Macky Sall, président de l’APR: «Il y a des partis qui ont fait de Bennoo leur propriété privée.»


Macky Sall, président de l’APR: «Il y a des partis qui ont fait de Bennoo leur propriété privée.»
Dans cette deuxième partie de l’interview qu’il nous a accordée, le candidat Macky Sall prévient les adeptes de la transhumance qui attendent que la table soit servie pour frapper à la porte. S’il est élu, il n’ouvrira pas. Le candidat de la coalition Macky 2012 estime que la transhumance telle que favorisée par le régime libéral est déplorable et sans éthique. Au sujet de Bennoo, dont il est membre fondateur, l’ancien Premier ministre estime que la coalition n’a pas éclaté et que ses membres se retrouveront prochainement pour définir un cadre de partenariat pour les élections. La seule chose qu’il regrette, c’est que, selon lui, il y a des partis qui ont fait de Bennoo leur propriété privée. Quant à la candidature de Youssou Ndour, Macky Sall souligne qu’il faut faire confiance à l’intelligence des Sénégalais qui savent qui peut être leur président en 2012.

Wal Fadjri : L’opposition a organisé un séminaire à l’issue duquel des constitutionnalistes ont jugé la candidature de Wade irrecevable. Le pouvoir, a de son côté, convié des experts internationaux qui ont jugé recevable cette candidature. Chacun tirant la couverture de son côté, pourquoi ne pas laisser le peuple faire son choix lors de la présidentielle pour l’intérêt du pays ?
Macky SALL : Non ce serait trop facile. Pourquoi ne pas laisser tout le monde puiser dans la caisse de l’Etat si c’est comme ça.

Mais c’est différent…

(Il coupe). Non, parce que dans ce cas la loi n’a plus aucun sens. Ce n’est plus la peine d’ériger des règles. C’est comme au football : quand un ailier déborde alors que la défense n’est pas là, c’est un hors-jeu, si tous les hors-jeux sont permis il n’y a plus de jeu. En ce moment c’est la loi du plus fort et tout le monde se soumet. Dans ce cas, on n’est plus dans un jeu démocratique qui suppose le respect des règles ; et la première des règles c’est la loi fondamentale de notre pays. Et d’ailleurs c’est le président Wade lui-même qui est à l’origine de cette avancée, donc il n’y a pas de raisons qu’il revienne en arrière. Et même s’il veut revenir en arrière, nous disons non. C’est aussi simple que ça.

Quels moyens de lutte préconisez-vous face à la candidature de Wade ?

Mais préconisons une lutte pacifique mais forte. C’est la pression populaire qui empêchera les dérives et le viol de la Constitution. Les partis politiques, la société civile, les forces vives et les citoyens doivent comprendre que s’ils ne se battent pas pour faire respecter leur Constitution, demain ils ne seront pas responsables devant ceux qui seront élus. Ceux–là feront ce qu’ils voudront et ce sera à leur détriment. Aujourd’hui, les gens sont en train de crier sur la surtaxe sur les appels entrants et contre Global voice. Les immigrés savent qu’on est en train de taper dans leurs poches et ils n’ont pas le choix parce qu’il y a un gouvernement qui a décidé qu’il en sera ainsi. On devrait promouvoir le tourisme pour qu’il soit compétitif, parce qu’il ne l’est plus à cause d’une taxe extrêmement chère. La redevance pour le développement des infrastructures aéronautiques (Rdia) - environ trente euros par billet voire quarante euros - c’est le choix du gouvernement. Donc, il est important que le citoyen puisse juger et sanctionner ses dirigeants. Si on est dans uns système où le citoyen ne peut plus sanctionner on n’est plus en démocratie. C’est pourquoi nous tenons au respect de la Constitution, et nous nous battrons pour ça.

Et le Conseil constitutionnel dans tout cela ?

Le Conseil il va juger, c’est le dernier rempart.

Vous allez l’attendre ?

Non, pourquoi l’attendre ? Il faut l’empêcher de commettre l’irréparable. C’est pourquoi, nous ne serons pas assis à l’attendre qu’il dise oui ou non. On est en politique qui est un rapport de forces et les acteurs politiques ont le devoir d’empêcher la forfaiture. Donc, nous nous battrons et si malgré tout le président s’obstine à déposer sa candidature, nous attendrons le verdict pour voir la suite à donner aux événements.

‘On ne peut pas arrêter la mer avec ses bras. Ils arrêteront la publication des sondages pour autant la réalité politique et sociologique sera là et elle sera dans les urnes’

Donc vous n’excluez pas qu’il se présente ?

