Lutte contre le terrorisme : Les cadres musulmans invitent le Gouvernement à éviter de tomber dans le piège de l’importation de l’islamophobie à la française


Lutte contre le terrorisme : Les cadres musulmans invitent le Gouvernement à éviter de tomber dans le piège de l’importation de l’islamophobie à la française
Consciente de la gravité du contexte,  l’Association des Cadres Musulmans du Sénégal réaffirme sa position de principe sur la nécessité de lutter efficacement contre le terrorisme, en s’attaquant à ses racines et en y associant toutes les couches de la population.
Elle  invite, dans le même temps, le Gouvernement à éviter de tomber dans le piège de l’importation de l’islamophobie à la française, des amalgames et de la stigmatisation de concitoyens pour leur option religieuse et à œuvrer plutôt au renforcement de l’unité nationale, meilleur bouclier contre le terrorisme sous toutes ses formes. L’ACMS exhorte le Gouvernement à se focaliser sur les défis essentiels : éducation inclusive de qualité, développement économique, gouvernance vertueuse et justice sociale. «  L’Amicale des Cadres musulmans du Sénégal (ACMS) reconnaît que le terrorisme constitue aujourd'hui une menace réelle et dangereuse contre laquelle toutes les franges de la population sénégalaise doivent se mobiliser. Cependant, il importe tout autant d’éviter toute forme d’amalgame et/ou de dérive susceptible de créer d’autres foyers de tension. Le pays n’en a pas besoin » rappelle t-il.
Il est urgent, rappellent-ils selon le contexte, d’étudier ses causes profondes et de ne pas importer au Sénégal les combats d’autres puissances qui ont montré, à travers l’histoire, leur propension à créer des zones de tension pour leurs propres intérêts. « Rien ne justifie le fait d'établir une relation de cause à effet entre le port du voile intégral et le terrorisme. » « Il est certain que la pauvreté constitue un terreau fertile au terrorisme mais, elle ne saurait expliquer, à elle seule, le phénomène. Autrement, nos pays où l’incidence de la pauvreté est à plus de 40% seraient submergés par des actes de violence qualifiés de terroristes ! »
De plus en plus, des intellectuels malintentionnés cherchent à attiser la tension entre certaines écoles de l’Islam au Sénégal, en stigmatisant ce qu’ils appellent l’Islam non confrérique’ qui constituerait une nouvelle pratique importée et donc une menace à la cohésion et la stabilité du pays dénoncent les cadres musulmans. « Mais faudrait-il rappeler que ‘l’Islam non confrérique’ a été la seule forme de l’Islam pratiquée au Sénégal du onzième siècle jusqu'au passage de Mohamed ibn Abdoul Karim Al Manguily, au seizième siècle? Sur quelle base voudrait-on alors imposer la forme confrérique de l’Islam comme l’unique référence, si on sait que ni le Prophète (SAW) ni ses compagnons n’avaient de confrérie ? L’islam lui-même, quoiqu’universel dans son principe, n’est pas né en Afrique et y a été importé comme dans d’autres parties du monde où il a fini par acquérir droit de cité. »
 
Il est dès lors maladroit de voir créer au forceps « un islam sénégalais » pour servir on ne sait quel dessein concluent les cadres musulmans.
 
Dimanche 15 Novembre 2015
Dakar actu




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