Le djihadiste français Omar Omsen, toujours vivant, apparaît dans un reportage

La mort de ce Niçois auteur de nombreuses vidéos de propagande djihadiste avait pourtant été annoncée l'an dernier.


Sa mort avait été annoncée, sans être confirmée, en août 2015. Omar Omsen, qui se targue d'être l'un des principaux recruteurs de djihadistes français en Syrie via ses vidéos de propagande, est cependant bien vivant: il apparaît dans un sujet intitulé «Djihad, les recruteurs» diffusé sur France 2 jeudi prochain dans l'émission Complément d'enquête.
Omar Omsen se présente comme l'Émir autoproclamé d'une katiba (groupe de combat) de Français, affiliée au Front Al-Nosra, branche syrienne d'al-qaida. L'homme de 41 ans, bien connu des services de sécurité français, a lui-même contacté le journaliste Romain Boutilly en apprenant qu'il faisait un sujet sur les recruteurs, indique le site de Francetv info. Il assure avoir mis en scène sa mort «afin de pouvoir sortir de Syrie pour subir une importante opération chirurgicale dans un pays voisin, sans se faire repérer. Une mort pour sortir des écrans radars des nombreux services de renseignements qui le traquent.» Selon le journaliste, qui reprend les propos du djihadiste, son groupe serait composé de «50 combattants» dont une quinzaine de Niçois, où a vécu Omar Omsen.

Le djihadiste aurait lui même organisé le planning du tournage afin de montrer la vie quotidienne dans son camp. Selon Le Monde, qui a pu visionner les rushs de l'interview, le recruteur sénégalais revient longuement sur sa vision du djihad, et se démarque des méthodes de l'État islamique qui a «une compréhension de la charia différente de la» sienne. Il justifie toutefois les attentats qui ont frappé la France en 2015: «Ils ont été faits en représailles aux frappes françaises sur des femmes et des enfants». Chose surprenante, ajoute Le Monde, il apporte son soutien à Marine Le Pen: «Si les Français ne veulent pas la guerre, ils votent Marine Le Pen. Elle est une femme, d'accord, qui est on peut dire raciste, mais au moins elle défend les vraies valeurs de la France. Cette femme a demandé aux troupes françaises de revenir parce que cette guerre-là ne les concernait pas. Eh bien, elle a tout à fait raison.»
Vidéos de propagande

Né à Dakar, au Sénégal, Omar Omsen, de son vrai nom Omar Diaby, arrive en France lorsqu'il a 5 ans. Sa famille s'installe dans un quartier sensible de Nice. Il tombe dans la délinquance à l'adolescence. En 1995, il est condamné à cinq ans de prison pour un meurtre lié à un règlement de comptes entre deux cités de Nice. Mis en cause par la suite dans plusieurs braquages, il se serait radicalisé en prison. Il rejoint la Syrie en 2013 pour prendre la tête d'une brigade pro al-qaïda, principalement constituée de jeunes Niçois.
Ce professionnel du cyberdjihadisme s'est fait un nom via ses nombreuses vidéos de propagande à l'attention des adolescents, et notamment ce qu'il présente comme sa «série documentaire» intitulée «19HH» (en référence aux 19 terroristes impliqués dans les attaques du 11 septembre 2001, les deux «H» représentant les deux tours du World Trade Center). Des vidéos tournées à fort renfort d'effets spéciaux dans lesquelles il ne prétend raconter «la véritable histoire de l'humanité».
Ce n'est pas la première fois qu'il s'exprime directement aux médias. En décembre 2014, il apparaissait pour la première fois à visage découvert dans une vidéo d'Al-Jazeera. En février 2015, il participait à un long entretien avec une journaliste de BFMTV. Ce nouveau coup médiatique intervient alors que s'ouvre ce lundi à Paris le procès des djihadistes de la «filière de Strasbourg» (parmi lesquels le frère d'un des kamikazes du Bataclan), partis en Syrie de décembre 2013 à avril 2014 et dont les membres avaient été recrutés en 2013 par Mourad Fares... un ancien lieutenant d'Omar Diaby.
Lundi 30 Mai 2016
Dakar actu




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