Le député Pape Diallo dit Zator M'baye : « Malick Gackou disait de Moustapha Niasse qu’il était son "Dieu politique"… Nous aurons échoué si après Macky Sall, quelqu’un en dehors de BBY prenait le pouvoir! »

Le fait que l’Alliance des Forces de Progrès ait connu le départ de sa responsable des femmes et de son responsable des jeunes, n’émeut pas pour autant le député Pape Diallo dit Zator Mbaye qui, dans cet entretien, revient sur les divergences ayant conduit à ces départs. Par ailleurs, il exprimera son point de vue sur la succession de Macky Sall qui selon lui, devrait revenir à un membre de Benno Bokk Yakaar, sinon ce serait un grave échec de leur part...


Le député Pape Diallo dit Zator M'baye : « Malick Gackou disait de Moustapha Niasse qu’il était son "Dieu politique"… Nous aurons échoué si après Macky Sall, quelqu’un en dehors de BBY prenait le pouvoir! »
L’actualité à l’AFP est dominée par de nombreux départs et le dernier en date est celui de Mata Sy Diallo, responsable des femmes. Comment l’avez-vous perçu ?

Madame Mata Sy Diallo a fait une déclaration pour annoncer son départ qui était déjà constaté par le parti depuis belle lurette. En effet, cela fait au moins deux ans qu’elle s’était mise en rupture de ban avec le parti, qu’elle n’animait plus l’instance des femmes. On ne la voyait plus ces deux dernières années prendre des positions sur l’actualité politique. Et le parti a été traversé entre temps par des soubresauts, et personne ne l’a vue se prononcer. Elle a gardé un silence coupable et nous n’avons pas attendu puisque nous avions considéré que qui ne dit mot consentait. Et qu’elle était peut être en harmonie avec ces frondeurs, raisons pour lesquelles le parti avait pris toutes les dispositions pour mettre en ses  lieu et place son adjointe, conformément à la circulaire 19.

Je dois préciser qu’au-delà du mouvement de femmes, elle avait aussi en charge le programme OMA (organisation, mobilisation et animation) qui n’a jamais fonctionné. Donc nous avons considéré depuis très longtemps qu’elle avait quitté le parti. Ce qui nous aurait surpris, c’est qu’elle dise qu’elle était encore membre de notre parti!

Ce départ ne vous surprend donc pas ?

Mais non, elle était partie depuis très longtemps. Et les gens ont des ambitions diverses et nous comprenons les raisons pour lesquelles, elle est partie. L’AFP est dans une phase de croisière, le rythme est très soutenu et les personnes qui ne pourront pas être dans le tempo partiront.

Elle a fait part d'un complot ourdi sur son dos de la part de membres du parti, d’autant plus qu’elle était en convalescence. Confirmez-vous cela ?

Elle aurait dû aller jusqu’au bout de sa logique pour dire qui l’a évacuée en France, qui a pris à son compte les charges médicales. On ne peut pas parler de complot, parce que s’il s’agissait de cela, on aurait pu mettre quelqu’un d’autre à la place de Madame Mata Sy Diallo. Le Secrétaire Général  a tout fait pour couver Madame Mata Sy Diallo, contrairement à la volonté de camarades du parti qui pensaient qu’il fallait la remplacer et mettre un autre camarade du parti à la tête d’un ministère. De par son fait, l’AFP a perdu un département ministériel. On est présent dans le Gouvernement avec un seul département. Auparavant, Madame Mata Sy et Malick Gackou occupaient les deux postes dévolus à notre appareil. On ne peut vraiment pas parler de complot dans ce cas.

Voulant l’aider, le parti l'a casée au niveau d’un conseil d’administration de la Société Nationale de Recouvrement et je dois vous avouer que durant tout ce temps, elle a choisi délibérément de ne pas s’activer; elle n’était pas régulière aux réunions des instances du parti et je pense que même ces cotisations elle les avait arrêtées à un moment donné. Tous ces points qui ont fait que nous avons constaté de fait son départ du parti, et à ce titre, nous ne lui devons rien. Elle a été Présidente du Conseil Régional de Kaolack de par le parti, ministre du commerce et de l’industrie de par le parti, Présidente de conseil d’administration de par ce même parti. Franchement, ce parti lui a donné tout ce qu’il pouvait donner à un militant.

Mais tous ces départs ne sont-ils par le fait de la soumission de votre parti à celui du Chef de l’Etat ?

