Manifestation interdite du PDS : Abdou Karim Sall, Directeur général de l’ARTP : «Les assassins reviennent toujours sur le lieu de leurs crimes...»

Le Directeur général de l’Agence de Régulation des Télécommunications et Postes (ARTP), Mr Abdou Karim Sall, par ailleurs responsable au sein de l’Alliance pour la République (APR), a rendu visite à Dakaractu ce dimanche.

Au cours de l’interview qu’il a accordée à la rédaction, le Dg de l’ARTP a félicité le site Dakaractu du travail abattu, lui qui occupe actuellement la première place au Sénégal. «Je magnifie le travail, formidable, dans le domaine de la Communication avec un professionnalisme que tout le monde vous reconnait. J’encourage les membres de la rédaction à persévérer». Abdou Karim Sall est aussi Coordonnateur des Cadres APR de Pikine. Entretien...


Manifestation interdite du PDS : Abdou Karim Sall, Directeur général de l’ARTP : «Les assassins reviennent toujours sur le lieu de leurs crimes...»

Vous êtes un responsable de l’APR, parti au pouvoir, quelle analyse faites-vous actuellement de la situation politique nationale?

Je voudrais simplement dire que je suis très surpris de la cruauté des responsables et militants du PDS à l’endroit de Me Abdoulaye Wade. Ce qui se passe, je ne crois que si l’un d’entre eux avait son père ou son grand père de l’âge de Wade, il accepterait que ce vieux se présente à la Place de l’Obélisque pour inhaler des grenades lacrymogènes. Je pense qu’il faut dire avec force, la cruauté avec laquelle tous les sénégalais sont en train d’observer le comportement des responsables du Parti démocratique sénégalais et en particulier les militants de ce parti. Vous avez vu le comportement du Président Wade qui d’ailleurs ne l’honore pas. Il est grave qu’un ancien président puisse dire : « j’ai bravé les interdits de ce pays après avoir été élu démocratiquement et après avoir perdu démocratiquement». Le deuxième constat c’est qu’il faut savoir que le discours de Me Abdoulaye Wade a évolué. Mais il faut qu’on analyse pourquoi son discours a évolué. Depuis que son fils est en prison, il n’a cessé de brandir son innocence. Mais ce que nous avons vu hier, c’est un appel au dialogue qu’il est en train de faire à l’endroit du Président de la République, Macky Sall. Il a même évoqué l’intervention des chefs religieux, des chefs d’Etat africains pour libérer Karim Wade. 

Cela veut dire deux choses. En tant qu’avocat, il connait très bien la situation dans laquelle son fils se trouve aujourd’hui. Il sait qu’il n’a aucune chance de s’en sortir. Maintenant, il va utiliser l’ensemble des moyens à sa disposition pour faire libérer son fils soit à travers les interventions, comme il l’a dit, des chefs d’Etat africains, soit à travers les interventions des chefs religieux. 

Je crois qu’il faut d’abord qu’on fasse la part des choses. Le Sénégal est un pays de droit. Son fils a eu à gérer les deniers publics; il a été interpellé sur sa gestion et sur ses avoirs. Je pense qu’aujourd’hui, s’il est capable de prouver que tout ce qu’il a obtenu c’est de manière licite, il n’y a pas l’ombre d'un doute qu’il sera libéré. Mais à comprendre la tournure des choses, le Président Wade en tant qu’avocat, et comme quelqu’un qui est bien renseigné, a fini par comprendre que son fils n’a aucune chance de s’en sortir au regard des preuves et des témoignages qui l’accablent. 

Donc, c’est la raison pour laquelle il est prêt, aujourd’hui à utiliser des armes non conventionnelles. D’ailleurs, quand vous entendez le président Wade dire : je demande l’arbitrage de l’armée- je serais sur le terrain jusqu’à ce que l’armée me départage entre le Président Sall et moi. Je pense que cela n’est pas digne d’un ancien chef d’Etat qui a été élu démocratiquement, mais qui a également perdu de la même façon, à chaque fois, interpeller l’armée dans un pays comme le Sénégal, où nous avons connu deux transitions démocratiques, je pense ce n’est pas à son honneur. Maintenant, il faut prendre Abdoulaye Wade très au sérieux. 

C’est un appel que vous faites. Vous parlez justement, en droit, de ce que l’on appelle la sédition. Il a été clair; il demande à l’armée de les partager. Quelle devrait être la riposte de l’Etat ?  

Je pense que l’appel de Me Abdoulaye Wade est très clair. Moi, je l’ai dit depuis toujours que l’ancien président est dans une logique d’abréger le mandat de l’actuel Président de la République. Ça, c’était déjà un premier signe. Le second, il vient de le poser en disant qu’il faudrait que l’armée vienne les départager; c’est un appel à la sédition. Il faut que les autorités de ce pays le prennent au sérieux et considèrent que Abdoulaye Wade est prêt à tout. Si son fils reste en prison, il est prêt à mettre ce pays à feu et à sang. 

Me Abdoulaye Wade a été à la place de l’Obélisque ce samedi, mais il n’est pas descendu de son véhicule. Comment pouvez-vous expliquer ce fait, en présence des agents de sécurité?   