C’est à lui de le dire, mais de toutes les façons, je me suis préparé à affronter n’importe quel candidat y compris Wade. Je me suis préparé depuis trois ans et avec l’aide de Dieu et des Sénégalais notre coalition va gagner cette élection.

Beaucoup de sondages vous donnent gagnant. Accordez-vous du crédit à tout cela ?

Je dirais que le sondage c’est du parfum, il faut le sentir mais pas le boire. Les sondages sont des repères qui doivent vous donner, lorsque vous êtes responsable, l’état de l’opinion en temps donné. Mais cet état change en fonction des évènements et des situations. Donc en tant qu’acteur politique même si le sondage n’est pas publié vous devez l’apprécier et cela vous permettra de réajuster votre démarche. Moi, j’ai cette démarche rationnelle. Pour ce qui est des sondages, j’en ai réalisés par des bureaux d’études, donc des sondages crédibles et sérieux parce que n’importe qui peut publier n’importe quoi. Un sondage c’est lorsqu’un cabinet habilité qui a l’expertise et les outils fait un échantillonnage représentatif du corps électoral. Si l’enquête d’opinion me donne des résultats que je connais d’avance réels ou pas, parce que ces différents sondages qui me mettent devant me donnent en même temps les zones où je suis faible.

C’est vous qui les avez commandités ?

Non. J’ai commandité un seul sondage en 2010 dans un cabinet qui a pignon sur rue à Dakar et ce sondage d’ailleurs n’a pas été publié, mais j’étais deuxième avec 22 % après Wade qui avait 27 % des intentions de votes. Les autres je ne peux pas en parler. Je parle du président parce que c’est lui que tout le monde attaque et c’est normal que je cogne parfois, même si c’est avec beaucoup de considération. En tout état de cause je pense qu’il y a un affolement du pouvoir qui essaie de corser. Il n’a qu’à rendre les sondages accessibles, c’est-à-dire créer les conditions où ceux qui voudraient le faire le fassent dans les normes. Je suis favorable à l’établissement de normes afin d’éviter les fantaisies, car il ne faut pas tromper l’opinion. De toutes les façons, j’utilise les sondages pour la stratégie interne, le redéploiement plutôt que pour faire du show. Dans tous les cas, je sais là où je suis fort et là où je le suis moins. J’essaie de réajuster, d’avoir des alliés de circonstance, de démarcher telle ou telle personnalité pour renforcer telle ou telle zone.

Est-ce que ce n’est pas parce que tous ces sondages vous placent loin devant Wade que l’Etat veut les arrêter ?

On ne peut pas arrêter la mer avec ses bras. Ils arrêteront la publication des sondages pour autant la réalité politique et sociologique sera là et elle sera dans les urnes. Ça ne sert à rien, ils n’ont qu’à les empêcher, d’ailleurs ça m’arrange qu’on ne publie plus de sondage d’ici les élections. Ils n’ont qu’à mettre des barrages, les vrais sondages sortiront des urnes.

Vous avez signé sous réserve la chartre de bonne gouvernance des Assises nationales, qu’avez-vous envie de dire après avoir constaté l’échec de Bennoo ?

C’est dommage. C’est dommage parce que Bennoo a été un cadre extrêmement important de concertation et d’unité d’actions qui a permis la victoire d’une opposition assez significative lors des dernières élections locales. Et depuis lors, les différents partis membres de Bennoo dont certains sont ici présents, (huit ou neuf partis au moins membres de notre coalition sont issus de Bennoo), ont dit qu’il faut continuer l’expérience. Il nous faut aller ensemble en 2012. Donc nous avons travaillé ensemble sur beaucoup de sujets et avons endossé ensemble les conclusions des assises. Et je dois rectifier : j’avais eu des réserves sur la question de la nature du régime et lorsque Amadou Mactar Mbow (le président des assises nationales: Ndlr), m’a assuré que la question est ouverte, la réserve a été levée. Nous avons signé la chartre de la gouvernance démocratique issue des Assises et nous sommes allés même plus loin sur certains points par rapport aux Institutions de la République. Sur la problématique de la candidature justement, c’est là où il y a eu un entêtement. Certains partis ont considéré contre vents et marées qu’il faut la candidature unique. Notre vision a été de dire qu’il est impossible d’avoir une candidature unique dans une élection ouverte à deux tours. On n’a pas besoin d’être devin pour le comprendre. L’histoire nous a donné raison, mais au-delà de ce fait, il faut dépasser cette problématique, parce qu’en réalité ce n’est pas un échec.

