Dans ses mémoires parus mardi 2 novembre 2011, l’ancienne secrétaire d’Etat américaine rapporte qu’Ehud Olmert avait proposé en 2008 un plan secret pour créer un Etat palestinien. Elle revient également sur ses relations avec Kadhafi, défend George W. Bush comme une personne intelligente, et révèle qu’après le 11-Septembre, le personnel de la Maison Blanche a bien cru avoir été empoisonné.
C’est un jeu bien connu de la retraite en politique. Lorsqu’un ancien responsable de haut rang publie ses mémoires et revient sur sa vie publique, l’ouvrage comprend son lot de révélations surprenantes et quelques récits insoupçonnés qui font revisiter aux lecteurs des moments cruciaux de l’histoire sous un autre angle. No Higher Honor (Pas de plus grand honneur), le livre autobiographique de Condoleezza Rice, l’ancienne secrétaire d’Etat américaine de George W. Bush, n’échappe pas à la règle.
Et alors que la Palestine vient d’être reconnue comme Etat membre de l’Unesco et que l’ONU doit examiner une demande visant à lui attribuer un statut similaire, les révélations de « Condi » sur le processus de paix israélo-palestinien ne passent pas inaperçues.
Jérusalem en double capitale
Selon l’ancienne chef de la diplomatie américaine, en 2008, Ehud Olmert, alors Premier ministre israélien, lui aurait fait une proposition secrète incluant un Etat palestinien avec des lieux saints qui seraient sous tutelle internationale. Le plan envisageait un Etat basé sur 94% de la Cisjordanie actuelle, avec des terres en échange des colonies israéliennes.
Encore plus étonnant, Ehud Olmert prévoyait d’entériner la scission de Jérusalem entre sa partie est (palestinienne) et ouest (israélienne), et de créer deux capitales, avec un conseil commun dirigé par un maire israélien et un adjoint palestinien. La vieille ville aurait, elle, été administrée par un « comité de sages » issus de Jordanie, d'Arabie Saoudite, de l'Autorité palestinienne, des Etats-Unis et d'Israël. Le plan prévoyait en outre le retour de 5 000 réfugiés palestiniens.
« Est-ce que j'ai bien entendu? Je me suis posé la question.[…] Le Premier ministre israélien est-il bien en train de dire qu'il va diviser Jérusalem et mettre en place une instance internationale pour superviser les lieux saints ? », écrit l’ancienne secrétaire d’Etat de George W. Bush. Mais selon elle, Mahmoud Abbas, qu’elle consulte immédiatement après, aurait souhaité que plus de réfugiés palestiniens puissent regagner leurs terres. Il aurait surtout été invité à signer le plan dès le lendemain, mais aurait alors demandé à consulter des experts auparavant. De peur que le projet ne fuite, la rencontre finale entre Abbas et Olmert ne se serait finalement jamais produite.
Condoleezza Rice fait également part d’autres surprises que réserve la politique étrangère, notamment des rencontres déroutantes avec certains leaders étrangers. Dont Mouammar Kadhafi, qui s’était présenté avec un album comprenant des photos de Condoleezza Rice avec des représentants d’autres pays, et lui avait fait écouté une chanson écrite par un compositeur libyen et intitulée Une fleur noire à la Maison Blanche...
George W. Bush, « penseur stratégique »
La publication de ses mémoires est aussi l’occasion pour Condoleezza Rice de multiplier les interviews et de revenir sur d’autres séquences de sa vie de femme politique. Dans un entretien à la chaîne de télévision Fox, elle a notamment pris la défense de l'ancien président George W. Bush, dont les qualités intellectuelles ont été maintes fois raillées par ses nombreux opposants.
« Je crois que l’idée la plus fausse à propos de George W. Bush a été de croire qu’il était quelque part pas intéressé, pas curieux, ne posait pas de questions compliquées. J’ai vu des secrétaire de son cabinet rentrer dans le bureau ovale avec leurs exposés, et avant qu’ils entament la page 2, il leur avait déjà posé une question très incisive qu’ils avaient oubliée de préparer ». Pour elle, George W. Bush était de plus un « penseur stratégique », avec qui elle a « adoré travailler » car il était « perspicace ». « Il lisait cinq livres quand j’avais le temps d’en lire un », détaille « Condi ».
Attaque à la toxine botulique
Avec George W. Bush, Condoleezza Rice a donc beaucoup partagé. Y compris la peur de mourir empoisonnés. Dans un entretien à la chaîne de télévision ABC, elle révèle que lors d’un déplacement à Shanghai quelques semaines après les attentats du 11 septembre 2001, le vice-président américain Dick Cheney les a appelés pour leur annoncer que les détecteurs de la Maison Blanche avaient identifié de la toxine botulique, le plus puissant poison qui soit.
24 heures plus tard, les tests faits sur des souris s’avèrent finalement négatifs. Mais Condoleezza Rice et George W.Bush ont sans doute passé là l’une des pires journées de leur vie, faisant comme si de rien n’était devant leurs homologues chinois, tout en ayant au fond d’eux la peur de mourir. Des méandres de la vie politique.
