parlé tout à l’heure de la situation sécuritaire avec le cas Boko Haram qui commence à contrôler des territoires et s’installe tout le long des frontières dans un certain nombre de pays, notamment le long du bassin du Lac Tchad, le Niger, le Cameroun. C’est le moment de saluer l’appui très fort du Tchad qui a décidé de combattre à côté du Nigeria contre Boko Haram et ses troupes. Alors pour vous dire, on a parlé de sécurité au Nigéria mais aussi au Mali.

D. A. : Les Succès du Sénégal au sommet de l’UA, quels sont-ils ?

M. Nd. : Nous avons des compatriotes qui ont été nommés à des missions importantes et surtout, le Sénégal a reçu des soutiens énormes du reste de l’Afrique pour devenir un membre à part entière du Conseil de Sécurité.


D. A. : Nos militaires font partie de la Minusma et celle-ci a été attaquée par les populations de Gao. Allez-vous reconsidérer les conditions de notre engagement au Mali ?


M. Nd. : Notre engagement au Mali est un engagement avec un pays frère. Ce ne sont pas ces attaques qui feront reculer le Sénégal ou faire reculer son contingent. Nous sommes présents au Mali, aux côtés du peule et du gouvernement maliens dans le cadre de la Minusma qui est une mission des Nations Unies avec un mandat dont nous voulons la révision et le renforcement pour permettre à nos troupes de pouvoir se battre et se défendre. Cela est nécessaire, parce qu’on ne peut pas maintenir une paix qui n’existe pas. Quand on parle d’opération de maintien de la paix, il faut que cette paix existe et qu’il y ait des forces pour la maintenir. Nous avons, de ce fait, en compagnie des pays qui se sont engagés en même temps que nous, demandé le renforcement et la révision du mandat de la Minusma.
Nous avons déjà perdu quatre éléments au Mali avec plusieurs blessés, car c’est un espace compliqué avec le nord du Mali, la région de Kidal, du Tombouctou et du Gao que je connais très bien pour y avoir été Ambassadeur et vécu pendant deux ans durant la crise malienne en 2012. Le nord du Mali est presque inhabité parce qu’étant désertique et les terroristes en ont fait leur territoire. Alors nous sommes présents au Mali parce que tout ce qui touche au Mali nous concerne.


D. A. : Craignez-vous une profusion des passeports diplomatiques ? A quoi servent-ils, pour que tant de monde en désire ?

M. Nd.
: Cette question est très sérieuse, parce que je crois que dès que le Président Macky Sall est arrivé à la magistrature suprême, il a décidé d’assainir ce secteur. Nous avons pris beaucoup de mesures d’assainissement, de retrait et d’annulation de passeport. En 2006 ou 2005 l’Italie avait décidé d’exiger le visa pour les porteurs de passeports diplomatiques, parce qu’il y en avait beaucoup. Si l’Italie s’est résignée, c’est parce que les nouvelles mesures sont réelles.  Ces mêmes mesures ont contribué à faire baisser le nombre de passeports diplomatiques en circulation. Le passeport diplomatique est régi par un décret qui liste les personnalités qui en ont droit, mais avec une possibilité de dérogation que l’autorité compétente peut faire. Alors, voilà un peu ce que cela veut dire. Nous sommes conscients que c’est un document de voyage très important et doit être extrêmement bien protégé. Nous y veillons au quotidien et le président de la République aussi y veille au quotidien.
 
D. A. : Vous avez malgré vous, eu un malentendu avec Nafi N'gom Keïta et à cette occasion les Forums sociaux ont tenu à témoigner que vous étiez « un ministre étranger aux affaires ». Cela vous a-t-il fait plaisir ?

M. Nd.
: Merci de l’expression poétique. Nous essayons de remplir la mission qui nous a été confiée par monsieur le Président de la République Macky Sall. Une mission que nous voyons comme un sacerdoce. Une mission très délicate, très prenante, très exigeante mais aussi une mission très dangereuse. Parce qu’il suffit d’un dérapage pour créer la guerre et un oubli ou un mot de moins peut frustrer. C’est délicat. C’est pourquoi à chaque réveil, nous prions Dieu pour qu’il nous donne une bonne journée en disant ce qu’il faut dire avec les mots justes pour le dire, pour dormir tranquille à la tombée de la nuit. Voilà pourquoi c’est une mission dangereuse.
 
D. A. : Est-ce que l’accusation vous a touché ?
 
M. Nd.
: Evidemment! Juste parce que en plus d’être ministre, je suis un fonctionnaire dans l’âme. Je suis enseignant, donc je reste instituteur, je reste professeur.  Je suis sensible à la marque d’amitié et de sympathie que m’ont témoignée mes compatriotes. Cela est motivant et très encourageant. Si en cela s’ajoute le soutien de celui qui nous a confié cette mission et qu’on travaille au quotidien pour répondre à son attente, je crois c’est ça notre arme.

D. A. : La diplomatie a tendance à devenir économique. Avons-nous renforcé nos services consulaires pour impliquer nos diplomates dans la mise en œuvre du PSE par exemple ?

M. Nd.
: Comme je l’ai dit, la diplomatie relève de la souveraineté. C’est un domaine réservé du Chef de l’Etat qui définit les orientations, les axes, les options et les positions et le ministère des affaires étrangères ne fait que mettre en oeuvre cela avec son équipe. Nous sommes chargés de veiller sur les orientations définies par le Chef de l’Etat. C’est pourquoi, le véritable chef de la diplomatie c’est le président de la République.  Parfois, par abus de langage, on appelle le ministre des affaires étrangères, le chef de la diplomatie, mais le véritable chef c’est le président. C’est lui qui dit voilà l’orientation et voilà la position du Sénégal sur telle ou telle question, et nous, nous mettons cela en œuvre.
Donc, il y a les orientations du côté étranger, mais aussi il y a les axes démocratiques. Parce que la diplomatie c’est la mise en œuvre de la politique étrangère et les orientations de la politique étrangère sont définies par le président de la République. Mais cela ne veut pas dire que le Sénégal va accepter que le pays soit considéré comme un sanctuaire ou un lieu d’agression d’un pays voisin. C’est la raison pour laquelle Sidya Bayo a été évacué vers la France. Le Sénégal n’acceptera jamais que des voisins attaquent d’autres voisins en passant par le Sénégal. Raison pour laquelle nous voulons une diplomatie tranquille. Une diplomatie respectueuse qui ne va pas étaler ses pratiques sur la place publique. Il faut une diplomatie qui travaille dans le calme et que tous les ambassadeurs aillent trouver des investissements.
Samedi 7 Février 2015
Dakaractu




1.Posté par menteur le 07/02/2015 10:57
Ce canard appartient a ce connard, merci de l expression poetique

2.Posté par iba sy le 07/02/2015 21:51
Moins de passeports diplomatiques en circulation ? C archi faux !

3.Posté par spectateur le 08/02/2015 11:28
le gus veut noyer le poisson à ce que l'on voit, vous êtes tous pareils, pathétiques ces mises en scène et reglements de comptes par presses interposées. On parle des remontrances du super prési très émotif qu'on a eu la malchance d'élire comme pour qu'il nomme des gens sans valeur des incompétents, des alcooliques et des médiocres, et monsieur diplomatie accorde une interview à l'initiative des professionnels de votre site pour... tirer la couverture sur lui. le monde est beau. mais si vous pouvez dormir tranquille sans problème de conscience, continuez, bess du niakk! A bon entendeur....



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