MANSOUR GAYE BIOGRAPHE DE DJILY MBAYE DÉMENT LE TCHADIEN NGARLEJY YORONGAR

A la suite de la publication par nos soins d’extraits du livre du député Tchadien Yorongar ayant trait au rôle qu’aurait joué Djily Mbaye au Tchad, nous avons reçu de son biographe Mansour Gaye quelques paragraphes de son livre à paraître « la saga d’un sage milliardaire ». Monsieur Gaye apporte ici des éléments qui démentent totalement les écrits du député Tchadien.


EXTRAITS DE « LA SAGA D’UN SAGE MILLIARDAIRE » DE MANSOUR GAYE (A paraitre)
L’action diplomatique phare de Djily Mbaye pour le compte du Tchad est sans conteste son implication dans la tentative de règlement du lancinant conflit interne tchadien des premières années de l’indépendance. En effet, en 1963 déjà, on assiste, au Tchad, à la naissance de groupes rebelles dont le dessein avoué est de détrôner le pouvoir en place. La carte militaire, jouée par Tombalbaye qui fit appel à l’armée française pour réorganiser le pays ayant débouché sur un échec, Djily Mbaye, en étroite collaboration avec le diplomate de carrière, Serigne Moustapha Cissé, prit les choses en main. Dans l’article cité plus haut, l’ancien ambassadeur revient, en tant que témoin, sur les détails de la partition qu’ils eurent à jouer, l’ancien consul honoraire du Tchad au Sénégal et lui, dans l’équation tchadienne des années 70 : « …Djily Mbaye a participé considérablement à la recherche d’une solution au problème tchadien dans les années 1970. (…) S’agissant de son implication dans l’affaire tchadienne (…), Tombalbaye, qui était obligé de chercher une solution négociée au problème, malgré le soutien des forces françaises dans le cadre d’Accords bilatéraux, fit appel au président Senghor, en 1974, par l’intermédiaire de Djily. (…) Le Président Senghor me chargea, par des instructions écrites, de m’occuper de cette affaire. (…) Après une réunion à Paris avec Djily, pour l’examen global de la situation, je me rendis, en avril 1974, à Ndjamena, où il (Djily) m’attendait. (…) Djily et moi avons eu des échanges de vues à la Cité de l’Ocam, avec Tombalbaye, pendant deux jours. (…) Nous avons obtenu la libération du directeur de cabinet du Président Tombalbaye, qui a été mis en prison parce que, tout simplement, il aurait calomnié le chef de l’État et était taxé de pro-Frolinat[1]. »
À l’évidence, les deux Sénégalais n’ont pas pu régler définitivement l’épineux problème tchadien, mais leur détermination commune à vouloir aider ce pays frère fit que Djily Mbaye et Moustapha Cissé recueillirent plus d’estime, de respect et de reconnaissance dans les cercles d’influence de ce pays du Centre de l’Afrique, surtout chez Tombalbaye dont les relations avec Djily Mbaye sont restées intactes même pendant les heures les plus sombres.   
Pour la petite histoire, en 1975, pressentant peut-être que la fin pour lui était proche, Ngarta Tombalbaye commença à montrer des signes de lassitude dans la conduite des affaires de son pays[2] et décida de boycotter le deuxième Sommet franco-africain des chefs d’État et de gouvernement d’Afrique et de France qui devait se tenir à Bangui, en République centrafricaine, les 7 et 8 mars 1975. 
Djily Mbaye usa de tous les moyens pour ramener son ami à la raison. Accompagné du Mauritanien Ba Abdel Aziz, lui aussi ami du Tchadien, il alla rencontrer le président au village de Bodo, dans le Logone oriental, pour le convaincre d’assister à ce sommet. Tombalbaye leur opposa un niet catégorique et déclara qu’il préférait mourir d’une balle chez lui que d’un empoisonnement à l’étranger[3].
Djily Mbaye fait partie des derniers interlocuteurs du premier président tchadien avec qui il a échangé quelques minutes avant que ce dernier ne soit éliminé dans le fameux coup d’État militaire du 13 avril 1975[4]. Cette soirée-là, Djily Mbaye se trouvait au palais de Ndjamena. Sentant le danger, tout autant que son ami, il fit tout pour convaincre ce dernier de revenir sur son intention de passer la nuit à la présidence. C’était mal connaître l'entêtement de Tombalbaye qui tenait, puisqu’il fallait mourir, à être tué dans son fauteuil présidentiel. Djily Mbaye venait de buter pour la seconde fois sur un refus de Tombalbaye. Mais ce dernier savait que son ami du Sénégal lui a été fidèle jusqu’à ses dernières heures. Dès lors, ils se firent leurs adieux. 
Djily Mbaye sortit aussitôt du palais à la porte duquel il tomba sur quelques putschistes. Invité à donner les raisons de sa présence sur les lieux, il osa répondre : « Je suis un ami du chef de l’État ![5]». 
Après avoir échappé ainsi à la mort, il passa la nuit à l’ambassade de France à Ndjamena avant de prendre un vol le lendemain matin pour Paris, au moment où les médias du monde annonçaient la mort du président Tombalbaye dans des conditions obscures. Au même moment, au Sénégal, on pleurait le fils de Mame Cheikh Mbaye puisque ses parents croyaient qu’il avait été tué à Ndjamena. Témoin de la quasi-totalité des scènes de l’assassinat de Ngarta Tombalbaye, il n’a pourtant jamais fait de déclaration publique sur l’affaire, certainement en vertu de sa qualité d’« homme d’État ». 
                Cette proximité avec Tombalbaye vaudra à Djily Mbaye d’être cité dans la nébuleuse affaire de la bande d’Aouzou. De son vivant, circulaient des informations selon lesquelles il aurait servi d’intermédiaire entre le guide libyen, Mouammar Kadhafi, et François Tombalbaye, dans la « vente » à vingt milliards de francs CFA de cette partie du Tchad à la Lybie. Même si, dans un ouvrage[6], le député tchadien Ngarlejy Yorongar avance dans un bref passage, avec la précaution d’user du conditionnel, que le Lougatois était impliqué dans cette affaire, son ami Moustapha Cissé, dans sesmémoires, affirme que le milliardaire lui avait confié en 1990, le cœur meurtri : « Les fausses accusations concernant la Bande d’Aouzou m’ont fait toujours mal, or, toi Moustapha, tu sais que nous ne nous connaissions pas, le Colonel Kadhafi et moi, et jusqu’à présent, je ne me suis jamais rendu en Libye. »
                En vérité, Djily Mbaye n’a rencontré le Colonel Kadhafi, qu’une seule fois, le 4 décembre 1985, au Palais de la République à Dakar. Le chef d’État libyen était alors en visite officielle au Sénégal. Djily Mbaye exprima au président Diouf son ardent désir d’être reçu par le guide libyen. Lors de cette audience qu’il finit par obtenir par l’entremise du président du Sénégal - à cette période-là président en exercice de l’OUA -, Djily Mbaye demanda à trois reprises à Kadhafi s’il le connaissait. Les réponses du Colonel furent toutes négatives. Pour éclairer la lanterne de son interlocuteur, le milliardaire lui expliqua le pourquoi de ses questions. Baye Djily profita de cette audience pour proposer au guide libyen la création d’une « Agence internationale de secours musulman » en faveur des déshérités et des nécessiteux. Mais le dirigeant libyen, quoiqu’acquis à l’idée, était pour un « Croissant rouge international » dont le siège serait en Libye. 
                Au cours de cette rencontre, Kadhafi lui lança une invitation à laquelle Djily Mbaye ne donna jamais suite. Ce qui amène son ami ambassadeur à demander : « Comment Djily, ne connaissant pas Kadhafi et qui ne l’a rencontré qu’en décembre 1985, pouvait-il procéder, avec le chef de l’État libyen, à une transaction sur Aouzou depuis 1972 ? »
 