Il ne s’agit aucunement d’une soumission, mais d’un choix stratégique. Il est dans la vie d’un parti des moments où on ne parle pas de parti politique, d’individualité, mais de l’Etat, de la République, qui nous unit tous. Que pourrions-nous devenir sans l’Etat sénégalais? Je pense que notre parti a fait une analyse très froide de la situation politique. Nous avons hérité d’un pays sens dessus-dessous et alambiqué. Qu’est-ce qu’il fallait à partir de ce moment ? Il fallait donc que tous les efforts s’unissent pour relancer l’économie du pays et faire tourner à nouveau la machine. C’est une tâche à laquelle s’adonne le Président de la République qui a respecté tous ses engagements. Gagner ensemble, gouverner ensemble. Telle était son engagement!

Pour la première fois dans l’histoire politique de ce pays, une coalition reste ensemble trois ans après une élection présidentielle. Quelles que soit par ailleurs les difficultés rencontrées au sein de la coalition, on reste fidèle à cette ligne qu’avait tracée le Président.

Les uns et les autres assument au sein du Gouvernement des responsabilités dont l’AFP. On assume nos responsabilités, y compris  la gestion bonne ou mauvaise de Madame Mata Sy Diallo et de Mr. Malick Gackou à la tête des ministères qu’ils ont dirigés. Alors ceci étant, nous ne pouvons pas demain nous démarquer face à un bilan qui comptabilisera tous ces points positifs et négatifs après nous être présentés devant tous les Sénégalais.

C’est pour cela que l’AFP, le 10 Mars, a pris une décision souveraine en bureau politique auquel avait assisté et participé Madame Mata Sy Diallo, qui avait pris la parole, pour faire de Macky Sall notre candidat aux prochaines présidentielles. Une écrasante majorité s'était dégagée en faveur de cette option stratégique. Et je crois que dans les prochains jours, beaucoup de partis vont nous rejoindre dans cette direction et l’option finale aujourd’hui c’est qu’au-delà du Président Macky Sall, nous devrions en tant que coalition Benno Bokk Yakaar, trouver le successeur dans cette même coalition pour permettre à ce PSE de pouvoir se dérouler tranquillement. Nous aurons échoué après les deux mandats du Président Macky si quelqu’un en dehors de la Coalition prenait les rênes du pouvoir pour revenir sur tout ce qui a été fait sur le PSE.

Mais tous ces départs ne risquent-ils pas de placer l’AFP dans une crise ?

Non pas du tout, le week end dernier nous étions à Thiès, ce week-end ci nous serons à Kaffrine. Le parti est en train de se départir de toutes ses feuilles mortes, toute cette gangrène, qui ralentissait à un moment donné le parti. Toutes ces personnes avaient ourdi une stratégie depuis le congrès de 201, pour paralyser les différentes structures sous la vision éclairée de Malick Gackou qui avait son plan. Il fallait neutraliser le mouvement des jeunes, neutraliser celui des femmes et aussi quelques personnalités du bureau politique. Aujourd’hui il se découvre à la face du monde, parce que je demeure convaincu que tous les efforts qu’il est en train de mener dans son nouveau « Grand parti » ou « grand petit parti », s’il les avait menés dans le parti on n’en serait pas arrivé à ce niveau. Il ne s’est jamais évertué à développer sa base politique de Guédiawaye, lors des locales il a perdu et son centre et son bureau de vote. Il ne s’est jamais intéressé au développement de notre appareil politique.

Une des raisons pour lesquelles cela ne nous émeut pas, c'est que nous avions l’habitude d’entendre ses déclarations en bureau politique, déifiant à la limite Moustapha Niasse. Alors si les gens peuvent dire une chose et se dédire après, ce qui est très grave, c'est leur affaire.

Cela peut émouvoir les gens, mais nous autres qui étions là…, je peux vous assurer qu’un jour il a juré sur le coran qu’il ne quitterait jamais le Président Niasse. A sa place j’aurais rendu un hommage au président Niasse qui a construit un nouveau leadership politique. Nous avons pu apprendre, assimiler et essayer de montrer ce que nous avons appris. Nous jeunes qui sommes à la fin de sa carrière politique, nous avons une responsabilité plus importante que ceux là qui ont été avec lui au début de sa carrière. Nous devons lui assurer une très belle sortie de carrière politique.

L’actualité de ce jour est la mission d’audit de l’IGE à la mairie de Dakar. Cela ne comporterait-il pas des relents politiques ?

