Litige foncier sur la petite côte sénégalaise à Saly : quand le «paradis» devient enfer

Ce devait être un havre de paix, mais le village touristique le «Paradis», situé au cœur de la station balnéaire de Saly Portudal sur la Petite côte sénégalaise, à 80 kilomètres de Dakar, est devenu un véritable enfer pour certains de ses habitants qui ont esté en justice contre la Sict du gérant Pierre Hirigoyen. L’Observateur vous plonge au cœur de ce litige foncier en passe de devenir une sérieuse affaire d’Etat.


 Litige foncier sur la petite côte sénégalaise à Saly : quand le «paradis» devient enfer
L’affaire est grave. Trop grave. Délicate. Trop délicate. Simple ? Au début, toute simple jusqu’à la banalité, elle s’est finalement transformée en une véritable affaire d’Etat. A un procès aux troussées labyrinthiques opposant Gérard Baussaint et Cie à laSict gérant Pierre Hirigoyen, avec, à la clé, des échanges épistolaires entre avocats sénégalais et français. Puis, entre présumées victimes et ministre de la Justice. Ensuite, entre la tutelle et le Tribunal régional de Thiès, via le Procureur général Près la Cour d’Appel de Dakar, invitant le Procureur Près le Tribunal régional de Thiès à lui fournir un compte rendu circonstancié des résultats de l’enquête. Aminata Mimi Touré demande surtout qu’on l’informe de l’étape procédurale actuelle du dossier, afin de permettre un meilleur suivi de cette affaire. Qui a salement vicié l’atmosphère à Saly Portudal et transformé le «Paradis» en un véritable enfer. 
 
L’AFFAIRE
C’était au siècle dernier. En 1997.  La Société immobilière de construction et de tourisme (Scit), gérée par M. Pierre Hirigoyen, décide de construire un village touristique dénommé «Paradis», à la station balnéaire de Saly Portudal sur la Petite côte sénégalaise. Permis de construire n° 92/058S/Duh et dépôt du plan accordés le 4 Juin 1998. Les documents déposés et signés par les administrations sénégalaises concernées prévoient : 111 Villas, 1 centre commercial, 1 hôtel en première ligne «front de mer» sur 40 000m2. Le ministère de l'Economie, des Finances et du Plan  accorde, à l’époque, sous le n° 06326, une exonération des droits d'enregistrement. Numéro de l'arrêté : 6396/mefp/gu du 7 08 1998. Jusque-là, tout se passe bien. Les travaux sont entamés et le «Paradis» sort de terre. Au Sénégal, comme hors de nos frontières, c’est la ruée vers ce village paradisiaque. Tout le monde veut y avoir un pied à terre. Et tous les appartements, ou presque, sont achetés avant même que l’Eden de M'bour prenne forme.
 
«Des centaines de vies en cendre»
A la fin des travaux, ô surprise ! Alors que seulement 111 villas étaient prévues sur 40 000 m2, ce sont 125 villas et 26 garages qui  sont construits, pour une partie sans permis de construire, sur seulement 20 000 m2. Sans aucun certificat de conformité. Pis, l’hôtel, jamais fini, est transformé en habitation «vente et location», sans aucune sécurité. «A la place du Paradis, le village touristique est transformé en parcellisation sans avenant ni modification au permis de construire. Avec un seul accès de sécurité modifié pour construction de bureaux et villas. On en est aujourd’hui à  8 mètres, au lieu des 15m prévus par le plan déposé. Et si par malheur un feu venait à se déclarer dans le village, ce sont des centaines de vies qui seraient réduites en cendre», explique Gérard Baussaint, tenant entre les mains les plans initiaux du «Paradis» en guise de preuves. «Rien à voir avec les nouveaux plans établis par la Sict gérant Pierre Hirigoyen, non conformes au permis de construire et insérés dans les règlements de copropriété déposés chez le notaire. Ces documents ont été reconnus comme des faux», alerte-t-il, la gestuelle abondante. Comme pour exprimer tout son courroux contre «toute cette fraude sur la marchandise» qu’on lui avait vendue comme un morceau de paradis. Avec un accès sur l’Atlantique dont il ne verra jamais les eaux turquoises. Sans payer davantage.
 