‘Il faut dépasser ces querelles stériles qui ne nous font pas avancer et qui font croire que Bennoo a éclaté. Bennoo n’a pas eu de candidat unique, mais il n’a pas éclaté, parce que nous allons nous retrouver prochainement’.

C’est un échec pour ceux qui sont arc-boutés sur des positions, mais cette diversité est une richesse pour Bennoo et j’ai à dire que l’unicité est réservée à Dieu. On ne peut pas parler d’unicité en politique. Qui peut être unique parmi nous ? Nous sommes pluriels, mais unis dans la diversité. La force de l’opposition devrait être dans cette diversité dans un cadre de partenariat qu’il faut développer pour d’abord la complémentarité des moyens dans la représentation dans les bureaux de vote, pour éviter des conflits inutiles entre candidats de l’opposition. Je crois que c’est ainsi que nous pourrons au second tour prendre le meilleur d’entre nous. Comme en 2000 le candidat de la Ca 2000 a été le meilleur et les autres l’ont soutenu et il est passé. En Côte d’ivoire, c’est ce qui s’est passé, donc, on ne peut pas réinventer la roue sur des principes qui n’existent nulle part. Donc, ceci est un enrichissement, il faut dépasser ces querelles stériles qui ne nous font pas avancer et qui font croire que Bennoo a éclaté. Bennoo n’a pas eu de candidat unique, mais il n’a pas éclaté, parce que nous allons nous retrouver prochainement pour définir un cadre de partenariat pour les élections.

Aujourd’hui, une polémique est née autour du label Bennoo. Niasse et Tanor se réclament chacun de Bennoo. Macky Sall est-il aussi candidat de Bennoo ?

Si vous voulez dire candidat de Bennoo parce que je suis de Bennoo, je réponds oui. Je suis Bennoo à l’origine tout comme certains ici présents, nous sommes des membres fondateurs de Bennoo on l’oublie, mais il y a des partis qui ont fait de Bennoo leur propriété privée. Je le leur laisse, je ne suis pas dans ce conflit de paternité. Nous avons une coalition qui est très bien et qui va chercher à s’élargir davantage, donc vous ne nous entendrez pas dans ce conflit. Néanmoins, nous sommes Bennoo, qu’on nous laisse au moins ce privilège. Nous sommes membres fondateurs de Bennoo et cela on ne peut pas l’effacer, c’est l’histoire. Et nous avons assumé notre devoir et notre solidarité envers Bennoo. Maintenant on peut laisser le conflit de la candidature de Bennoo à un autre niveau et je souhaite d’ailleurs que cet autre niveau dépasse cette question, puisque tous peuvent se réclamer de Bennoo. Il n’y a pas de raison que l’un soit candidat de Bennoo et pas l’autre.

‘Les Sénégalais décideront par rapport à la fonction de président de la République dans ce contexte particulier de 2012 qui est le mieux à même de conduire les destinées du pays. C’est une valeur que détiennent seuls les Sénégalais’.

Comment jugez-vous la pléthore de candidats ?

D’abord il n’y a pas pléthore.

On est déjà à vingt candidats.

Je ne sais pas s’il y en a vingt, mais à Bennoo il y a quarante partis politiques avec trois ou quatre ou cinq candidats si on compte Talla Sylla et Cheikh Bamba Dièye qui sont aussi à l’origine de Bennoo. Dans toutes les démocraties avancées ; les primaires, c’est six, sept ou même huit candidats au sein d’un seul parti et c’est une compétition rude qui permet de choisir le candidat du parti. Alors, laissez-nous quand même le temps d’exprimer nos différences. Il n’y a pas de problème, car ce qui se passe ici c’est exactement la même chose qui se passe ailleurs. Pourquoi voulez-vous que nous soyons différents avec le reste du monde. Je vous rappelle qu’en 2000 il y a eu neuf ou onze candidats à la présidentielle et chaque élection au Sénégal il y a au moins une dizaine de candidats.

Attendez le dépôt pour savoir le nombre de candidats, parce qu’aujourd’hui nous avons des candidats qui ont renoncé volontairement pour nous rejoindre. C’est le cas par exemple du professeur Babacar Samb ici présent. Il en est de même du professeur Arona Ndoffène Diouf, dont je ne peux pas présumer de son choix final. Nous sommes en train de travailler pour avoir des convergences. Mais que Bennoo présente trois candidats, je trouve que c’est même encourageant que quarante partis arrivent à se retrouver autour de trois pôles qui sont enrichissants. Ceux qui pensent que Bennoo a éclaté ne sont pas des vrais militants de Bennoo, parce que si quelqu’un ne peut pas se retrouver derrière Macky Sall, dernière Moustapha Niasse ou Ousmane Tanor Dieng ou Cheikh Bamba Dièye se disant électeur de Bennoo, c’est qu’il n’en est pas un. Et si un candidat autre de l’opposition ne se retrouve pas dans derrière un candidat de Bennoo ou derrière les candidats indépendants c’est parce qu’il ne veut pas le changement. Que tout le monde aille voter pour le changement en février 2012.

