Le ministre du Budget tire la sonnette d’alarme : ‘La masse salariale des enseignants est un gros risque pour les finances publiques’


Le ministre du Budget tire la sonnette d’alarme : ‘La masse salariale des enseignants est un gros risque pour les finances publiques’
La masse salariale des enseignants est devenue un sujet de préoccupation majeure pour le ministre du Budget.Selon, Abdoulaye Diop, l’heure est venue de faire, ‘très attention’ pour ne pas faire courir aux finances publiques un ‘gros risque’ dans les années à venir.

La masse salariale des enseignants, qui font plus des 2/3 des fonctionnaires, alourdit les finances publiques. La titularisation universelle, les hausses successives des salaires et des indemnités et le recrutement massif y sont pour quelque chose. ‘Il faut véritablement qu’on fasse attention. La charge financière sur les finances publiques va être très lourde pour le paiement des salaires des enseignants. Déjà, elle est très lourde. Et si l’on continue, cela va l’être davantage’, prévient le ministre du Budget, Abdoulaye Diop. Il répondait ainsi à la sénatrice Sokhna Dieng Mbacké, au sujet de la prise en charge salariale des enseignants, lors du vote du budget du ministère de l’Enseignement élémentaire, moyen, secondaire et des Langues nationales. Cependant, le ministre du Budget a précisé que ‘cela ne veut pas dire qu’il y a une pléthore du point de vue des effectifs’. ‘Je pense que les effectifs que nous avons aujourd’hui sont conformes aux besoins exprimés pour prendre en charge les besoins d’éducation dans les écoles primaires, les collèges et les lycées’, note le ministre.
D’après les chiffres officiels, 70 % du budget du ministère de l’Enseignement élémentaire, moyen secondaire et des Langues nationales, qui est arrêté à 314 milliards pour 2012, servent à payer des salaires. Ce qui fait dire à Abdoulaye Diop, en charge du Budget, que ‘cette masse financière importante’ fait peser des risques sur les finances publiques dans les années à venir. D’ailleurs, selon lui, l’année dernière, le gouvernement a été obligé de faire un dépassement budgétaire pour faire face aux besoins financiers du secteur. Parce qu’on avait coupé 20 à 25 % des dépenses de chaque ministère. ‘Cette année, se réjouit-il, on touche du bois, c’est moins compliqué’.

Si le secteur de l’éducation pèse si lourdement jusqu’à menacer les finances publiques, c’est parce que le budget national à lui tout seul ne suffit pas pour prendre en charge les dépenses de personnel et d’investissement. ‘Les problèmes du secteur, c’est qu’il faut prendre en charge les besoins d’éducation en tant que pays pour éduquer les populations. Mais aussi on a des objectifs mondiaux d’atteinte des Omd. Et, cela nécessite beaucoup d’ argent parce qu’il faut créer des écoles, collèges et des lycées’, note-t-il.

Le ministre ajoute que du point de vue de la gestion administrative du personnel aussi, il a fallu faire un choix : ‘Je ne peux pas dire qu’il a été généreux, mais le gouvernement a voulu accompagner les enseignants dans leurs demandes, dans le cadre d’une politique bien déterminée. C’est pourquoi, aujourd’hui, on passe plus facilement de volontaire à maître contractuel, de vacataire à professeur contractuel. Et également, on passe tout simplement de professeur contractuel à fonctionnaire, comme on passe tout simplement de maître contractuel à fonctionnaire’. Sans compter que les salaires des enseignants ont été revalorisés en les donnant beaucoup d’indemnités. ‘Si l’on fait le cumul de tout, cela devient quelque chose détonnant. Et du point de vue des finances publiques, c’est un gros risque que nous devons agresser sérieusement pour pouvoir gérer cela dans une perspective d’atteinte des Omd. Vraiment, c’est un exercice très compliqué’, alerte Abdoulaye Diop.

Ainsi, le ministre du Budget regrette qu’’en même temps qu’on fixe des objectifs, au niveau mondial, les pays développés n’accompagnent pas suffisamment nos Etats dans le financement de toutes les actions de l’éducation’. ‘Aujourd’hui, très honnêtement, les montants qu’ils mettent à notre disposition sont très insuffisants pour nous permettre d’aller vers ces objectifs-là. Donc, nous sommes obligés de faire l’effort sur nous-mêmes. Et le risque d’ici là, c’est que si ces ressources ne sont pas augmentées au plan international et étant obligés de faire l’effort en interne pour le secteur de l’éducation, pour le secteur de la santé dans les années à venir, les autres ministères, malheureusement, risquent de pâtir de cette situation’, informe-t-il.

Mamadou SARR
( WALF )
Mercredi 7 Décembre 2011




1.Posté par HAND le 07/12/2011 16:26
merci Mr Abdoulaye diop Ministre du Budget d'éclairer nos lanternes sur les efforts faits par le gouvernement du sénégal en matière d'emploi et de travail! les enseignants beaucoup plus aux avantages financiers qu'à leur travail!
Nous vous soutenons sur les efforts faits pour tenir trés bien même les deniers de l'ETAT!!!!



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