Prévu dans le contrat, l'accès à la plage réservé aux résidents et locataires du Paradis leur a été retiré. Seules les personnes s'acquittant d'un droit de passage peuvent se rendre à la plage. «Une plainte a été déposée pour mise en danger d'une personne souffrant d'une grave pathologie à qui on avait demandé de rentrer à la nage», explique Boussaint. «Le 14 Février 2013, un copropriétaire et moi, nous nous sommes rendus aux Impôts et Domaines afin de prendre les renseignements concernant l'achat de nos parcelles. Le chef de service du bureau du cadastre nous reçoit et découvre devant nous que le village touristique «Paradis» n'était pas sur son écran ordinateur, alors que l'ensemble des résidences y étaient. Seule la station de refoulement apparaissait», ajoute-t-il, l’air plus dépité qu’en colère. Une goutte de trop qui a fait déborder le vase de contenance de Baussaint et Cie, qui décident de porter l’affaire devant la justice.
 
 
LES PROCEDURES
Pour Boussaint et Cie, la machine judiciaire s’est emballée au début en leur faveur, avant de mettre un terrible coup de frein, d’opérer un changement de direction. «Bizarrement», commente Baussaint, l’air désabusé. Sans jamais porter une quelconque accusation sur la justice sénégalaise en qui il a encore et toujours foi, malgré quelques «couacs» décelés dans les procédures. Des griefs contenus dans le mémo envoyé aux autorités sénégalaises, particulièrement au ministre de la Justice. Une longue chronique judiciaire que L’Observateur vous rapporte telle que mentionnée dans le mémo, avec parfois des précisions de M. Boussaint.
 
Le 4 Mars 2004.  Extrait du plumitif : «Condamnons Pierre Hirigoyen à exécuter les travaux spécifiés dans le compte rendu de la réception des parties communes à 250 000 francs Cfa par jour.»
 
Le 5 Novembre 2007. Requête déposée au Tribunal régional de Thiès aux fins d'ordonner la démolition des constructions entamées par Pierre Hirigoyen ès qualité de gérant de la Sict. Démolition accordée, ordonnance n° 262/TR TH. «Mais, le jugement s’est apparemment égaré. On ne nous l’a jamais remis», explique Boussaint. «Or, ajoute-il, in spécié, seul un hôtel avait contractuellement été prévu pour être devant mon lot».
 
Le 21 janvier 2010. Par ordonnance, le Tribunal régional de Thiès a ordonné la liquidation d'astreinte du 4 Mars 2004 comme suit : «Liquide l'astreinte à la somme de 312 000.000 FCfa. Condamne Pierre Hirigoyen au paiement.»
 
Le 24 Aout 2010. La Cour d'appel de Dakar, sur l'un des appels de la Sict et de M. Pierre Hirigoyen, a fait droit à la plaidoirie de Boussaint et Cie en rejetant les exceptions, mais a réformé sur la liquidation de l'astreinte en disposant comme suit : «Rejette les exceptions soulevées ;  Réforme l'ordonnance sur les montants de l'astreinte ; Liquidons à la somme de 5.000.000 FCfa ; Confirme l'ordonnance en ses autres dispositions.»
 
Le 11 Novembre 2010. Le Tribunal régional de Thiès condamne 3 anciens membres du conseil syndical : les sieurs Jacky Gautier, Gérard Baussaint, Xavier Legoff et le syndic Mme Gyslaine Pain à 150 000 FCfa par jour pour remettre la résidence en l'état. «Toutes les dispositions prises n'avaient que pour seule finalité la nomination de Pierre Hirigoyen sur Paradis 1 et 2 afin qu'il obtienne tous les pouvoirs, ceci a engendré faux, usage de faux, spoliation et mise en danger des personnes et des biens. D'autres procédures ont été lancées contre cet individu et ses complices qui n'ont pas manqué de confirmer avoir la maîtrise de la justice. Malversations en tout genre pour l'élection de syndics, et non respect des textes et lois sénégalais (nouveau code de la construction, règlement de copropriété)», révèle Boussaint.
 