La descente dans l’arène politique de mouvements citoyens dirigés par exemple par Youssou Ndour, Bara Tall et autres signifie-t-il la faillite de la classe politique ?

Il n’y a pas de faillite de la classe politique, elle ne faillira pas, mais Youssou Ndour, je crois qu’il a bien trouvé le mot: Fekke maci bollé. Youssou Ndour est populaire et la politique c’est la représentativité. A Haïti un artiste a été élu président de la République, ça peut créer des vocations, mais chaque pays est un cas particuliers, mais il est libre, c’est un citoyen. S’il estime aujourd’hui, qu’au-delà de son talent musical et de chef d’entreprise il a un projet pour le Sénégal pourquoi pas ? Laissez les Sénégalais juger, faites confiance à l’intelligence de nos compatriotes, ils savent nous juger tous. Donc, qu’on soit vingt ou vingt-cinq ça n’a aucune importance, les Sénégalais décideront par rapport à la fonction de président de la République dans ce contexte particulier de 2012 qui est le mieux à même de conduire les destinées du pays. C’est une valeur que détiennent seuls les Sénégalais. Je ne ferai pas de jugement sur Youssou Ndour ou sur un autre, ils sont libres comme moi d’être candidats.

De plus en plus l’idée d’une candidature de substitution est agitée au Pds, est-vous prêt à remplacer Wade au cas où sa candidature est invalidée ?

C’est incroyable, parce qu’une très belle coalition vient de m’investir comme candidat.

Mais on est en politique.

Mais dans la politique il y a l’éthique. Je ne serai pas le candidat du Pds je l’ai déjà dit. Si ce parti n’a pas de candidat c’est son problème. Maintenant je n’exclus pas que des gens du Pds viennent me soutenir, parce qu’à la base, c’est ce que je fais tous les jours et je suis en contact avec des responsables et des militants parce que ce sont des Sénégalais. Ils sont les bienvenus comme les autres Sénégalais. Je ne suis pas dans des deals. Je ne suis dans aucun deal, je n’ai jamais été dans un deal en politique. Je le dis ici. Donc, cette histoire du Pds regarde le Pds, je vous ai dit que je ne regarde pas le rétroviseur. D’ailleurs, quelqu’un m’a dit un jour qu’un conducteur doit regarder le rétroviseur. Je lui ai rétorqué que je regarde droit. Je ne suis pas dans ce schéma de plan B, plan je ne sais quoi. Je suis aujourd’hui candidat de notre coalition et j’invite tous ceux qui pensent qu’ils peuvent apporter quelque chose à venir nous rejoindre et nous soutenir pour que nous changions le Sénégal à partir de 2012.

Ne risquez-vous pas de favoriser la transhumance ?

Ce n’est pas de la transhumance dès lors que les gens viennent avant la victoire parce qu’on a tendance à dire que lorsque les rats quittent le navire, le naufrage est imminent. Les gens qui viennent avant la victoire vont se battre, mais ils ont le mérite de venir à la 25e heure, mais je les respecte. Ce qui est par contre déplorable c’est que gens attendent que certains se battent et gagnent pour venir en plus les bousculer. Ce n’est pas acceptable.

La porte leur sera fermée ?

Elle ne leur sera pas fermée, mais ils sont derrières, ils vont faire la queue et attendre le temps que cela nécessitera. En ce moment-là ils feront leur parcours du combattant. On ne peut pas continuer à faire la transhumance telle qu’elle se pratique aujourd’hui parce qu’il faut mettre de l’éthique. Il faut que les gens reviennent aux valeurs, c’est extrêmement important. Nous ne pourrons pas changer positivement notre pays si nous restons dans le boul falé et le masla qui ne veulent rien dire. Ceux qui viennent aujourd’hui sont les bienvenus.

‘On ne peut pas déplacer toute la République à 800 Km pour inaugurer un centre de santé. Rien que le kérosène que l’avion du président a consommé pour se rendre à Matam vaut plus que le centre de santé’

Le ministre Khouraïchi Thiam a récemment déclaré que des Gouverneurs travaillaient pour la réélection du président Wade. Selon lui, ces derniers estiment que travailler pour sa victoire, c’est faire œuvre de salut public.

