Le témoignage glaçant du souffre-douleur d'Ariel Castro

Michelle Knight, une des trois jeunes femmes séquestrées et torturées pendant des années dans «la maison de l'horreur», a raconté sa captivité faite de viols, de coups et d'intimidations.Son courage et sa résilience forcent l'admiration.


Le témoignage glaçant du souffre-douleur d'Ariel Castro
 Michelle Knight, une des trois jeunes femmes séquestrées et torturées pendant des années dans «la maison de l'horreur» de Cleveland, a livré mardi un premier récit détaillé de son calvaire aux mains d'Ariel Castro. Michelle Knight et ses compagnes d'infortune avaientjusqu'à présent évité les médias, à l'exception d'un bref message de remerciement en juillet. Contre rémunération, Michelle Knight, qui est la plus ancienne victime d'Ariel Castro et celle sur laquelle il s'est le plus acharné, a raconté sur le plateau de l'émission de la télévision américaine Dr Phil, les circonstances de son enlèvement en 2002. Elle cherchait son chemin lorsqu'Ariel Castro l'attire chez lui sous prétexte de lui montrer une portée de chiots. Son ravisseur, qui a trouvé la mort en prison en septembre, lui attache les mains, les pieds et le cou avec un cordon électrique puis la suspend à un tuyau, «comme un poisson», se souvient Michelle Knight. Un peu plus tard, la jeune femme de 20 ans et mère d'un petit garçon est détachée et emmenée au sous-sol de la maison de Castro. Il l'attache par le cou à un pilier et la force à porter trois semaines durant un casque de motard qui l'empêche de respirer. Ariel Castro la prévient qu'il la consignera au sous-sol jusqu'à ce qu'il puisse lui faire confiance. «Tu es là en amie et je te libérerai pour Noël», promet son tortionnaire qui la retiendra onze ans. En larmes, lorsqu'elle se remémore du premier viol qu'elle a subi, Michelle Knight dépeint un Ariel Castro obsédé par les prostituées. «Il pensait que j'étais une prostituée de 13 ans. Quand il a appris mon âge, il est devenu furieux», se souvient la jeune femme de petite taille. Et d'ajouter: «Je ne lui ai pas résisté mais je l'ai supplié de ne pas me violer, il m'a répondu qu'il ne pouvait revenir en arrière et m'a jeté des billets à la figure».

Une tombe dans le sous-sol?
S'ensuivent des mois terribles de viols répétés. «Je me fichais de savoir si j'allais vivre ou mourir, je pensais à mon fils. Je haïssais Castro, je lui disais qu'il était un monstre», affirme-t-elle. Pendant sa première année de captivité, Ariel Castro la tape avec des batons, la roue de coups au visage, l'étrangle avec des câbles. Elle subit aussi la première des cinq fausses couches qu'Ariel Castro provoquera, en l'affamant pendant quinze jours puis en la frappant au ventre avec une altère. Ariel Castro lui confisque vêtements et couvertures, la laisse nue en hiver et ne l'autorise qu'une douche par an. Puis son tortionnaire la transfère à l'étage dans une chambre, dont il a obscurci les fenêtres. Michelle Knight est attachée au lit. Lorsque Castro recevait de la visite, il lui mettait une «chaussette sale» dans la bouche, qu'il recouvrait avec du ruban adhésif, pour éviter qu'elle ne signale sa présence. Chaque tentative de fuite est sévèrement punie. À un moment donné, Castro l'a autorisée à avoir un chien. «Et un jour, mon chien s'est mis à me protéger, il l'a mordu et Castro l'a tué devant mes yeux», a-t-elle poursuivi.

En froid avec sa famille
C'est lors de son emprisonnement dans le sous-sol d'Ariel Castro que Michelle Knight a réalisé qu'elle n'était sans doute pas sa seule victime. Elle explique avoir vue une dalle marquée de l'inscription «ici repose en paix». Mais elle n'a pas pu s'approcher d'assez près pour voir si un nom y était apposé. Michelle Knight a aussi décrit le moment où elle a rencontré Amanda Berry, la deuxième jeune femme kidnappée par Ariel Castro en 2003. Ariel Castro ne les laisse ensemble dans la même pièce que six ou sept fois, cette année-là. Lorsqu'Amanda Berry est tombée enceinte, Ariel Castro a menacé Michelle Knight de mort si l'enfant ne survivait pas à l'accouchement. Les épreuves de Michelle Knight ne sont pas encore finies. La jeune femme est en froid avec sa famille. Au moment de son enlèvement, elle avait perdu la garde de son garçonnet. Toujours sur le plateau de Dr Phil, elle a eu des mots très violents envers sa mère: «Elle m'interdisait de sortir et d'avoir des amis. Elle voulait que je sois aussi stupide qu'un paillasson pour recevoir des allocations. Même avant Castro, j'étais prisonnière». Des trois victimes du pervers, Michelle Knight est la plus visible. Elle a été la seule à assister à la condamnation du bourreau. Amanda Berry et la dernière victime de Castro, Gina DeJesus, préparent un livre sur leur captivité, avec l'aide de journalistes du Washington Post.
Le figaro.fr
Jeudi 7 Novembre 2013
Dakaractu




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