Le devin Cheikh Papa Ndiaye confie à dakaractu: "En 2012, il y aura beaucoup de troubles."


Le devin Cheikh Papa Ndiaye confie à dakaractu: "En 2012, il y aura beaucoup de troubles."
DAKARACTU.COM - Acteur déterminant dans le processus de paix en Casamance, Cheikh Papa Ndiaye, marabout respecté dans la région de Fatick, a accepté de parler à Dakaractu. Il aborde la situation en Casamance avec récemment le meurtre de onze hommes tués dans la forêt. Cet homme qui avait fait parler un arbre à Diabir dans la Casamance profonde est très écouté dans le sud. Il rompt le silence, prévient et annonce que s’il ne voyage pas entre temps, il prendra part à une rencontre prévue les 17 et 18 décembre prochain avec Jean Marie Biagui.
Quelle lecture faites-vous de la situation actuelle en Casamance ?
Depuis 1998 que je m’implique dans la recherche de la paix, je leur (ndlr les gouvernants) répète la même chose. J’en suis arrivé à la conclusion suivante : les gens sont des égarés et tous les efforts que je faisais sont suspendus. Car ça ne peut plus continuer ainsi. A chaque fois que je fais un pas, certains gâchent tous mes efforts. Ceux qui sabotent sont nombreux et ils sont de tous les bords. Je n’ai pas été impliqué dans ce processus de paix par quelqu’un. Non, les efforts que j’y fournis me viennent du bon Dieu. Je ne vais jamais en Casamance par hasard et je ne leur demande jamais ce qui se passe mais je leur dis plutôt comment ils doivent faire pour éviter telle chose. C’est qu’il est aujourd’hui difficile de savoir s’ils veulent la paix oui ou non.
Qu’est ce qu’il faudrait faire selon vous ?
Il faut que le gouvernement discute avec ceux avec qui il souhaite la paix dans le sud parce la question que je me pose c’est de savoir si vraiment il veut la paix. Tant qu’ils (ndlr les gouvernants) ne passeront pas par là où il faut passer, la paix n’existera pas. La voie indiquée c’est la discussion. La MFDC, ce n’est pas seulement la branche armée, celle civile ou politique. Le problème de Casamance implique tout le monde. Ce n’est pas un problème de l’Etat mais plutôt celui de toute la nation. L’Etat doit écouter ceux qu’il doit entendre et faire ce qu’il faut et c’est seulement ainsi que la paix sera possible. Ceux-là (ndlr les ethnies de la Casamance impliquées) ont tous prêté serment. Et pour résoudre ce problème il faut que tous soient aussi impliqués et qu’on ne parle pas à certains pour en écarter d’autres.
La dernière attaque meurtrière où 11 personnes ont été tuées, selon vous qui sont responsables ?
Je ne veux accuser personne. S'il y a eu une attaque, qu’on aille chercher qui le faisait d’habitude. Depuis le mois de mai 2010, je ne suis pas parti en Casamance. J’y avais déjà accompli un gros travail mais depuis lors je ne peux plus continuer sur des bases sans fondement. Pourquoi ils (ndlr le gouvernement et ses responsables) ne m’ont pas laissé terminer mon travail ? J’avais réussi à réunir toute la zone de Ziguinchor, Oussouye et il ne me restait qu’une seule partie qu’est Bignona. Les acteurs réels ne vont jamais se prononcer là desus parce qui le fait mourra. Ils avaient tous juré de ne pas en parler. C’est un problème mystique très complexe. Il faut rendre à César ce qui appartient à César.
Donc est-ce l’Etat qui vous bloque ?
Ah ! Je ne sais pas. Dieu sait que j’étais véridique mais je ne peux pas en dire autant pour ceux avec qui je travaillais. Je suis une créature divine. La situation en Casamance me fait mal car ce sont des Sénégalais qui se font la guerre. Ces soldats, ces hommes et femmes qui y vivent sont très peinés et cela m’afflige beaucoup. Pourquoi ne pouvons-nous pas nous réunir autour d’une table et discuter ? Quand je partais en Casamance le 17 mars 1999, j’avais réuni Sidy Badji, Abbé Diamacoune, dans la forêt à Diabir. Après moult discussions, quand l’arbre leur a parlé, ils ont tous été convaincus. C’était à l’époque du ministre de l’Intérieur le Général Niang, Youba Sambou ministre des Force Armées. Nous avions tous discuté dans le cadre du processus de paix. Ils avaient compris combien ma contribution était déterminante là-dessus. Mais quand ils ont rendu compte au président de la République, ils ont omis de lui dire beaucoup de choses. Je vous dis qu’il se passe beaucoup de choses.
Cela déteint forcément sur la situation politique et sociale du Sénégal en général avec l’élection présidentielle qui se profile à l’horizon...
Vous savez, les élections je ne peux pas me prononcer là-dessus pour le moment. Il y a certes une tension mais tout dépend de Dieu. En 2012, il y aura beaucoup de troubles. Il y aura des tensions et tant qu’ils ne feront pas ce qu’ils doivent faire cela va perdurer.
Comment faire pour remédier à cette situation ?
Je ne prédis pas, mais il y a quelque chose de divin qui me fait parler. Je ne me limite qu’à Dieu. Il faut qu’ils retournent vers Dieu, qu’ils le craignent et s’évertuent à être honnêtes. Qu’ils soient conscients que le pouvoir est d’ordre divin car c’est Dieu qui choisit ses dirigeants, c’est Lui qui les élit. Aussi s’ils veulent vraiment construire ce pays, ce n’est pas la peine de se faire la guerre, de se chamailler. Il reste deux mois avant 2012, d’ici janvier, beaucoup de choses peuvent se passer. Je ne peux concevoir que tu veuilles une chose que les gens se mobilisent à te donner et qu’une fois cette chose acquise que tu regardes les gens vivre dans de mauvaises conditions. Ils ne doivent pas laisser ce pays plonger dans le chaos. Chacun se tait et laisse faire. Pourquoi les chefs et guides religieux ne disent rien ?
Y aura-t-il une alternance politique en 2012 ? Wade va-t-il quitter avec son équipe ?
Lou doul diékh amoul, il n’y a rien d’éternel. Senghor est passé de même qu’Abdou Diouf. Celui qui est actuellement là (ndlr Abdoulaye Wade) va aussi finir son temps et part un jour. Seul Dieu est éternel. Qu’ils ne soient pas aveuglés par la richesse, les biens terrestres. Je ne fais pas de la politique j’ai une autre mission qui est de faire en sorte qu’il y ait la paix au Sénégal. Depuis 2009, je demande que l’on fasse quelque chose pour la paix, mais personne ne m’écoute. J’avais prévu des événements comme le naufrage du bateau le Diola, la mauvaise saison des pluies et tant d’autres événements malheureux.
Jeudi 24 Novembre 2011




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