C’est dommage qu’un ministre de la République raisonne ainsi dans une République qui se respecte. Et je ne crois pas que les gouverneurs sont contents de ce discours, parce qu’ils sont des compatriotes. J’ai eu la chance de servir au ministère de l’Intérieur, je connais la valeur de certains administrateurs ; maintenant dans chaque chose il y a des brebis galeuses, vous trouvez quelques personnes qui sont hors normes et qui ne sont pas dans la ligne. Mais les administrateurs civils que je connais sont des serviteurs de l’Etat et non du chef de l’Etat. L’Etat est incarné à un moment par un chef. Il s’appelle Abdoulaye Wade aujourd’hui, par le passé il s’appelait Léopold Sédar Senghor, demain il s’appellera peut-être Macky Sall ou un autre mais ils servent l’Etat. Il ne faut pas faire cette confusion parce qu’on sert l’Etat qu’on est un militant du chef de l’Etat; c’est une aberration. Ceux (les gouverneurs Wadistes, Ndlr) qui s’écartent du droit chemin devront être sanctionnés si nous arrivons au pouvoir. L’administration doit rester neutre au service du citoyen.

Le président Wade revendique la paternité de toutes les réalisations post-alternance. Quelle est votre réponse en tant que ancien Premier ministre ?

Il (Wade, Ndrl) donne raison à Talla Sylla qui a fait une très belle chanson qu’on ne peut pas par décence entonner. C’est vrai que c’est lui le président élu, donc le bilan lui incombe. C’est lui qui définit la politique, je ne le lui dispute pas parce que je respecte les prérogatives du président de la République. C’est quelqu’un qui est élu par la majorité des Sénégalais, donc il a la légitimité de la définition de la politique de la Nation. Néanmoins, tu as beau définir une politique, si elle n’est pas mise en œuvre, elle ne donnera rien du tout, elle reste un chapelet d’intentions. Le rôle d’un Premier ministre et d’un gouvernement est d’avoir la capacité d’organiser et de mettre en musique une politique et une vision. Si c’est lui qui définit et qui met en même temps en œuvre, on a qu’à lui laisser ça, ce n’est pas un problème. Que les Sénégalais nous fassent confiance et nous montrerons que nous pouvons faire beaucoup plus et mieux et surtout dans un délai beaucoup moindre.

Avec la série d’inaugurations du président Wade, certains pensent qu’il est dans une campagne électorale déguisée, c’est votre avis ?

Bien sûr. Il est en campagne, c’est de bonne guerre, moi je ne le lui reproche même pas, mais ce sont des petites infrastructures qu’il inaugure. A Matam il y a rien; un centre de santé pour un président de la République. Rien que le kérosène pour se rendre à Matam vaut plus que le centre de santé. Il faut qu’on soit efficace, je suis pour l’efficience, c’est peut-être ma formation, mais je suis surtout pour l’optimisation. On ne peut pas déplacer toute la République à 800 Km pour inaugurer un centre de santé ; c’est un manque de respect.

C’est peut-être pour ne pas laisser le terrain libre à l’opposition.

De toutes les façons, ce terrain est perdu d’avance, il peut s’y rendre quatre fois par semaine, cela ne servira à rien. Je vous dis que c’est perdu d’avance. Qu’il aille consolider d’autres zones comme Kébémer qui est en train de bouger.

Pourtant les responsables libéraux lui disent le contraire.

Tous les lieutenants de ces responsables libéraux sont avec moi. Entre le discours qu’on tient devant le président qui distribue des prébendes, les décrets et la réalité c’est autre chose. Mais enfin il est permis de rêver.

Quelle sera la première décision de Macky Sall président de la République ?

Elle est toujours difficile, lorsqu’on est élu président de la République le premier acte après la prestation de serment, c’est de s’occuper du gouvernement et nommer un Premier ministre qui soit représentatif de l’espoir et de l’espérance des Sénégalais. Il faut qu’on sorte du cadre partisan et ne pas être enfermé par notre parti et notre coalition, il faut essayer de prendre le meilleur pour proposer aux Sénégalais une voie nouvelle. C’est pareil pour le gouvernement; il nous faudra un gouvernement de large rassemblement, mais restreint.

‘Le Sénat pourrait être maintenu mais le président ne pourra plus nommer trente six, 2/3 des sénateurs. Il faudra qu’ils soient tous élus ou tout moins qu’on permette un filet inférieur au quart qui pourra désigner’

Un gouvernement de combien de ministres ?