C’est une exigence populaire, et quand nous étions dans l’opposition, la reddition des comptes était un des points fondamentaux de la plateforme que nous avions proposée. Et le Président a toujours fait de cela son credo, il est très normal qu’après avoir géré les deniers publics, que l'on rende compte. Vouloir politiser cet acte ressort pour moi d’une hérésie. Quand on gère des comptes il faut s’attendre à rendre compte. Même son salaire quand on le perçoit, il arrive un moment où on fait le point. Il faut que les sénégalais sachent raison garder, depuis l’avènement de la deuxième alternance, énormément de points ont été posés pour la bonne Gouvernance, des instruments permettent de se préparer à une future reddition des comptes. Jamais dans l’existence d’un pays, la déclaration de patrimoine n’a été institutionnalisée. Nous encourageons les enquêteurs à aller dans les mairies et partout. Elles ne sont pas des entités à part.

La question se pose parce que Khalifa Sall est présenté comme futur successeur de Tanor Dieng et peut-être même du président Macky Sall

Khalifa Sall lui-même est très content de cette mission. Je pense que c’est un commis de l’Etat et je suis sûr qu’il est préparé à cela. Il est connu comme étant un produit de l’Etat Sénégalais ; mais ce sont justement ses partisans qui jettent l’anathème. Je me battrais contre tous les caciques, aussi bien ceux qui sont du côté de Khalifa Sall que du côté de Macky Sall ; Je considère qu’entre eux doit régner une osmose politique, relativement ils sont de la même génération, et le Sénégal a besoin de leur entente pour que leur expérience diverse et diversifiée se mettent au service de la nation pour l’intérêt des sénégalais. Mais malheureusement nous assistons à des déclarations incendiaires pour faire élire tel ou tel autre. Mais l’intérêt pour moi aujourd’hui est que tout le monde se mette autour d’une même table pour l’intérêt du pays.

La situation économique est menacée par les inondations dans certains quartiers de Dakar, malgré les efforts qui sont faits, ainsi que la question de l’agriculture et des intrants comme l’engrais qui sont détournés. Qu'est-ce que cela vous inspire?

Pour l’hivernage je pense que c’est de l’ordre divin. L’eau semble cette année abondante et je pense que c’est le meilleur pour les paysans. Les calamités cela existent partout, même dans les pays les plus développés. Ceci étant, il ne faut pas occulter les efforts incommensurables faits par l’Etat du Sénégal depuis trois ans. J’en veux pour preuve toutes ces zones qui étaient habituellement inondés, il n’y a pas eu cette année d’inondation. Vers le Rond-point Sénégal 92, il n’y en a pas eu non plus et c’est une zone repère. Maintenant, il y a des bas-fonds qui sont naturellement le lieu de refuge de ces zones pluviales. L’Etat est toujours en train de voir dans une politique structurelle, comment régler ces problèmes étape par étape. Et l’exécutif s’y attelle quotidiennement. Cela prouve sa volonté et le sérieux qu’il prête à cette question lancinante. 

Dans le domaine de l’agriculture, nous notons quelques difficultés et nous alertons parce que le Président accorde une importance capitale à l’agriculture qui est le moteur du développement de notre pays. Et les techniciens s’y attellent pour que ces intrants puissent être remis aux ayants droit. Si ce n’est pas fait, nous alertons et nous demandons aux uns et aux autres de prendre les mesures idoines pour que cette mise à disposition soit faite dans les règles de l’art. Parce l’objectif c’est d’aider le Président à asseoir cette politique agricole qu’il a lancée et dans laquelle on vise l’autosuffisance en riz et tous ces efforts faits dans le domaine de l’agriculture. Mais c’est juste plus de peur que de mal, car nous avons vu le ministre mettre à disposition un certain nombre de matériel et c’est pour le grand bonheur des paysans...
 
Vendredi 14 Août 2015
Dakaractu




1.Posté par @zator le 14/08/2015 13:43
zatr bayil ndaye doul nak fane yi tèpp yangui ratataati rek adada way

2.Posté par Doyen Diop sacré coeur le 14/08/2015 14:41
je sais pas comment un journaliste sérieux peut tendre son précieux micro à ce marchant ambulant de médicament dont son père faisait le tour des cérémonies de Dakar pour chanter les louanges des gens d'ailleurs c'est dans cette perspectives que son fils zator mbaye s'inscrit c'est ca qui reste à l'AFP ces ordures et ces ignorants

3.Posté par trek le 14/08/2015 15:01
Ce type est un délégué médical qui ne rêvait pas un jour être député
Donc il est prêt même à être esclave de macky pour espérer un prochain mandat

4.Posté par Pape SARR le 14/08/2015 19:20
Vous aurez échoué si BENNO venait par perdre le pouvoir, mais le Sénégal gagnera et sortira grand



Dans la même rubrique :
Fidel Castro est mort

Fidel Castro est mort - 26/11/2016