 
Le 18 Mars 2013. Des convocations sont lancées par le juge d'instruction au Tribunal régional de Thiès, mais selon Baussaint, les principaux intéressés ne se sont pas présentés devant le magistrat. «Concernant Pierre Hirigoyen, explique-t-il,  le 26 Février 2013, j'étais présent à la gendarmerie de Saly pour d'autres faits extrêmement graves où Pierre Hirigoyen gérant de la Sict était aussi entendu. Celui-ci a demandé pourquoi il était aussi entendu, l'officier de gendarmerie, très courtoisement, lui a signifié les faits et notamment la proposition financière faite à M. Max Manguet Ndiaye pour me faire un mauvais coup. L'officier de gendarmerie de Saly, en lui remettant sa convocation pour le juge d'instruction, l'informe que s'il ne se présentait pas à cette convocation, un mandat d'arrêt serait lancé», explique Baussaint. Il ajoute :  «Malheureusement, il ne s’est pas présenté à cette convocation. A la place, il a préféré s’envoler vers la Casamance sans être inquiété.» Pour le moment !
 Pierre Hirigoyen introuvable, Me Yahya prend sa défense
 Cité comme un des acteurs principaux dans cette affaire qui secoue la station balnéaire de Saly Portudal, L’Observateur a essayé, par tous les moyens, de rencontrer M. Pierre Hirigoyen pour avoir sa version des faits. Ni notre déplacement à Mbour à l’adresse de sa Société, mentionnée dans les différents documents ni nos appels sur les numéros indiqués, toujours dans les documents, n’ont permis d’entrer en contact avec lui.
Toujours guidé par le souci d’équilibrer l’information, L’Observateur s’est rapproché de son conseil, Me Adnan Yahya. Et l’avocat, qui a convoqué le fait que l’affaire est pendante devant la justice, de clarifier : «Je ne devais même pas parler de cette affaire, parce qu’on est toujours devant les tribunaux, mais il faut savoir que tout ce que les gars-là disent est faux. Pensez-vous une minute, que quelqu’un peut construire un village touristique au Sénégal sans autorisation de construire. Ce n’est même pas imaginable. En plus, M. Hirigoyen est copropriétaire, donc quand on a des mesures de sécurité, cela le concerne lui aussi. Je ne peux pas trop m’épancher sur cette affaire, mais retenez que mon client est irréprochable.»

L'Observateur
Dakaractu2




Mercredi 3 Juillet 2013
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1.Posté par Alexandre Marcellin le 05/07/2013 14:16
Bonjour

Je suis un Français qui avait décidé de construire une maison au Sénegale car j aime l Afrique et m y installer ...Et voila ce qui m est arrivé .Merci de votre aide et soutien.Je précise que j ai tous les papiers officiels

Un blog pour récupérer le terrain et la maison que nous avions construit et que la mairie nous a volé pour la revendre à un autre !!.Le terrain avait été acheté a la Mairie de Joal au Maire Paul Ndong et Taffa Diouf son bras droit.Nous souhaitons qu un membre de la Mairie nous contacte.Merci
lundi 1 juillet 2013
Joal Fadiouth Sénègal .L Arnaque de la mairie et du maire Paul Ndong!
Bonjour

Nous sommes le 1 er Juillet 2013 et nous continuons nos procédures pour récupérer notre maison et notre terrain à Joal Fadiouth Sénègal:

Consultez notre 1 er blog ICI: Tous les documents officiels sont ci dessous:

http://joalfadiouthsenegalarnaque.blogspot.fr/

http://joalfadiouthsenegal.blogspot.fr/

Nous souhaitons un arrangement à l amiable avec la Mairie de Joal Fadiouth.

Pour tout contact voici un email :

ciorandelacastel@yahoo.fr

Merci

A vous tous pour vos informations et de votre aide!Et que la justice Sénégalaise ne soit pas un vain mot!!



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