Je ne veux pas avancer de chiffre, mais c’est sûr qu’on n’aura pas plus de vingt-cinq ministres, c’est clair parce qu’on veut rester dans l’efficacité. Et à travers de cela, il faudra prendre des actes nouveaux: la suppression des voyages en première classe, la levée de l’interdiction de l’importation des véhicules de plus cinq ans. C’est un engagement fort que j’ai pris avec la diaspora et c’est une mesure qui sera appliquée immédiatement. En outre, nous travaillons sur la réforme de la justice. Pour le Conseil constitutionnel je proposerai que le nombre de sages puisse passer de cinq à sept avec un choix de trois par le président de la République dont le président du Conseil, que l’Assemblée nationale propose deux dans le groupe de l’opposition un et le groupe majoritaire un autre et enfin que les pairs puissent proposer les deux autres. Pour l’Assemblée nationale qu’on ait une Chambre plus représentative. S’agissant du Sénat, il faudra modifier les règles de cooptation et maintenir l’Institution parce qu’elle a vocation à développer et à représenter les collectivités locales. Et comme nous voulons une décentralisation plus accrue, plus proche et plus forte en ce moment le Sénat pourrait être maintenu mais le président ne pourra plus nommer trente six, 2/3 des sénateurs. Il faudra qu’ils soient tous élus ou tout moins qu’on permette un filet inférieur au quart qui pourra désigner.

Votre programme est ambitieux, avez-vous évalué son coût et qui va le supporter ?

Nous avons évalué le coût, puisse que nous travaillons de façon sérieuse et rationnelle; nous ne faisons pas un chapelet de promesses qui ne veut rien dire. Sur les sept premières années, nous allons mobiliser pour le budget d’investissement 8 000 milliards de francs Cfa. Cet argent va servir à mettre du capital humain dans le pays. Pour le monde rural, l’agriculture, l’élevage et les infrastructures modernes, 2 000 milliards de francs.

Vous allez vous endetter ?

On ne va pas s’endetter outre mesure, c’est parfaitement dans les dispositions. Si vous réduisez la voilure qui est lourde et budgétivore de l’Etat et la confiance qui sera rétablit nous avons absolument les moyens de rassembler cet argent qui n’est pas hors de portée.

On remarque que Macky Sall a changé de style. Vous avez corsé votre discours.

Pourquoi pas. C’est parce qu’on est dans une arène où un vieux lutteur refuse de prendre sa retraite. Mais je vous assure qu’il ira chez Ardo (Le médecin soignant les lutteurs blessés, Ndlr) le 26 février. (Cette question et la réponse sont en wolof) Fin

Réalisé par Georges Nesta DIOP, Pierre Edouard Faye (Walf Tv) et Charles Gaïcky DIENE

