Le transfert de Laurent Gbagbo à La Haye ou les méfaits de la vanité du pouvoir (le commentaire du jour de Cheikh Yérim Seck).


Le transfert de Laurent Gbagbo à La Haye ou les méfaits de la vanité du pouvoir (le commentaire du jour de Cheikh Yérim Seck).
DAKARACTU.COM  A l’heure où vous lirez ces lignes, Laurent Gbagbo sera en route ou sera déjà arrivé à La Haye, pour répondre aux interrogations de la Cour pénale internationale (CPI). C’est la triste fin d’un homme qui avait d’abord été un grand combattant de la liberté, un acteur incontesté du progrès de la démocratie en Côte d’Ivoire, depuis le règne du père de l’indépendance, Félix Houphouët-Boigny, jusqu’à celui de son successeur, Henri Konan Bédié. Laurent Koudou Gbagbo avait commencé de belle façon pourtant, avant que le pouvoir et ses délices ne lui fassent perdre la tête, et ne le poussent à décider que son fauteuil ne se cède d’aucune manière. Il a été l’acteur essentiel de la guerre qui a suivi l’élection présidentielle remportée par son rival Alassane Ouattara, auquel il refusé obstinément de concéder la victoire. Sa fin fut triste, en sueur, hébété, hagard face à des militaires qui l’avaient déterré de son bunker de Cocody. Ces images d’un homme puissant, le regard honteux, sont gravées dans toutes les mémoires. Mais ce qui reste aussi de cette épreuve, ce sont tous les appels du pied que lui ont fait les plus puissants de ce monde. S’il avait su, il aurait écouté Barack Obama, qui lui proposait pour débloquer la crise ivoirienne et devant l’inéluctabilité de l’attaque des Forces nouvelles assistées par l’armée française, de venir aux Etats-Unis avec son entourage et toute sa famille en exil, lui offrant même la possibilité d’être, sur le sol américain, maître de chaire d’histoire dans l’une des universités les plus réputées. Il balaya ces propositions d’un revers de main, refusant même de prendre Barack Obama au téléphone. Quelle triste fin ! Quelle leçon à méditer pour ceux qui ne savent pas quitter la table une fois qu’elle est desservie ! La Cour pénale internationale comme indigestion du pouvoir, il y a mieux pour les chefs d’Etat africains qui auraient dû ou pu être de véritables modèles de démocratie. Hélas ! Ils ne savent dans la plupart des cas pas se garder de cette grave forme de cécité qu’est la Vanité du Pouvoir. Ni méditer cette pensée de Jacques Attali : "Le pouvoir politique donne à celui qui y accède l'illusion de disposer de quelque chose comme un gage d'éternité : insouciance, impunité, flagornerie, tout concourt à laisser l'homme de pouvoir se croire affranchi des contraintes de l'humain, donc de la loi et de la morale." 
Mercredi 30 Novembre 2011




1.Posté par amina le 30/11/2011 09:58
ben cest bien fait pour lui ,
je regrette seulement quil soit pa juger sur le sol africain

2.Posté par miomeme le 30/11/2011 11:05
Leçon de moral pour nos chefs d'etat qui ne savent pas quitter le pouvoir à temps. "Ngour kénn douko gnédd".
Il faut savoir écouter le peuple. Personne ne peut faire la guerre à un peuple. C'est impossible, meme si le pouvoir se trouve entre nos mains. A bon entendeur... salut!!!



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