Lettre ouverte à Gaston Mbengue


Mon cher Gaston,

Ce Lundi 29 Mai 2017, en me rendant au service, j’ai été abattu par une information libellée à la Une de beaucoup d’organes de Presse faisant état d’une agression dont tu as été victime pour ton engagement politique en faveur de Macky Sall. Une menace contre l’intégrité de ta personne et contre celle des membres de ta famille a été brandie. Il t’est reproché d’être aux premières loges de la défense de la Gouvernance que mène l’actuel Président de la République et du management de l’équipe primatoriale qu’assure Mouhammed Boune Abdallah Dionne. Mais en vaut-il la peine, Gaston ? Je n’en vois pas la nécessité.

Fils du Ndiambour, les aléas de la vie et les contingences de l’histoire t’ont amené très tôt à élire domicile dans la région du Cap-Vert, actuelle région de Dakar, sans jamais rompre avec les liens ombilicaux qui te lient à la Région de Louga où la seule évocation du nom de ton père, Khaly Mbengue, est un chœur de louanges. Nous partageons les mêmes valeurs. Je suis né au cœur du Walo, aux alentours de Gandiol et de Nder. Je sais la signification du sens de l’honneur et de l’engagement pour une cause noble d’intérêt national. Toi-même, tu l’as dit et bien dit. Pour une personne de valeurs et de dignité, de foi et de vertu, les convictions qui exaltent le cœur et encensent l’esprit sont inébranlables et l’honneur n’abdique pas.

Gaston, dans ce pays, tu n’as plus rien à prouver. Opérateur économique autonome, tu t’es fait fortune sans l’apport de personne, ni le soutien d’aucune force. Macky Sall n’était point ce qu’il est devenu. Nul ne connaissait Mouhammed Boune Abdallah Dionne. Personne, parmi ces Socialistes du PS, de l’AFP, ces libéraux du PDS, ces gens de l’APR et de Benno Bokk Yakaar n’était connu dans ce pays pour des faits d’armes. Tu as très tôt eu la présence d’esprit de faire de l’innovation et de la créativité les principales semences de l’immense prairie que tu t’es tracée et qui a fécondé la modeste fortune qui t’élève au rang des dignitaires de la Nation.

Tu es un porteur de voix, un homme d’action et un combattant qui n’abdique jamais. Gaston, des centaines, voire des milliers de Sénégalais ruent immédiatement à ton appel. J’en suis témoin.  Mieux, tu as révolutionné la lutte traditionnelle non seulement au Sénégal mais dans la sous-région ouest-africaine. Tu as réussi à mettre la jeunesse du Ndiambour sur une bonne orbite footballistique en mettant merveilleusement en scelle l’ASC qui les assemble et les rassemble. Quand il faut défendre la vérité, la Nation et l’intérêt commun, tu es aux premières loges.
Quand dix Sénégalais seulement s’engagent pour une cause noble, tu es le 1er ou le 10ème. Quand dans la lutte pour le triomphe de la démocratie, de la liberté et de la République, il n’en reste qu’un, j’ai la certitude que tu serais celui-là.

Par conséquent, mon cher Gaston, un engagement politique auréolé de désintéressement et de sacrifice doit en valoir la peine. Je ne suis d’aucun parti politique et je ne le serai pas car le jeu politique sénégalais est une simple spirale de manœuvres personnelles. Les destinataires et les bénéficiaires des grands combats sont d’un égocentrisme narcissique qui leur fait toujours oublier ceux qui exposent leur vie pour eux. Il ne faut jamais se sacrifier pour une cause et pour une personnalité politique en s’apprêtant à s’immoler sans que sa solidarité et son humanisme intégral ne se manifeste.

Mon cher Gaston,

Je suis très bien informé par nos amis communs. Tu mets à l’actif de Macky Sall et de son Premier Ministre les moyens financiers que tu enrôles pour faire vivre le Mouvement Nangu Dogalu Yalla que tu a crée avec le financement des activités mobilisatrices et même créatrices de revenus. Mais pourquoi, Gaston ? D’autres sont au cœur du régime de Macky Sall et sont très bien à l’aise pour le faire. C’est un sacrifice inutile !

Tu as une famille, des amis, des partisans, des employés et tu es d’une grande famille dont les racines sont des rhizomes dispersés sur toute l’étendue du Sénégal, du Kajoor au Walo, du Ndiambour au Saloum, du Fouta au Boundou, du Sine au Ndoucoumane. Je t’invite à ne point sacrifier ceux qui te sont chers et inséparables pour un engagement politique. Je t’invite à prendre du recul car Dieu Seul est Souverain. Il faut accepter sa Volonté. C’est ça la Lettre et l’Esprit du Mouvement Nangu Dogalu Yalla non ?
​Amicalement et au nom de la Patrie qui nous lie.

Massamba Madior Mbodji
​Dakar
 
Mercredi 31 Mai 2017
Dakaractu




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