Macky SALL à PARIS : « La réduction de mon mandat se fera par référendum ou par vote parlementaire »

Francois Hollande devant macky sall aux assises de la solidarité : « Rassembler toutes les forces qui concourent au dévelopement »
Arrivé en France jeudi soir pour une visite de travail de trois jours, le président de la République Macky Sall a eu un déjeûner de travail avec son homologue français François Hollande au palais de l’Elysée. Auparavant, les deux chefs d’Etat ont assisté à la cérémonie de clôture des Assises du développement et de la solidarité internationale tenue au centre de conférence ministériel du Quai d’Orsay.


Macky SALL à PARIS : « La réduction de mon mandat se fera par référendum ou par vote parlementaire »
Le président de la République française a appelé à un rassemblement de toutes les forces qui doivent concourir au développement. Prononçant le discours de clôture des Assises du développement et de la solidarité internationale en présence de son homologue Macky Sall, François Hollande a salué les efforts de l’Afrique pour le développement. 
«L’Afrique, ce grand continent, est un continent d’avenir qui a fait de grands efforts pour assurer son développement », a affirmé le chef de l’Etat français qui prend ainsi le contre-pied de son prédécesseur Nicolas Sarkozy qui, dans son discours de Dakar en 2007, disait des hommes africains qu’ils ne sont pas entrés dans l’Histoire. François Hollande a appelé à la solidarité en s’appuyant sur «la situation aggravante d’un certain nombre de pays africains et latino-américains». Il ajoute : « au regard des difficultés économique et budgétaire que traverse le monde et notamment la France, il est encore possible d’avoir une politique ambitieuse de développement ». 
«C’est notre devoir, c’est notre volonté, c’est aussi notre intérêt, pour la stabilité du monde, pour la sécurité et pour la dignité que nous voulons promouvoir partout. Si nous voulons avoir toujours cette ambition d’une grande politique de développement, nous devons la redéfinir, la repenser, la retravailler, dans ses objectifs, ses méthodes, ses moyens et c’était le sens justement de cette initiative des assises du développement et de la solidarité». Pour François Hollande, il est important de savoir où nous voulons aller et comment. Le président français a ainsi dégagé trois objectifs majeurs que sont, en premier lieu, la contribution au développement économique en utilisant tous les moyens qui sont aujourd’hui à notre portée. Des prêts au financement de projets en passant par l’expertise, le volontariat et parfois dans des conditions les plus extrêmes et l’aide humanitaire d’urgence. Pour mobiliser ces moyens, il a énuméré un certain nombre de critères dont l’exigence démocratique, le renforcement de l’Etat de droit et la lutte contre la corruption. 
« Aujourd’hui, les forces africaines sont supérieures en nombre à nos armées présentes au Mali. Ce que nous cherchons, c’est de donner toutes les conditions pour redonner l’intégrité territoriale au Mali et ainsi assurer son développement », diagnostique cliniquement le président français. 
Un souhait qui n’est pas possible « s’il y a des forces terroristes qui se livrent d’ailleurs à des trafics nourrissant le terrorisme pouvant également favoriser le trafic de drogue.
 
Crise malienne
C’est une menace pour le Mali mais aussi pour l’ensemble de la région. C’est la raison pour laquelle la Cedeao s’est autant mobilisée et soutient notre intervention parce que c’est la sienne ». Un acte qu’a tenu a salué le président Macky Sall qui a saisi l’occasion de sa présence à l’Elysée, après un déjeuner donné en son honneur, « pour réaffirmer au président Hollande la reconnaissance du continent africain, de la Cedeao et du Sénégal, à la réaction salutaire de la France avec l’opération Serval au Mali. Elle a permis non seulement de stopper les groupes terroristes qui allaient aliéner l’intégrité du Mali. Mais aujourd’hui, la France est aux côtés de l’Afrique pour la libération d’un pays frère et ami. Ce choix du président Hollande a été unanimement salué par le continent africain, les Nations unies et la communauté internationale ».  Ayant donné, au départ de l’opération Serval, le mois de mars comme le début du retrait de l’engagement français, François Hollande a laissé entendre un retour sur ce deadline. « Notre opération n’est pas terminée, elle est dans une phase, sans doute ultime, d’aller chercher les derniers groupes terroristes qui se sont cachés dans une zone particulièrement difficile. Les informations circulent, je n’ai pas à les confirmer, parce que nous devons aller jusqu’au bout. 
Je veux saluer le courage des Maliens et des Africains avec qui nous travaillons. C’est surement la partie la plus délicate de l’intervention que nous avons engagée ».Une délicatesse que le président Sall a bien noté. « Nous continuons avec la Misma et avec les forces africaines aux côtés des forces françaises pour la sécurisation du territoire malien », a t-il assuré. En début de soirée, le président de la République était l’hôte, à dîner, du président Abdou Diouf, Secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie (Oif).
 
Macky SALL sur le mandat présidentiel : « Ce sera par référendum ou un vote à l’Assemblée nationale »
« C’était un choix personnel de baisser la durée de mon mandat présidentiel. J’ai été élu pour un septennat (7 ans). J’ai engagé les réformes à travers une commission de réflexion sur la Constitution que j’ai confiée au président Ahmadou Makhtar Mbow. Cette commission me soumettra ses propositions parmi lesquelles la première mesure sera la réduction du mandat en cours de 7 à 5 ans. Ce sera fait soit par référendum le moment venu, soit par un vote à l’Assemblée nationale. Mais c’est un choix définitif, je réduirai mon mandat de deux ans ». 
 
Manuel VALLS, ministre français de l'intérier : « Nous avons échangé sur les problèmes de sécurité »
« C’est avec beaucoup de plaisir que j’ai retrouvé le président Macky Sall. Nous avons abordé la coopération de nos polices respectives, dans les renseignements, l’unité d’intervention. Nous avons également parlé des thèmes d’actualité concernant le terrorisme et le trafic de drogue. La question des visas est revenue sur la table conformément aux engagements pris par le président Hollande devant les parlementaires sénégalais. Pour toutes ces raisons et avec l’invitation sénégalaise, je me rendrai au Sénégal au mois de mai pour mettre en œuvre l’ensemble de ces coopérations. Dans le domaine des visas, il faudra aller plus loin dans l’accueil des étudiants avec des règles, des principes mais aussi avec la volonté d’accueillir ces élites sénégalaises qui voudraient se former en France et ce qui est indispensable pour le Sénégal. 
Nous allons mettre sur pied une coopération dans le domaine de la police, des élites, de la formation, des renseignements, de la police technique et scientifique, des gardes frontières… Il y a là des domaines extrêmement importants et la France peut apporter son savoir faire. C’est dans l’intérêt de la France. Nous partageons ces intérêts dans la lutte contre le terrorisme, le trafic de drogue et le crime organisé. Notre intérêt commun est de travailler ensemble ». 
Rencontre avec Abdou Diouf, Secrétaire général de la Francophonie
Hier en début de soirée, le président de la République était l’hôte, à dîner, du président Abdou Diouf, Secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie (Oif).

Lesoleil
Samedi 2 Mars 2013




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