Mandela croyait à la contagion des valeurs


Mandela croyait à la contagion des valeurs
La mort de Nelson MANDELA, par sa dimension symbolique et son amplitude émotionnelle à l’échelle du monde, marquera durablement l’histoire des peuples de tous les continents. Jamais un homme comme lui n’avait pu cristalliser sur sa personne, avec un unanimisme aussi absolu, des sentiments de quasi vénération, éprouvés par chacun et par tous, s’exprimant de manière indifférenciée, au-delà des frontières idéologiques, politiques, culturelles, ethniques et sociales.
Vivant, MANDELA était déjà une légende ; mort, il restera une légende. C’est là où réside l’énorme privilège que lui confère ce statut. Hier, aujourd’hui comme demain, Nelson MANDELA appartient à notre mémoire collective. Cet homme d’exception ne s’est pas contenté d’incarner avec incandescence la notion de vertu au sens large, mais il a contribué à redonner de la        substance, de la hauteur et du sens, aux valeurs de courage, d’endurance, de tolérance, de liberté, de justice et de fraternité humaine.
C’est sur ce terrain de l’éthique et des valeurs que Nelson MANDELA a été plébiscité. En de telles occurrences, il n’est jamais aisé de trouver les mots susceptibles de vous mettre à la hauteur d’un événement aussi considérable. Comme il l’a confessé lui-même, Nelson MANDELA ne se définissait pas comme un prophète. Pour ma part, je souhaite dire que MANDELA était un homme parmi les hommes, mais un homme au-dessus des hommes. Il faut avoir la capacité morale et intellectuelle de pouvoir se situer au-delà du bien et du mal pour réussir ce qu’il a réussi.
Nous avons, avec SENGHOR et ensuite avec Abdou DIOUF, beaucoup œuvré dans la lutte contre l’apartheid, par des actions et des initiatives diplomatiques et politiques menées avec constance et opiniâtreté, pour la libération de Nelson MANDELA. Outre l’ouverture, dans les moments de plomb où sévissait l’apartheid, d’une représentation de l’ANC à Dakar et l’octroi de passeports diplomatiques à ses dirigeants, c’est le Président DIOUF qui, le 1er octobre 1985, en sa qualité de Président  en exercice de l’Organisation de l’Unité Africaine, a été le premier Chef d’Etat, à prendre le risque considérable de survoler l’Afrique du Sud, sans autorisation des autorités de ce pays, pour se rendre dans tous les pays de la ligne de front, pour les encourager et les inciter à durcir leur lutte contre l’apartheid. La nécessité de baptiser des noms emblématiques de place SOWETO et d’écoles, de lycées et d’avenues portant le nom de Nelson MANDEA, remonte à cette période épique.
Nelson MANDELA a représenté, pour beaucoup, l’idée connue que l’optimisme de la volonté doit toujours prévaloir sur le pessimisme de l’intelligence. Nous lui sommes tous redevables de nous avoir insufflé la conviction que le pire n’est jamais écrit d’avance et qu’il ne dépend que de nous pour que l’avenir se conjugue avec paix, unité, liberté et développement.  MANDELA croyait à a contagion des valeurs. Aujourd’hui, le monde entier lui donne raison par l’hommage qui lui est rendu.
Nous exprimons toute notre solidarité et notre vive sympathie au peuple sud-africain, à l’ANC, à la famille de l’illustre disparu, et à tous ceux qui partagent ce deuil qui est vécu par tous les démocrates et par tous ceux qui se reconnaissent dans les combats de MANDELA. Nous continuerons de nous inspirer, par l’action et par la réflexion, des enseignements que nous laisse en héritage Nelson MANDELA./-
 
                                                                                  Paris, le 06 décembre 2013
 
Ousmane Tanor DIENG
Secrétaire Général du Parti Socialiste du Sénégal
Vendredi 6 Décembre 2013
Dakaractu




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