Lettre ouverte à Modou Fada Diagne, ancien Secrétaire national de l’Union des Jeunesses travaillistes et libérales (UJTL), du Parti démocratique sénégalais (PDS) .

(Par ABDOULAYE DRAME, Ancien député libéral, ancien Secrétaire général du Comité de liaison fédérale de Thiès, ancien chargé de Communication du bureau exécutif national)


Lettre ouverte à Modou Fada Diagne, ancien Secrétaire national de l’Union des Jeunesses travaillistes et libérales (UJTL), du Parti démocratique sénégalais (PDS) .
Cher frère et ami, Je voudrais d'abord te présenter mes excuses fraternelles pour n’avoir pas pu honorer ton invitation dont l’objet, j’en suis convaincu, devait porter sur ton initiative politique qui alimente les conversations depuis quelque temps. Malheureusement, un déplacement pour les Etats Unis ne m’a pas permis d’y répondre. C’est donc pour moi le lieu de te remercier pour cette marque de reconnaissance et d’estime. Toutefois, par la magie des Technologies de l’Information et de la Communication, j’analyse chaque acte que tu es entrain de poser dans ta volonté comme tu dis, « de reformer » le P D S. Mais cher ami, peut-on reformer ce qui a cessé d’exister depuis belle lurette ? Ce qui s’est désagrégé depuis 2000 et que seul l’exercice du pouvoir maintenait sous respiration artificielle ? Je te comprends cher ami, la désolation est la chose la mieux partagée chez les véritables enfants de ce qui fut un très grand parti, au regard de son état actuel. Un parti, jadis uni, soudé, conquérant et qui n’avait pas que de simples militants, mais des militants soldats, qui se sont sacrifiés corps et âme, sous la direction d’un homme de dimension exceptionnelle, pour faire face à l’oppression du Parti-Etat de l’époque, afin de bâtir un Sénégal démocratique et prospère. Tu ressasses certainement les souvenirs de nos compagnons qui ont perdu la vie ou qui sont devenus des éclopés à vie suite à nos épiques luttes pour le triomphe de la démocratie. Tu ressasses aussi sûrement le souvenir de tous les camarades qui ont eu à endurer les rigueurs de la prison, non pas pour avoir tenu des propos irrévérencieux à l’encontre de la plus haute Institution du pays, mais plutôt pour avoir posé des actes de bravoure dans la longue lutte qui a permis la survenue de la première alternance démocratique au Sénégal, en 2000. Cher frère, depuis 2000, l’ingratitude et l’injustice ont régné au P D S. En effet, cette injustice que tu dis dénoncer aujourd'hui a été la marque de l’A. D. N du P.D.S depuis cette alternance puisque le P.D.S originel avait tiré sa révérence, précipitant beaucoup de ses valeureux enfants dans l’abime de l’oubli et de l’ingratitude. Cher ami et frère, peut être que tu as eu à faire le même constat que moi, deux camps ont toujours marqué l’exercice du pouvoir au sein du parti : le camp des martyrisés et celui des bourreaux. Nous avons tous appartenu, à un moment ou à un autre de la vie du Parti, aux deux camps. Malheureusement pour le parti, le camp de la reconnaissance, de la fraternité, de la rigueur, de la conciliation, de la prospective, n’a jamais connu de géniteur. Le seul recours, demeurait la magnanimité de Maitre Wade, encore fallait-il pouvoir percer le bouclier d’acier érigé autour de sa personne par les privilégiés et les « businessmen » des audiences. Cher frère et ancien Secrétaire national de l’UJTL, l’absence de ce camp de la sagesse, est la source de tous les malheurs du PDS. Cette situation a occasionné l’acharnement, quasi général, du parti sur Idrissa Seck, avec Macky Sall à la tête des troupes en 2004. En 2008, ce dernier, à son tour, est conduit à la guillotine par la majorité