( WALF )
Mercredi 14 Décembre 2011




1.Posté par SJD le 14/12/2011 08:14
Nous voilà entrés de plain-pied, sans qu’il n’y paraisse, dans l’ère du moralisme libertaire. Il autorise le vol, le mensonge, et le reniement à tout moment. Il arrive à tout justifier, ou à peu près tout, par l’impératif national et le conditionnel patriotique. Avec une prouesse remarquable, les intérêts d’un parti deviennent ceux d’un pays, et les intérêts de deux hommes, ceux de onze millions d’individus. Je ne crois pas que les dizaines de « rewmistes » comprennent quelque chose à ce qu’on leur a fait faire en début de semaine. Ils ont été des soldats obéissants. Arrêtez la guerre, et ils arrêtent la guerre. Mais c’est la qualité première d’un militant : la discipline. Je me suis toujours intéressé à la structuration de ce parti, qui fonctionne jusqu’ici dans une parfaite illégalité, avec des statuts qui changent toutes les semaines. Il faut observer que dans sa devise « avoir, savoir, pouvoir », l’avoir vient avant tout le reste. Son chef lui-même, s’est lancé dans une course effrénée pour les deux premiers termes, condition nécessaire à la conquête et à l’exercice du pouvoir. Il a clairement dit à Mamadou Oumar Ndiaye du temps de Sopi, dans un entretien resté mémorable, qu’il lui fallait des moyens financiers subséquents et une capacité intellectuelle conséquente. Qu’il ait acquis le premier ne fait aucun doute. Le second est plus qu’hypothétique, je le confesse. C’est aussi une bonne façon de percevoir à quel point un parti peut s’identifier à son chef. Le problème avec Idrissa Seck, c’est d’avoir fait de la recherche effrénée de l’argent, non pas un conditionnel à la conquête du pouvoir, mais un impératif à sa propre survie. Il m’a confié, au début de l’alternance, alors qu’ils venaient de prendre le pouvoir, que s’il n’avait pas 6 milliards, il ne s’engagerait pas aux élections. Il n’avait pas dit 6 milliards volés, il avait dit 6 milliards. L’argent devait donc déterminer tout le reste. Il partage avec Abdoulaye Wade ce goût prononcé pour les pécunes. Leur problème est donc centré, non pas sur la question de la gestion du pouvoir, mais sur la gestion des pactoles qu’ils recevaient des « généreux donateurs arabes ». Idrissa Seck s’est confié à un Directeur de la publication d’un quotidien indépendant de la place, au début de sa brouille avec le président de la République. « J’ai mis de l’argent de côté, mais c’est lui qui m’a demandé de le faire. Il m’a demandé si je mettais de l’argent de côté, j’ai dit non. Il m’a dit que c’est maintenant qu’il faut le faire, c’est maintenant qu’il faut préparer 2012 ». Evidemment, ce que Wade ne savait pas, c’est que son adjoint préparait… 2007. Idrissa Seck n’est pas allé voir Abdoulaye Wade avant la présidentielle, par souci de rassemblement. Il l’a fait par nécessité. Quand le président de la République a fait arrêter son convoyeur de fonds, Vieux Sandiery Diop et son principal bailleur Bara Tall, il ne lui restait que la reddition en position accroupi. Il faut saluer le courage et la loyauté de l’entrepreneur, donneur de « paquets de sucre ». C’était leur nom de code. Quand Wade l’a appelé, pour se plaindre de le voir dépanner Idrissa Seck, il lui a répondu « c’est mon argent, j’en fais ce que je veux ». C’est la raison de son emprisonnement. Si Seck avait la garantie des finances, il les aurait laissé moisir en prison, sans état d’âme. Il est allé se donner à Wade, parce qu’il ne pouvait pas tenir financièrement. Il a encore changé d’avis, après avoir obtenu son soutien financier, c’est indéniable. C’est la raison de la grosse colère du président de la République, et il a raison quand il dit à Oumar Sarr et sa bande qu’ils n’ont rien compris. Il n’y a pas d’autre explication à sa seconde reddition. Il était tellement certain d’avoir trahi le président de la République, qu’il croyait sa fin proche, quand Wade a gagné la présidentielle. C’est ce qui explique son empressement à le féliciter, tout en boycottant (comble de l’illogisme) les législatives. Il ne lui restait plus qu’à trouver un moyen de fuir le pays, pour se réfugier en France. La date de son départ, il ne l’a pas choisie au hasard. C’est un 5 avril. Il a dit, dans sa peur presqu’irrationnelle de la prison, « je vais partir à cette date, parce qu’avec tous les chefs d’Etat qui viennent participer à la fête, Abdoulaye Wade n’osera pas m’arrêter ». Un an auparavant, il lui a fait le même coup, en lui balançant une déclaration de candidature en pleines festivités du 04 avril. En réalité, c’est ce qui a toujours déterminé l’agenda d’Idrissa Seck, depuis sa sortie de prison. Il choisit des mois comme le ramadan, le 4 avril, la korité, pour faire ses forfaits, en s’assurant de neutraliser son bourreau, par ces dates « bénies ». Au fond, c’est le président de la République qui s’est fait avoir deux fois, dans cette querelle de mafieux. « Libère-moi, on va se partager les fonds », et il disparait. Quand Wade bloque tous les comptes en Europe, il revient, « donne-moi un peu de sous, je vais calmer mes militants pour te soutenir », et il présente sa candidature à la présidentielle ! Ce qui fait mal, c’est le nombre de familles déchirées, le nombre de carrières sacrifiées par les turpitudes de cet homme loquace. Il fait croire qu’il est inutile de croire, qu’il est inutile d’espérer, que le mensonge est une vertu, que finalement, personne n’est fiable. C’est ce seckticisme politique qu’il faut combattre, parce qu’il conduit à un nihilisme social. Nous ne pouvons pas continuer à enseigner aux enfants de ce pays que la fin justifie toujours les moyens, que tous les politiciens sont menteurs et roublards, quand ils n’y ajoutent pas la bouffonnerie. C’est inadmissible, quelle que soit la raison qu’on puisse invoquer. Je disais à un ami commun, bien gentil de me transmettre ses salutations, que finalement, Idrissa Seck est un Abdoulaye Wade en plus jeune. Ce qu’Abdoulaye Wade a de mieux, c’est qu’il ne nous ment pas. Disons que, quand il nous ment, nous savons qu’il nous ment. Idrissa Seck a la jeunesse en plus, le coran pour nous endormir. J’étais en train de réfléchir à nouveau à la façon dont certains membres de son entourage se sont enrichis. Pas tous, évidemment. Tous les gens dignes qui l’ont entouré sont restés pauvres. Mais ceux qui sont venus de Thiès en mobylettes n’ont pas construit leurs villas de 300 millions aux Almadies avec de l’argent gagné, excusez-moi. Finalement, nous devons remercier Dieu de nous avoir sauvés de cet homme. Il fait ressurgir des préjugés tenaces sur sa condition. Il a dit tant de mal de Wade… Et maintenant, il envoie tous ceux qui l’ont soutenu se soumettre sans condition. Quelle ignominie ! Il faut comprendre la sortie du président de la République contre Oumar Sarr. C’est Idrissa Seck qui lui a dit tout ce qu’il a sorti contre son porte-parole, c’est lui Idrissa Seck qui se jouait de tous, et qui pense qu’il est le seul que la nature ait fait avec 300 grammes de cervelle. Il était mort avant la présidentielle, il vient de mourir une seconde fois. J’étais étonné de voir, pendant que les deux finalisaient leurs négociations, le radicalisme de Rewmi dans le cadre du Front Siggil Sénégal. Oumar Sarr tirait sur le fils du président de la République, pendant que son mentor lui parait ses canines dorées. Quand il a fallu rejoindre Abdoulaye Wade, il a proprement sabordé le front de l’opposition, comme il avait fait avec Ousmane Tanor Dieng et Abdoulaye Bathily. Depuis une semaine, des amis communs intercèdent en faveur de ce nouveau reniement. Ils assurent que, malgré tout, je pourrai visiter le pays sans être inquiété. Il prendra le pouvoir, ou le pouvoir le prendra. Il se paiera la tête de tous ses ennemis, pour consommer tranquillement sa « fortune » amassée. Mais où est la morale dans tout ça ? Il retournera au pouvoir sans son âme. Il l’a déjà vendue.

