Le talent de Zahia et Nabilla: capitaliser sur leur image

"Non mais allô quoi !" a suffi à faire connaître Nabilla, une affaire de prostitution et de football, Zahia. Leur plastique marque les esprits, leur notoriété instantanée aussi. Leur talent ? Capitaliser sur leur image, une "marque", analysent des sociologues interrogés par l'AFP.


Le talent de Zahia et Nabilla: capitaliser sur leur image
La fashion week parisienne s'achève et les deux jeunes femmes, âgées de 21 ans, occupent une bonne place dans les médias: Zahia Dehar lance une collection de lingerie grâce à un fonds d'investissement. Nabilla Benattia défile pour Jean-Paul Gaultier, sort un livre et va animer une émission télévisée.

"Elles sont très différentes mais toutes deux ont une intelligence instinctive de la gestion de leur image. C'est une forme de talent", dit Nathalie Nadaud-Albertini, sociologue des médias, spécialiste de la téléréalité.

Dénoncée comme l'archétype de la vacuité, Nabilla, Française aux origines algéro-italiennes, "a su assumer ce qu'on lui reprochait. Elle a énormément d'autodérision et en joue, elle est spontanée, proche des gens". "C'est quelque chose que les marques repèrent. Ca fait vendre, surtout en période de crise. Elles véhiculent de la légèreté et l'idée que tout le monde a sa chance", analyse-t-elle.

"Il y a aussi quelque chose de très volontaire avec l'idée d'une deuxième chance. Ca peut agacer mais ça réconforte aussi", ajoute-t-elle, en référence au passé d'ex-prostituée de Zahia, "cadeau d'anniversaire" de Franck Ribery en 2009, et aux démêlés judiciaires de Nabilla. "

"Star d'un jour"
"C'est la logique de l'enseigne, de ce qu'on survole, tout le contraire de l'intériorité et de la profondeur. Je gère mon image et si mon nom devient une marque, je gagne. C'est satisfaisant, ça rapporte de l'argent. On est dans une logique de dérision totalement assumée", se désole Patrick Baudry, sociologue du corps, professeur à Bordeaux III.

"C'est un phénomène mais on ne peut croire qu'il dure longtemps. C'est le côté star d'un jour, sur lequel misent beaucoup de chaînes de télévision". A peine lancé, le "Allô" de Nabilla détourné par des marques comme Ikea ou Oasis , a été déposé à l'Institut national de la propriété industrielle (Inpi).

Idem pour plusieurs noms de marques susceptibles de reprendre le prénom de Zahia. Après avoir défilé pour Jean-Paul Gaultier, Nabilla présentait jeudi à Paris "le Dynasty's show" qu'elle animera dès la rentrée sur NRJ 12, chaîne qui l'a révélée dans "Les Anges de la tétéréalité" il y a quelques mois. "porno chic"

Elle publiera également cet été un livre, "avec toutes les déclinaisons du Allô quoi", a-t-elle lancé devant la presse, ajoutant sans ciller qu'elle ferait aussi prochainement "La couverture de Vanity Fair", une information que le magazine, lancé dans sa version française par Michel Denisot, n'a pas démentie.

L'univers de Zahia, Franco-algérienne, s'est bâti sur une image de mode, de luxe et sa silhouette presque irréelle de Barbie, grâce à l'aide de la filiale française d'un fonds d'investissement, First Mark Interntional Limited, basé à Hong Kong, selon l'un de ses avocats, Anne-Marie Pecoraro,. "Son image est construite sur le porno chic mais à travers des stéréotypes du corps féminin, une transgression très normée donc", commente M. Baudry.

Zahia a rallié nombre d'artistes et de personnalités dont Karl Lagerfeld, confirme Me Pecoraro. "La stratégie est basée sur une image luxe, savoir-faire, couture avec un côté ludique très porteur sur la clientèle asiatique", ajoute-t-elle.

Légère et gracile dans sa robe translucide, Zahia inaugurait mercredi sa boutique éphémère de lingerie chic au milieu des stars de la mode, du cinéma et de la presse (Audrey Pulvar, Jean-Claude Jitrois, Sarah Marshall, Béatrice Dalle, Samuel Le Bihan...) sur fond de musique classique et dans une ambiance boudoir rose et sucre avec la complicité du maître pâtissier Sébastien Gaudard.
Dakaractu2




Vendredi 5 Juillet 2013
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