écrasante du parti. Puis ce fut au tour de Pape Diop et compagnie (j’en faisais partie) de passer à la trappe en 2012 et aujourd’hui, c’est à ton tour de subir la foudre bleue. Cher frère, je me demande s’il existe une INTELLIGENCE POLITIQUE au PDS. En effet, comment comprendre qu’une doctrine politique majoritaire dans l’électorat Sénégalais peut devenir la risée de ses adversaires irréductibles d'hier. Tu as vu comment les fils de Senghor, particulièrement Messieurs Moustapha Niasse et Ousmane Tanor DIENG, qui regardaient Monsieur le Président Macky Sall de haut, lui font la courbette aujourd’hui ? Lui le fils de WADE. Sans oublier le « Papy » Dansokho. Tu te souviens cher ami, c’est ce trio que Wade avait promis d’envoyer à la retraite politique avant de quitter le champ politique. HELAS, ce trio, par opportunisme et par flexibilité, a envoyé Wade dans les cordes, mis son fils en prison et, comble de l’humiliation, tente de disloquer ce qui reste de son parti. Tout cela en ensorcelant politiquement un de ses fils politiques : Le Président Macky Sall. Ce dernier que Wade, par au moins cinq décrets et un choix fort, a sorti de l’anonymat. Cher Fada, tu t’imagines donc dans quel état d’esprit doit se trouver le Président WADE? Cet homme qui a été plus qu’un Secrétaire général d’un parti, surtout pour notre génération. Cet homme qui a porté son choix sur ta personne pour diriger cette génération exceptionnelle de l’UJTL. Cet homme qui t’a mis le pied à l’étrier et qui t’a tracé un destin prestigieux. Cet homme qui, par reconnaissance du combat mené par les jeunes pour son accession à la magistrature suprême du pays a tout simplement, contre vents et marrées, placé la jeunesse au cœur de la gestion du pouvoir (tu en es l’exemple le plus achevé). QUEL papa gâteux. Cher ancien Secrétaire national de l’UJTL, J’ai cherché dans les livres savants la définition du mot POLITIQUE, mais je n’ai pas encore la réponse qui me satisfait. Alors, pour ma quiétude interne, je me suis résolu à considérer la politique comme une pièce de théâtre à la trame jamais maitrisée, dans laquelle, les acteurs changent de rôle et de discours sur le même tableau, sortent du rythme et de la gamme du ballet, mais trouveront toujours un public qui les acclamera. TOI, cher ami, tu n’as pas le droit de jouer n’importe quel rôle. Tu fais partie de ceux qui représentent le passé, le présent et le futur du PDS. Je partage certains points de ton analyse sur la situation du parti, nous en avions parfois échangé, comme d’autres groupes en avaient discuté dans d’autres endroits, mais jamais aucune action concrète n’avait été entamée pour redresser le fonctionnement du parti. POURQUOI MAINTENANT cher ami? A quelques mois de la présidentielle de 2017, vas-tu contribuer volontairement ou involontairement, sous les acclamations du camp adverse, à faire mal au PDS et à ton BIENFAITEUR Wade ? Cher frère, contrairement à d’autres, je ne minimise pas ton pouvoir de nuisance si tant est ta volonté. Tu maitrises bien la cartographie du parti, et tu avais la haute main sur certains choix politiques, mais tu sais mieux que quiconque, qu’aucune tournée nationale, qu’aucun congrès convoqué par tes soins, ne feront de toi le Secrétaire général du PDS, « QUE TU ES EN DROIT D’AILLEURS » de réclamer. C’est très légitime. Cependant, cher ami, l’analyse de ta stratégie pour faire face, comme tu dis, même si tu laisses entrevoir qu’elle est immunisée de tout dessein machiavélique, va faire le jeu de l’adversaire et va gêner le PDS. C’EST QUOI TON OBJECTIF FADA? Est-ce que, pour laver ton honneur bafoué comme tu dis, tu te dois de décocher la flèche qui va