2.Posté par oumar le 14/12/2011 08:17
MACKY SALL est très direct et ouvert, il a la capacité de s'adapter à toutes les situations. Il aime la nouveauté ce qui fait qu'il opte pour les changements dans la mesure de ses possibilités.
Détestant les habitudes bien prises, les routines quotidiennes, il peut se montrer impulsif et irréfléchi : agir d'abord réfléchir après.
Il est impatient et quelquefois sujet à la dispersion : quand il commence quelque chose, il risque à chaque fois de ne pas le terminer car il aime entamer plusieurs choses à la fois.
Il attache beaucoup d'importance à la liberté ce qui explique son goût des voyages, des vastes contrées inconnues. Marcheur infatigable, il aime aussi regarder et pratiquer les sports en plein air, découvrir de nouveaux coins de nature. Cependant, il a tout autant l’amour de la paix chez soi et de la tranquillité, et si un trop long immobilisme le démoralise dans ce cadre limité où il se sent à l’étroit, il s’en évade en lisant.

3.Posté par DEFAL le 14/12/2011 09:14
idy est son maitre .....sachez que idy est le meilleur candidat

4.Posté par citoyen le 14/12/2011 10:12
MACKY SALL, NOTRE QUATRIEME PRESIDENT IN CHALLAH. CE NE SERA CERTAINEMENT PAS L'IMPOLITESSE DES MILITANTS ALIMENTAIRES AFFILIES AUX LEADERS SANS SCRUPULE POUR NOTRE PAYS QUI CHANGERA LA DONNE.
VIVE LE PRESIDENT MACKY SALL!!!!
VIVE LA REPUBLIQUE DU SENEGAL!!!!!!!
UN CITOYEN

5.Posté par promacky le 14/12/2011 11:08
Macky sall est indigne d'être le président du sénégal car les sénégalais n'aiment pas être dirigé par un soit disant franc maçon , un homme qui est prêt à tout faire pour être dans les bonnes grâces se sa loge .

6.Posté par Oumar SALL le 14/12/2011 11:19
Macky est un vrai thiouné politique. Il convoque toujours le fait qu'il est un homme d'Etat pour refuser de répondre à l'interpellation de Idy sur les 7 milliards de Taiwan. Mais le voilà notre grand homme d'Etat se permet de reconnaître qu'il a fait faire un sondage en 2010 et se permet même de donner les résultats de ce sondage, alors que notre loi interdit la publication des résultats de sondage...il doit etre convoqué et entendu au même titre que certains journalistes ces derniers jours. J'avais dit à un ami apériste que Macky était trés limité: laissez le s'exprimer et il commettra que des bévues!



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