Le pouvoir libéral et l’instrumentalisation des religieux


Le pouvoir libéral et l’instrumentalisation des religieux
Les propos du Chef de l’Etat ont encore une fois choqué les différentes Communautés religieuses du Sénégal. En déclarant qu’il privilégie la ville sainte de Touba et qu’il est élu par les Mourides, le Président, de manière volontaire ou non, a encore une fois réveillé les démons de la Division. Au Sénégal, les membres des différentes communautés religieuses, Musulmans ou Chrétiens, Mourides, Tidianes, Khadres ou Layènes ont appris à vivre ensemble dans une harmonie quasi parfaite que le monde entier nous envie. Alors, la question est de savoir que gagnerait-on à clamer aussi fort, dans un moment aussi solennel les privilèges qu’un pouvoir accorde à une Communauté par rapport aux autres. La déclaration est inopportune, inutile et mal venue de la part d’un Chef.
Les précédents Régimes ont préservé cet acquis pour ne pas scier la branche sur laquelle repose les fondements du pouvoir temporel. Déstabiliser les fondements religieux du pays reviendrait à désintégrer le ciment social gage de la stabilité du pays. SENGHOR de confession catholique n’était-il pas l’ami de Serigne FALLOU MBACKE (RTA) et de SERIGNE BABACAR SY (RTA) ? De quelle confrérie était son successeur Abdou DIOUF ? En toutes circonstances, aucun de leurs actes ou leurs dires ne corroboraient leur appartenance à l’une ou l’autre des communautés religieuses. Et le Sénégal ne s’en ressentait pas plus mal.
Avec le Pouvoir libéral, tout est différent mais surtout en mal.
Depuis leur accession au Pouvoir, les libéraux ont entrepris la délicate mission de ridiculiser nos Chefs Religieux en distribuant ouvertement aux familles religieuses des sommes d’argent qui sèment la suspicion entre Marabouts et pourraient les discréditer aux yeux de leurs disciples. Ils piétinent allègrement les fondements de la stabilité de notre société en ôtant à ses illustres régulateurs toute leur substance. En effet, les rivalités inter confrériques ou interreligieuses ont toujours existé au Sénégal et se limitaient à un niveau infra entre disciples de différentes communautés. Les dérapages constatés ça et là ont toujours été bien gérés grâce à l’intercession des dignitaires religieux et de ce point de vue, la situation était relativement maitrisée. Mais quand les propos et les actes posés suscitent l’indignation au sein des guides religieux, le danger est plus qu’imminent.
Là où l’Etat passe, l’argent trépasse et les marabouts trébuchent.
L’argent est l’arme du Pouvoir libéral. Il en distribue sans discernement au vu et au su de tout le monde. Dans le passé, les Guides religieux ont toujours été soutenus par l’Etat, sans tambour ni trompette, et les deux pouvoirs, temporel et spirituel, se neutralisaient tacitement au profit d’une paix sociale garantie. Le soutien financier du temporel pourrait être justifié par le rôle de régulateur social et de redistributeur de richesses que le spirituel a toujours joué. Au lieu de préserver cet acquis, le pouvoir Libéral a fait de l’argent un moyen de pression politique et de corruption des consciences.
L’appartenance du Chef de l’Etat à une communauté religieuse ne présente aucun intérêt pour les Sénégalais, ni pour cette communauté. Au contraire, Il est le seul à en tirer profit du fait des bienfaits de cette voie de sagesse et de purification de l’âme. Faut-il rappeler que Touba, Tivaouane, Popenguine ou Ndiassane n’ont nullement besoin d’un Chef d’Etat et de ses prébendes pour continuer à rayonner et à faire vivre la foi des disciples. Les disciples, et encore plus les Mourides, disposent d’assez de ressort et d’élan de solidarité pour prendre en charge les besoins de leurs communautés.
Par ailleurs, les sénégalais ne se rendent pas dans les villes saintes pour admirer la beauté de leur architecture mais plutôt pour purifier leur âme. Les fondateurs des différentes confréries ont façonné l’homo senegalensis de manière à lui inculquer des valeurs de paix, d’humilité et de sagesse. Ils ont cultivé des relations d’étroite collaboration et de respect mutuel. Cheikh Ahmadou Bamba (RTA) ne disait-il pas dans un de ses célèbres Khassaides, je cite : « Ce Wird de Cheikh Ahmed Tijani, mène inlassablement vers l’enceinte scellée ». Pour dire que toutes les voies soufies mènent indubitablement vers la voie de la sagesse.
Qui ne se rappelle pas des relations amicales et intimes qu’entretenaient Mgr Hyacinthe Thiandoum et Said Nourou Tall (RTA) le Khalife Omarien gage d’une cohabitation islamo-chrétienne saine. Les enseignements de Mame Abdou Aziz Sy (RTA) à cultiver l’harmonie des peuples et l’entente sociale sont encore vivaces dans nos cœurs. Les anecdotes racontées sur la complicité entre El Hadj Malick Sy (RTA) et El H Abdoulaye Niass (RTA) témoignent de la grandeur d’âme et d’esprit de ces personnages qui font la fierté du Sénégal. Nous les héritiers spirituels et aspirants disciples n’accepterons plus que les politiques piétinent nos guides religieux et foulent au pied les socles de notre stabilité sociale.
Les positions politiciennes dévastatrices doivent être ignorées à leur juste valeur au profit d’un respect mutuel intercommunautaire et de la consolidation de notre Foi.
Au peuple Sénégalais de prendre ses responsabilités en tant que légataires et protecteurs de ce patrimoine ô combien riche, afin de ne pas tomber dans le piège de politiciens à la foi douteuse. Le Sénégal est un et indivisible pourvu que les démons de la division nous laissent vivre en paix.



Jeudi 12 Janvier 2012
Cheikh Ahmed Tidiane sy




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