Mamadou L. Dianté, Coordinateur du Grand cadre, sur les résultats catastrophiques du Bac : «Le seul responsable, c’est l’État»

Les résultats catastrophiques du Bacca­lauréat n’ont pas laissé muet Mamadou Lamine Dianté, Secrétaire général Saems/Cusems et coordonnateur du Grand cadre des syndicats d’enseignants. Selon ce syndicaliste, l’Etat est le seul responsable de cette situation.


Mamadou L. Dianté, Coordinateur du Grand cadre, sur les résultats catastrophiques du Bac : «Le seul responsable, c’est l’État»
Les premiers résultats du Baccalauréat sont jugés catastrophiques. Mamadou Lamine Dianté, secrétaire général du Saems/Cusems et coordonnateur du Grand cadre des syndicats d’enseignants, qui faisait hier au téléphone une analyse de la situation n’a pas fait dans la langue de bois. Et c’est pour lâcher tout de go : «Quand il y a perturbation dans le système éducatif, évidemment on s’attend à avoir des résultats comme ça. Et nous en sommes désolés. Maintenant le ministre de l’éducation lors d’une conférence de presse a réitéré que les grèves n’ont pas eu d’impact sur les résultats.» Aujourd’hui, dit-il, «le ministre de l’Education nationale a réussi à instaurer au niveau du système éducatif le système de validation des ins­pecteurs d’académie qui sont disponibles». Mais, «eux savaient en âme et conscience que la grève avait un impact sur les apprentissages», souligne M.  Dianté. Tout en rappelant qu’au sortir des premières épreuves du Baccalauréat à savoir l’anticipée de philo, «les élèves disaient que ça on ne l’avait pas vu en classe, et c’est suffisant comme alerte». 
Depuis deux mois, informe Dianté, «ils voulaient un réaménagement du calendrier scolaire et ils n’avaient pas été entendus, ni suivis. Alors quand on sort d’une année aussi perturbée, c’est une occasion pour appeler à une concertation pour trouver des solutions». Cependant, «en refusant de réaménager le calendrier scolaire, et en disant que l’impact de la grève n‘est pas important, car sur 16 syndicats il n’y a que deux qui sont en grève, sur 24000 syndicats, il n’y avait que 2000. Aujourd’hui, ces résultats-là» sont regrettables. 
Le syndicaliste invite ainsi les uns et les autres à assumer leurs responsabilités. Néanmoins, «nous considérons qu’aujourd’hui que ce ne serait aucunement de la responsabilité des syndicats d’enseignants, encore moins des enseignants qui ont payé pour la grève dans la mesure où on les a condamnés sur place sur les plans pécuniaire et administratif».
Pour ce qui est des élèves, Dianté estime que le seul responsable c’est l’Etat. Et qu’il y a trois revendications qu’il doit prendre en compte pour renverser la tendance. «Parmi les 400 professeurs de philosophie que compte le Sénégal, 300 sont sans formation diplômante. Aujourd’hui, si on permettait à la presse de voir les performances des élèves en philosophie on comprendrait parfaitement la pertinence de nos revendications», déplore-t-il. Avant de poursuivre : «Nous avons demandé la formation des 300 professeurs de philosophie.» Aussi, si l’on croit le leader du Saems-Cusems, «les 2/3 des enseignants qui évoluent dans le lycée ont été formés pour exercer dans le collège. On a demandé au Président Abdou­laye WADE le décret instituant les passerelles professionnelles dans le moyen secondaire pour le renforcement de la pédagogie et des connaissances de ces enseignants-là. Ceci a été signé depuis le 13 juin 2011 et jusque-là n’a pas été appliqué», se désole-t-il. 
Enfin, d’après le coordonnateur du Grand cadre des syndicats d’enseignants de nombreuses innovations sur les méthodes d’évaluation au baccalauréat avec ce qu‘on appelle le bac Uemoa. Et ces innovations-là devraient être prises en compte par le moyen secondaire.

Le Quotidien
Mardi 19 Juillet 2016
Dakaractu




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