Le groupe terroriste Boko Haram publie une nouvelle vidéo sans que n'apparaisse son chef Shekau

Le groupe armé nigérian Boko Haram a publié une nouvelle vidéo dans la nuit de mardi à mercredi, sans que son commandant Abubakar Shekau n'y figure, donnant du crédit à l'armée nigériane qui affirme l'avoir grièvement blessé dans un bombardement.


L'enregistrement de 13 minutes posté sur YouTube montre un homme dans un long kamis blanc, vraisemblablement un imam, qui préside les prières de l'Aïd devant des centaines de villageois amaigris ainsi que devant des enfants, présentés comme des soutiens aux combattants islamistes.

Un autre commandant, un sabre dans les mains et entouré d'hommes en armes, conduit la foule, affirmant qu'il représente la faction de Shekau, mis à l'écart début août par le groupe Etat Islamique (EI) auquel Boko Haram avait prêté allégeance en mars 2015.

"Mes frères, aujourd'hui nous célébrons l'Aïd (...) dans le califat islamique sous le contrôle d'Abubakar Shekau, qu'Allah le protège", prêche le même homme dans une mosquée cette fois.

L'armée nigériane a annoncé le 23 août que Shekau avait été "mortellement blessé", avant de se raviser et d'assurer qu'il avait été "très grièvement blessé à l'épaule" dans un raid aérien qui a tué plusieurs commandants de Boko Haram.

L'homme sur la vidéo a ensuite visé directement le gouvernement de Muhammadu Buhari, promettant que le mouvement jihadiste ne se rendrait jamais malgré les opérations militaires en cours dans le nord-est du pays. "Ni reddition, ni capitulation", lance-t-il.

Le mois dernier, l'EI a nommé Abou Mosab Al Barnaoui, le fils du fondateur du mouvement Mohammed Yusuf, comme nouveau commandant de Boko Haram.

Il n'apparaît pas certain que la vidéo ait été tournée dans la forêt de Sambisa, la zone de repli de la faction de Shekau, à la frontière entre le Nigeria et le Cameroun.

Lancée en 2009, l'insurrection de Boko Haram a fait 20.000 morts et 2.6 millions de déplacés et plusieurs milliers de personnes ont été enlevées par le groupe. La situation humanitaire dans l'Etat du Borno (nord-est) est catastrophique, plus de 50.000 enfants risquant de mourir de faim d'ici la fin de l'année, selon l'Unicef.

Avec AFP
Mercredi 14 Septembre 2016
Dakaractu



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