Mame Bounama Sall, responsable des jeunesses socialistes : « Renoncer à conquérir le pouvoir n'a jamais effleuré notre esprit au Ps »

Le responsable des jeunesses socialistes, Mame Bounama Sall, a accordé à «L’As» une interview dans laquelle il revient sur l’avenir du Parti socialiste qu’il pense radieux, malgré les difficultés. Il indique que le Ps n’a jamais renoncé à la conquête du pouvoir. Répondant à ceux qui souhaitent le retrait de Ousmane Tanor Dieng de la tête du Ps, le jeune socialiste martèle que «jusque-là Tanor assure et rassure» et il ne voit pas pourquoi on devrait penser à son remplacement. En vue des législatives, Bounama Sall soutient que «la coalition Bby se porte bien» et ne voit pas l'intérêt de sortir d'une coalition qui marche, pour en créer une autre». Il n’a pas manqué d’égratigner Barthélémy Dias et le camp de Khalifa Sall.


Pourquoi le Ps a renoncé à reconquérir le pouvoir ?
Renoncer à conquérir le pouvoir n'a jamais effleuré notre esprit au Ps et ne le sera jamais, car la conquête et l'exercice du pouvoir est notre raison d'être, comme tout parti politique. Cependant, je dois préciser ou rappeler que la conquête du pouvoir s'appréhende dans le temps, en fonction des opportunités, du contexte, des moyens, de la géopolitique, entre autres préalables et non dans la témérité politique. De ces réalités, je dis fermement que nulle formation politique, aucun politologue, aucune pression médiatique, encore moins analyste n'est mieux placé ou indiqué que le Ps même pour le faire. Notre formation politique n'en est pas à sa première expérience. Le moment venu, en toute souveraineté et lucidité, avec le sens de responsabilité de ses militants, et la clairvoyance du secrétaire général Ousmane Tanor Dieng, le Ps prendra la meilleure décision pour le parti et pour le pays.
La plainte contre les présumés saccageurs divise le Ps. Pourquoi, cette volonté de régler un problème politique par la justice?
Sur ce point, je dois préciser qu'il n'y a pas de division au Ps. Je rappelle que nous sommes un parti politique, régulièrement constitué dans un Etat de droit. On sort d'un congrès au cours duquel toutes les structures ont été renouvelées, et avec comme secrétaire général et responsable moral Ousmane Tanor Dieng, qui délègue ses prérogatives à certains responsables, comme le lui permettent les textes de notre parti. Il faut que cela soit clair dans l'esprit des Sénégalais.
 
 
 
Par conséquent, comment peut-on parler de division, alors que la personne à qui on fait allusion a été même nommée par Ousmane Tanor Dieng? Tous les militants socialistes disciplinés et légalistes sont avec et derrière le secrétaire général du parti, ce qui lui garantit une vraie légitimité, et non une légitimité médiatique. Je rappelle que toutes les décisions majeures du parti, sous l'impulsion de son secrétaire général Ousmane Tanor Dieng, ont toutes été démocratiques, soutenues, appuyées et approuvées par les mouvements intégrés, les structures centrales, les structures de base et les militants du parti. Pour ce qui est de la plainte, le Ps a été attaqué, saccagé en tant organisation privée et ses biens vandalisés. Je ne vois pas en quoi cette plainte peut être assimilée à un règlement de compte politique.
Est-ce qu’il n’est pas temps pour Ousmane Tanor Dieng de passer le témoin ?
Je vois qu'une certaine presse est très exigeante, parfois même méchante vis-à-vis du Ps ou de Tanor. Depuis la première alternance politique, avec tout ce que nous avons traversé, pendant douze longues et difficiles années d'opposition, Tanor a su replacer le Parti socialiste comme seconde formation politique en termes de représentativité parlementaire, en termes de collectivités locales, entre autres. C’est vous dire que jusque-là Tanor assure et rassure.
Il a quand même connu deux revers. Quel est le profil idéal de son successeur?
Comment peut-on parler de prochain, alors que celui qui jouit de la confiance des militants du Ps, Dieu merci, se porte bien et s'acquitte  convenablement de ses devoirs vis-à-vis du parti et des militants? Tout militant qui aurait des ambitions doit avoir en bandoulière la charte militante de notre parti et doit fortement s'inspirer du management ou de la méthode Tanor, dans sa capacité à endurer, à impulser, à rassembler les militants dans et autour du parti, et non du groupe ou du clan. Il doit éviter de tomber dans la démagogie au risque d'être perçu comme un  fractionniste. Comme on le dit : Plus pressé que la musique, on danse mal.
Khalifa Sall peut-il l'être ?
Je ne peux pas et je ne veux pas épiloguer sur une candidature fantoche. Ce qui m'intéresse aujourd'hui, en tant que responsable national des jeunesses socialistes, c'est le Ps et son secrétaire général national Ousmane Tanor Dieng, à qui je dois loyauté et soutien.
Depuis quelques semaines,  Barthélémy Dias a entrepris une tournée d’animation et de mobilisation du Ps. Comment analysez-vous cette initiative?
Sans doute l'approche des élections législatives fait bouger de nos jours  beaucoup d'acteurs politiques. Mais à politique, politique et demi.
Aux élections législatives, le Ps va-t-il aller sous la bannière de Bby ?
Cette question n'est pas encore débattue dans les instances de notre parti. Comme il est de coutume, une décision de cette importance requiert l'approbation de toutes les coordinations du parti. Cependant, je dois préciser que le contexte dans lequel nous sommes est celui des grands ensembles. Notre coalition Bby se porte bien et je ne vois pas l'intérêt de sortir d'une coalition qui marche pour en créer une autre dont l'avenir est incertain.
L'As
Mercredi 20 Juillet 2016
Dakaractu




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