 
 
 
 
 
 
[1] Le Front de libération nationale du Tchad (Frolinat) est le premier mouvement révolutionnaire qui a vu le jour au Tchad. Il a été créé le 22 juin 1966 au Soudan par Ibrahim Abatcha pour lutter contre le régime sudiste qui discriminait les populations musulmanes tchadiennes du Nord, du Centre et de l'Est.
[2] Tombalbaye savait qu’un coup d’État était en train d’être organisé par les militaires. Lors d’une entrevue avec Mahamat Ali Kosso, membre du Conseil exécutif du Mouvement national pour la révolution culturelle et sociale (MNRCS), il lui disait qu’il serait difficile pour lui d’aller au-delà du 15 ou du 25 avril.
[3] Arnaud Dingammadji : Ngarta Tombalbaye : parcours et rôle dans la vie politique du Tchad(1959-1975). Ed. L’Harmattan. P. 339.
[4] Abdou Salam Mbaye. Entretien du 19 janvier 2010 à Louga.
[5] Ces événements ont été relatés par Djily Mbaye lui-même à son frère Abdou Salam Mbaye (actuel calife de Mame Cheikh Mbaye) qui a bien voulu y revenir lors de notre entretien du 19 janvier 2011 à son domicile de Louga.
[6] Ngarlejy Yorongar : Tchad : Le procès d’idriss Déby. Ed. L’Harmattan. P. 43.
Jeudi 30 Juin 2016
Dakaractu




1.Posté par Djily aouzou le 30/06/2016 08:06
Mansour Gaye malheureusement tu es né l'année dernière tu ne sais pas ce qui se passe.