( RFI )
C’est un jeu bien connu de la retraite en politique. Lorsqu’un ancien responsable de haut rang publie ses mémoires et revient sur sa vie publique, l’ouvrage comprend son lot de révélations surprenantes et quelques récits insoupçonnés qui font revisiter aux lecteurs des moments cruciaux de l’histoire sous un autre angle. No Higher Honor (Pas de plus grand honneur), le livre autobiographique de Condoleezza Rice, l’ancienne secrétaire d’Etat américaine de George W. Bush, n’échappe pas à la règle.
Et alors que la Palestine vient d’être reconnue comme Etat membre de l’Unesco et que l’ONU doit examiner une demande visant à lui attribuer un statut similaire, les révélations de « Condi » sur le processus de paix israélo-palestinien ne passent pas inaperçues.
Jérusalem en double capitale
Selon l’ancienne chef de la diplomatie américaine, en 2008, Ehud Olmert, alors Premier ministre israélien, lui aurait fait une proposition secrète incluant un Etat palestinien avec des lieux saints qui seraient sous tutelle internationale. Le plan envisageait un Etat basé sur 94% de la Cisjordanie actuelle, avec des terres en échange des colonies israéliennes.
Encore plus étonnant, Ehud Olmert prévoyait d’entériner la scission de Jérusalem entre sa partie est (palestinienne) et ouest (israélienne), et de créer deux capitales, avec un conseil commun dirigé par un maire israélien et un adjoint palestinien. La vieille ville aurait, elle, été administrée par un « comité de sages » issus de Jordanie, d'Arabie Saoudite, de l'Autorité palestinienne, des Etats-Unis et d'Israël. Le plan prévoyait en outre le retour de 5 000 réfugiés palestiniens.
« Est-ce que j'ai bien entendu? Je me suis posé la question.[…] Le Premier ministre israélien est-il bien en train de dire qu'il va diviser Jérusalem et mettre en place une instance internationale pour superviser les lieux saints ? », écrit l’ancienne secrétaire d’Etat de George W. Bush. Mais selon elle, Mahmoud Abbas, qu’elle consulte immédiatement après, aurait souhaité que plus de réfugiés palestiniens puissent regagner leurs terres. Il aurait surtout été invité à signer le plan dès le lendemain, mais aurait alors demandé à consulter des experts auparavant. De peur que le projet ne fuite, la rencontre finale entre Abbas et Olmert ne se serait finalement jamais produite.
Condoleezza Rice fait également part d’autres surprises que réserve la politique étrangère, notamment des rencontres déroutantes avec certains leaders étrangers. Dont Mouammar Kadhafi, qui s’était présenté avec un album comprenant des photos de Condoleezza Rice avec des représentants d’autres pays, et lui avait fait écouté une chanson écrite par un compositeur libyen et intitulée Une fleur noire à la Maison Blanche...
George W. Bush, « penseur stratégique »
La publication de ses mémoires est aussi l’occasion pour Condoleezza Rice de multiplier les interviews et de revenir sur d’autres séquences de sa vie de femme politique. Dans un entretien à la chaîne de télévision Fox, elle a notamment pris la défense de l'ancien président George W. Bush, dont les qualités intellectuelles ont été maintes fois raillées par ses nombreux opposants.
« Je crois que l’idée la plus fausse à propos de George W. Bush a été de croire qu’il était quelque part pas intéressé, pas curieux, ne posait pas de questions compliquées. J’ai vu des secrétaire de son cabinet rentrer dans le bureau ovale avec leurs exposés, et avant qu’ils entament la page 2, il leur avait déjà posé une question très incisive qu’ils avaient oubliée de préparer ». Pour elle, George W. Bush était de plus un « penseur stratégique », avec qui elle a « adoré travailler » car il était « perspicace ». « Il lisait cinq livres quand j’avais le temps d’en lire un », détaille « Condi ».
Attaque à la toxine botulique
Avec George W. Bush, Condoleezza Rice a donc beaucoup partagé. Y compris la peur de mourir empoisonnés. Dans un entretien à la chaîne de télévision ABC, elle révèle que lors d’un déplacement à Shanghai quelques semaines après les attentats du 11 septembre 2001, le vice-président américain Dick Cheney les a appelés pour leur annoncer que les détecteurs de la Maison Blanche avaient identifié de la toxine botulique, le plus puissant poison qui soit.
24 heures plus tard, les tests faits sur des souris s’avèrent finalement négatifs. Mais Condoleezza Rice et George W.Bush ont sans doute passé là l’une des pires journées de leur vie, faisant comme si de rien n’était devant leurs homologues chinois, tout en ayant au fond d’eux la peur de mourir. Des méandres de la vie politique.
( RFI )
Autres articles
-
Football de jeunes : Le Président Diomaye appelle les champions U17 et U15 à rester humbles
-
Palais / Le Président Bassirou Diomaye honore les lionceaux : plus de 311 millions pour les U15 et U17
-
Les U15 face au Président Diomaye Faye : « Nous dedions cette victoire à toute la jeunesse … »
-
San Antonio / Le beau geste de Gorgui Dieng pour les Lions du football sénégalais
-
Honneurs de la Nation : Le PR Bassirou Diomaye Faye reçoit les champions d’Afrique U17 et les vainqueurs du Championnat scolaire CAF U15




