Le dilemme entre le retour de la peine de mort et le respect des Droits humains


Le dilemme entre le retour de la peine de mort et le respect des Droits humains
Moins d’un mois, plus de trois voire cinq individus rien qu’à Dakar ont perdu la vie, suite à des contentieux liés à des insultes, de l’argent quel soit beaucoup ou pas ou même à des cigarettes bref des affaires banales…
Et aujourd’hui la mort de l’ex conseillère du CESE en est une parfaite illustration.
Pourtant il y a quelques années, les analystes faisaient croire que le Sénégalais fait partie des moyens violents surtout comparé à quelques pays qui nous ceinture et dont la bonne foi nous interdit de citer.
Mais aujourd’hui face à la recrudescence des assassinats et meurtres, la passivité du sénégalais mérite d’être remise en cause.
Faut-il réinstaurer la peine de mort qui a été abrogée depuis 2004 ?
Les idées sont divergentes du fait que d’un côté le simple sénégalais a besoin de la protection de ses autorités étatiques à qui incombent cette garantie, qui détiennent la force régalienne (police et gendarmerie) mais de l’autre côté, il ne faut pas ignorer aussi que notre pays est signataire de plusieurs conventions internationales liées aux Droits de l’Homme. Et en matière de Relation internationale, dès lors qu’un pays ratifie une convention n’importe laquelle, il reste lié à ce texte. Et qui « lié » ne pourra plus l’ignorer.
C’est la raison pour laquelle certains pays qui avaient dans leur arsénal juridique le terme « Peine de mort » a vu abroger un tel texte, car estimant que la peine de mort  ne rime pas avec le respect de la dignité humaine. C’est la raison pour laquelle, après 4ans à la tête du pays, le Président Wade a retiré un tel texte dans notre dispositif juridique. Est-ce que c’était nécessaire ?
Est-ce que la condamnation à une peine de travaux forcés à perpétuité est dissuasive pour les caïds vus que dans les geôles, ces derniers dictent souvent leurs lois mêmes aux gardes pénitentiaires.
Il serait vraiment difficile voire impossible pour un Etat surtout africain de mettre derrière chaque sénégalais un policier ou gendarme tout en sachant chaque force de l’ordre a au  moins 10 personnes qui sont sous sa protection. Mais l’urgence, c’est de faire des assises sur ces assassinats et meurtres avant ça ne soit pas trop tard.
Certes la peine de mort n’est pas l’ultime recours, mais il serait bon de la préconiser surtout pour son caractère dissuasif.
De toute façon l’urgence s’impose pour le législateur sénégalais de nous édifier avec un texte plus contraignant.


Par Dr. Cheikh Adiouma Kane, 
Docteur en droit, Enseignant-chercheur, spécialiste au crime organisé et affaires humanitaires.

 
Mardi 22 Novembre 2016
Dakaractu



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