Mamadou Woury Sall, auteur de « Ceerno Sileymaani Baal, Fondateur de l'Almaamiyat (1776-1890) » : « On nous impose une histoire de la résistance comme si on n’a jamais eu de l’initiative… »


Mamadou Woury Sall, auteur de « Ceerno Sileymaani Baal, Fondateur de l'Almaamiyat (1776-1890) » : « On nous impose une histoire de la résistance comme si on n’a jamais eu de l’initiative… »
Mamadou Woury Sall, enseignant chercheur à l’université de Saint-Louis et auteur du livre « Ceerno Sileymaani Baal, Fondateur de l'Almaamiyat (1776-1890) », a regretté que l’histoire du Sénégal ne nous soit imposée que sur l’aspect de la résistance alors que beaucoup d’initiatives, notamment dans le domaine de la bonne gouvernance, avaient été initiées. «  La vallée du Nil, du Niger et du Fleuve ont donné une civilisation réelle à l’Afrique, une civilisation de l’écriture. Il est prouvé que nous avons écrit en en même temps que les pays dit Latins. On nous impose une histoire de la résistance comme si on n’a jamais eu de l’initiative. On donnait et nous ne recevions pas tous le temps » dira-t-il. Et d’ajouter « mais les gens nous dépeignent comme si on était  tous le temps sur la défensive. On destituait les rois, en 114 ans on a eu 34 Almamys, c’est plus que de l’alternance. On alternait et contrairement à la Révolution de 1789,  ici on évinçait alors qu’en France on décapitait » dira-t-il.
L'érudit musulman Ceerno Sileymaani Baal a été présenté par ailleurs par l'auteur, comme l'un des premiers à avoir théorisé et mis en œuvre la bonne gouvernance au Sénégal au 18e siècle. « Sur le plan populaire il n’était pas bien connu, mais là on parle de ses théories et des formes d’état qu’il a préconisées, basées sur des principes islamiques mais surtout ce que l’on appelle aujourd’hui la bonne gouvernance » expliquera t-il. « Nous sommes au 18 ème siècle, en 1776. Il y avait un régime des « Yankhobés » autoritaires, qui étaient à cheval sur les principes islamiques. Lui  a vu que c’est un régime de tyran, il est sorti de Pire avec beaucoup d’autres de ses amis et est retourné au Fouta pour changer ce régime par un autre basé sur d’autres principes. Par exemple celui qui dirigeait le pouvoir était un homme pétri de savoir et de bonnes qualités. Il a aussi écarté tout ce qui était l’héritage pour la succession pour le baser sur le savoir et la science pour gouverner. On surveillait de près le Chef de l’Etat,  il y avait un corps électoral établi, il y avait une décentralisation, des chefs de village, des écoles etc. Tout ce dont on parle aujourd’hui il l'a théorisé, c’est dans ses écrits. »
 
Le livre édité par les Presses universitaires de Dakar (PUD), vise à faire davantage connaître à la nouvelle génération les écrits de cette figure historique à l'origine de la Révolution tooroodo.
 
Lundi 19 Janvier 2015
Dakaractu




1.Posté par yjrryur le 20/01/2015 15:03
Vous revez professeur; si vous pensez que nos dirigeants, tous ausssi complexes les uns les autres, vont revisiter l'heritage de leurs ancetres. Ils sont de fideles esclaves de la France pour le reste de leur miserable vie. regardez Macky; qui singe t-il dans sa gestion du matin au soir?



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