d’abord transpercer Wade avant d’atteindre ceux que tu dis vouloir neutraliser et qui s’abritent derrière celui-ci ? Je pense que non ! Cher ancien Secrétaire national de l’UJTL, il est de ton devoir, comme il l’est aussi pour le ministre Aliou Sow, et des autres grands bénéficiaires de la générosité politique de Wade, d’œuvrer pour préserver son héritage politique et concrétiser son rêve de voir sa famille politique gérer, pour des décennies encore, le pouvoir politique au SENEGAL, avec l’aide de DIEU et l’onction du Peuple Sénégalais. Cher frère cette ambition est certes difficile mais pas impossible si chacun y met du sien. Je puis t’affirmer, après notre exclusion du PDS en 2012, des amis et moi avions mis en place le Mouvement politique dénommé « AND PENCOO REWMI/ CI DEUG ». Dans une discrétion absolue, nous avons rencontré deux ténors politiques qui sont de la famille libérale et certainement futurs candidats en 2017 (si les lignes ne bougent pas d’ici là pour une raison ou une autre) pour discuter de choix stratégiques futurs. Nous avons également échangé, tour à tour, avec un membre influent du PDS, très proche de Wade ainsi qu’avec un ami très proche du Président SALL. Au sortir de ces échanges, trois options se dégageaient : 1. accompagner le libéral déjà en place, en l’occurrence le Président Macky SALL, à faire deux mandats sous certaines conditions que je me garde d’étaler publiquement ; 2. regrouper la famille libérale autour du PROGRAMME SENEGAL EMERGEANT (PSE) et avoir une candidature éclatée avec soutien au deuxième tour au candidat le mieux placé (Forte probabilité que ce soit un libéral) ; 3. regrouper le reste de la famille et les alliés pour tenter de faire partir le Président SALL en 2017 au cas où il se désintéresserait de l’héritage politique de WADE. Malheureusement cher ami, nous n’avions pas pu boucler nos consultations, « l’affaire Karim Wade » étant passée par là, rendant tout le monde nerveux. Toutefois, nous ne désespérons de reprendre l’initiative, car une de ces trois options agréait certains déjà. Cher Fada, tu fais partie de ceux qui valablement peuvent être des têtes de pont dans ces choix. Maintenant, au cas où ta volonté serait de chevaucher « ton ambition présidentielle » en 2017, alors il te faudra opter pour la « méthode Sall ». Ce qui te grandirait et te rendrait plus crédible même si je ne préfère pas cette option. Seulement, en ce moment-là, comme le Président SALL, tu devras démissionner de tout mandat obtenu sous la bannière bleue, créer ton propre parti et aller à la rencontre de nos compatriotes pour solliciter leurs suffrages. En ce moment-là, peut-être te réserveront-ils une place de choix dans les livres de l’histoire. Mais n’est pas MACKY SALL qui veut. Mon très cher ancien Secrétaire national de l’UJTL, je vais prendre congé par cette petite histoire avant mon retour imminent au pays INCHALLAH. Un jour, un ancien Chef d’ETAT d’un pays de la SOUS-REGION Ouest AFRICAINE, m’avait fait le privilège de m’inviter chez lui. Après un long échange, il me dit; " Dramé, je vais te raconter une histoire : « un jour, m’a-t-il dit, quelqu’un avait demandé à NAPOLEON comment il choisissait ses Collaborateurs. Celui-ci lui répondit : parmi les CHANCEUX et LES TRAITRES ". Que Le TOUT PUISSANT me donne l’occasion de poser la même question au Président ABDOULAYE WADE. Fraternellement. NEW YORK, le 3 novembre 2015
Vendredi 6 Novembre 2015
Dakaractu




1.Posté par pape samba le 06/11/2015 17:17
Toujours égal à lui même : pertinent, honnête et patriote. Que Dieu guide tes pas et t'accorde le meilleur!



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