2.Posté par jsd le 30/06/2016 09:40
Amnistie sur les faits d’enrichissement illicites depuis 1960 :
Karim WADE, l’arbre qui cache la forêt !
Dakar le 29 juin 2016

Karim Maissa Wade est sortie de prison et s’est directement envolé pour l’Emirat du Quatar à la grande déception de ses sympathisants. Qu’à cela ne tienne, la parade d’honneur est reportée sine die. Il faut tout de même le reconnaître, le Président Macky Sall a réussi un coup politique de plus, comme il commence à nous y habituer, en privant au prisonnier le plus célèbre et sans doute le plus populaire d’un bain de foule expiateur et fondateur.

Macky est ainsi parvenu à différer la rentrée politique du fils de Wade et peut être à réveiller certaines rancœurs des populations vis-à-vis d’un Karim Wade qui effiloche l’image d’une victime qui lui servait de tremplin. Il apparait dorénavant comme le complice de Macky SALL dans le « deal ». Les sorties respectives du garde des sceaux et de Maitre Amadou SALL n’auront pour effet que de conforter les soupçons d’un « deal » de plus, fomenté sur le dos du peuple. Seul dommage, la dénonciation est portée par un « dealeur de renom », en la personne d’Idrissa Seck, ce qui lui ôte tout son potentiel mobilisateur.

Quoi qu’il en soit la « grâce » est intervenu et Karim même s’il n’a « rien signé » à tout de même « donnée sa parole » et a accepté les conditions de sa libération : un exil, jusqu’à nouvelle ordre, peut-être en 2017 avec les élections législatives. Retenons deux choses : - cette grâce accordée, n’est qu’une première étape dans le processus qui doit mener le Sénégal vers l’enterrement purement et simplement de la traque dite des biens mal acquis ; - la deuxième étape est que l’APR et le PDS vont travailler chacun de son côté avec ses moyens dans une entente parfaite à la mise en œuvre d’une loi d’Amnistie sur les fait d’enrichissement illicite au Sénégal de 1960 à nos jours. Karim Wade et ses congénères ne sont pas les seuls bénéficiaires d’une éventuelle loi d’amnistie. C’est, en réalité, toute la classe politique dirigeante de ces cinquante-cinq dernières années qui va en bénéficier, une opportunité d’absolution totale face aux nombreux crimes de prévarication à leur crédit.

Karim Wade, sera bel et bien candidat à l’élection présidentielle de 2019. Quel que soit le résultat des élections législatives où, à mon avis, il ne sera pas candidat, la majorité s’empressera de faire voter une loi d’amnistie sur le fait d’enrichissement illicite dans un but « d’apaisement du climat social, de mobilisation des « énergies pour un Sénégal Emergent », et particulièrement dans une grande précaution de sauver leur tête avant une perte prématurée du pouvoir. Karim Wade et le PDS mettront des moyens énormes dans la mobilisation de tous les mouvements pro Karim et ce qui reste du PDS, pour demeurer leader et chef de l’opposition, interlocuteur privilégié de Macky SALL entre 2018 et 2019 et maintenir l’équilibre de la terreur.

En 2019 Karim WADE, sur les pas de son illustre père, rentrera au Sénégal et participera à la présidentielle. Pour ses chances : au mieux des cas il sera au deuxième tour ce qui signifie une défaite quasi certaine de Macky SALL. Au pire, il se classera troisième et sera ainsi, par la force des choses, faiseur de roi comme le fut Moustapha Niasse. Dans ce deuxième cas de figure Macky SALL devra son deuxième mandat, élément central du deal, au PDS et que nul ne soit alors surpris d’une alliance APR et PDS pour une « NOUVELLE ALTERNATIVE LIBERALE ».
Et c’est Maître Abdoulaye WADE qui aura raison une fois de plus, la famille libérale gouvernera ce pays dans cinquante ans. N’en déplaise aux intellectuelles et sociétés civiles, les politiques sont les détenteurs des leviers de pouvoir et de gouvernance. Ils ont les moyens d’action et ce ne sont pas quelques Révolutions erratiques qui changeront les choses de sitôt. C’est toute la classe politique dirigeante de 1960 à nos jours qui a grand besoin de cette loi d’amnistie et elle se donnera les moyens de l’avoir.



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