Vous savez aujourd’hui Abdoulaye Wade sait qu’il bénéficie du privilège que lui confère son âge. Au Sénégal, nous respectons les personnes âgées. Et c’est ce qu’il a compris et il se permet d'adopter une certaine posture en forçant les barrages de la police. Dans un autre pays, les choses allaient mal se passer. Mais je pense que nos agents de sécurité, la police, la gendarmerie ont eu toute la sérénité qu’il fallait pour éviter tout dérapage, parce que c’est ce qu’il avait souhaité. 

Maintenant, il y a autre chose; vous savez il y a quelque chose qui échappe au sénégalais, le ou les criminels reviennent toujours sur leur lieu de crime. Vous vous rappelez que le 31 décembre 2012, le régime de Abdoulaye Wade avait assassiné sauvagement Mamadou Diop, l’étudiant. Et, ils ont choisi la même date pour revenir sur leur lieu de crime ; non seulement peut-être pour commettre un autre crime, ou pour valider le crime qu’ils avaient déjà commis sur la personne Mamadou Diop. 

Je pense que la sérénité et le professionnalisme des agents de sécurité ont fait que rien n’a pu se produire conformément au plan qu’ils avaient mis en place. Nous demandons et lançons un appel à toutes les autorités de ce pays qui sont chargées de veiller sur la sécurité des biens et des personnes, de prendre toutes les dispositions pour que les sénégalais puissent vaquer correctement à leurs besoins. Il est impensable et inacceptable qu’on se mette dans une logique d’organiser des sit-in à longueur de semaine, d’organiser des manifestations tous les jours. Ce n’est pas acceptable; même si la Constitution donne droit de marcher ou de protester, je pense qu’il y a quand même une limite à toute chose. L’Etat doit prendre ses responsabilités; je pense que l’Etat doit prendre Abdoulaye Wade au sérieux parce qu’il est devenu un danger pour tout le Sénégal.   

Pour terminer sur ce volet-là, n’avez-vous pas l’impression que le procès de Karim Wade a laissé filtrer quelques cafouillages laissant croire à l’opinion que ce procès peut être politique ? Et, la deuxième question par rapport aux manifestations, est-ce qu’il faut une fois pour toute leur permettre de manifester, pour vraiment qu’ils se pèsent ?     

Vous avez raison, mais je pense que quand même, l’Etat est garant de la sécurité des personnes et des biens. Donc, c’est à l’Etat d’apprécier à chaque moment l’opportunité de trouver un moment plus favorable pour que cette manifestation puisse se dérouler. Vous savez, il y a moins de 15 jours, les étudiants ont eu à manifester, et des éléments du Pds ont été identifiés, qui ont infiltré cette manifestation et qui ont brûlé des bus. Des gens qui infiltrent des manifestations sont capables de faire des dégâts, si on les autorise grandeur nature à organiser des manifestations, je pense que c’est faire courir aussi aux citoyens et au Sénégal, des risques qu’on peut éviter. 

Je suis d’accord qu’on doit autoriser les marches mais il faudrait quand même que l’Etat soit prudent avec ce Pds qui est prêt à brûler le pays pour libérer Karim Wade. 

Par rapport au procès, moi je pense que cela concerne la justice; je ne souhaiterais pas trop m’étendre là-dessus. Justice suit son cours. Elle fonctionne à son rythme. Et, je fais confiance à la justice sénégalaise; également il faut que Karim fasse confiance à la justice sénégalaise. Ça ne sert à rien de faire un pied en avant, un pied en arrière. Il faudrait qu’il ait le courage d’affronter la justice. S’il a des arguments valables pour démontrer son innocence, je pense qu’il n’aura rien à perdre. 

Si non, quelle est aujourd’hui l’actualité de l’institution que vous dirigez ?                                                                                                                                        

 En fait, je pense l’Autorité de régulation est sur la bonne voie. Nous avons des projets et des programmes très ambitieux pour le pays. Nous pensons que nous sommes un acteur déterminant dans le développement de l’Economie du numérique au Sénégal. 

C’est un travail de plusieurs acteurs. Les opérateurs ont un rôle à jouer, celui- là de faire changer les habitudes en ce qui concerne les services de voies pour les transformer en service de données. C’est un travail d’envergure, mais également l’habitude des consommateurs à côté desquels il y a le rôle que doit jouer le régulateur et nous entendons le jouer pour développer l’économie numérique dans ce pays.  

 
Lundi 2 Février 2015
Dakaractu




1.Posté par sipres le 02/02/2015 10:13
courage seul
le travail paie

2.Posté par artp le 02/02/2015 11:04
Bien dit mr Sall thiatt kaw thi canam



3.Posté par PIC le 02/02/2015 15:49
RIEN que la tete de ce SALL montre que il n'est pas inteligent

4.Posté par Xeme le 02/02/2015 20:32
Pour sûr que les assassins de Mamadou Diop et des 13 autres sénégalais sont au pouvoir. Ce n'est pas pour rien que la vidéo d'aveux de Mame Mbaye Niang a été supprimée de Youtube.

5.Posté par Cooldex le 03/02/2015 00:26
Vraiment le pays part en vrille. Avec Macky Charlie Sall c'est la promotion de la médiocrité. Cet type c'est qui déjà?



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