MESSI, LE TROPHÉE QUI FAIT TÂCHE


MESSI, LE TROPHÉE QUI FAIT TÂCHE
Incapable de faire la différence face aux Allemands en finale du Mondial (0-1), muet dans les matchs à élimination directe, Lionel Messi a pourtant été élu… meilleur joueur de la compétition. De quoi créer la polémique.
D’habitude, on inflige aux perdants le supplice du podium à une seule reprise. Pour Lionel Messi, c’est double ration. La seconde, attendue, pour aller chercher sa médaille de finaliste. Et la première pour recevoir, tête basse et moue triste, le Golden Ball... de meilleur joueur de la Coupe du monde. Müller ? Robben ? James ? Non, non, le meilleur, c’est Leo. Vous avez dit esclandre ? « Je suis scandalisé, confirme Patrick Mboma. Plusieurs joueurs ont été meilleurs que lui. Cela décrédibilise ce trophée. » Très vite, le débat s’installe. Coupable demandé. Manœuvre « marketing » de la FIFA pour mettre en avant l’une des superstars du football et assurer la promotion du sport ? Intervention de l’équipementier adidas, sponsor du trophée et… de Messi ? On suppute. Mais le malaise est prégnant.
« Quelles sont les personnes qui ont voté ? J’aimerais connaitre le jury », s’interroge Luis Fernandez. « C’est trop gros. Il y avait autre chose qu’une simple logique sportive derrière », enchaîne Patrick Mboma. « Cette élection, c’est peut-être très politique », estime Grégory Coupet. Et Jean-Michel Larqué d’enfoncer le clou : « Tout le monde va se moquer du football à cause de cette élection. On va encore dire que c’est magouilles et compagnie. La FIFA n’est pas à une décision ridicule près. Les élections vont arriver pour M. Blatter et l’Amérique du Sud représente un vivier important… C’est tellement énorme que ce n’est pas scandaleux. Ils n’ont vraiment pas peur du ridicule. »
Coupet : « Pas le plus investi dans un collectif »
La décision bizarre de la FIFA n’est pourtant pas une première. 1998 ? Ronaldo et non Zidane ou Thuram. 2002 ? Kahn et non Ronaldo. 2010 ? Forlan et pas Iniesta. Le dernier vainqueur de la Coupe du monde à remporter ce trophée se nomme ainsi Romario avec le Brésil en 1994. Mais avec Messi, la polémique va plus loin. Car le garçon, quadruple Ballon d’Or, n’a pas assumé son statut dans les matchs décisifs. Après un premier tour productif (4 buts), la « Puce » s’est éteinte. A peine une passe décisive depuis les huitièmes de finale. L’incapacité, surtout, à faire la différence en finale, là où on attendait que son talent montre la lumière. Sa frappe du gauche en début de seconde période aurait pu (dû) faire la différence. Hors cadre. Bref, Messi a déçu.
« Son dernier coup franc manqué, c’est l’illustration parfaite d’un Messi qui rate sa Coupe du monde, explique Jean-Michel Larqué. On peut me dire qu’il n’a pas été mis dans les meilleures conditions pour être prêt de la surface adverse… Mais quand il a eu l’occasion d’y être, il n’a pas fait le geste qu’il fallait. » Son père a mis la baisse de régime de l’Argentin sur le compte de soucis physiques. Cela peut être vrai. Mais après une saison en dents de scie sur ce plan, on attendait un Leo plus reposé et efficace. Pas le fantôme du génial artiste des dernières années. Pas cet homme apparemment encore pris de vomissements sur la pelouse du Maracana. Pas ce joueur à fond dès qu’il touche le ballon et à l’arrêt quand il ne l’a plus. « C’est un joueur fantastique mais dans un collectif, ce n’est pas le plus investi », confirme Grégory Coupet. Dans quatre ans, en Russie, il aura l’occasion de se rattraper. Et d’éviter de voir l’Allemagne « tuer » son Albiceleste pour la quatrième fois de suite après 2006 (il n’avait pas joué), 2010 et 2014. Messi a bien sa bête noire. Saura-t-il vaincre un jour le signe allemand ?
Dimanche 13 Juillet 2014




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