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Le code des marchés publics Sénégalais : un instrument pour la bonne gouvernance ou un nouvel outil de domination au service du néocolonialisme? A vous de juger Mr Birahim SECK !

En effet depuis l’annonce du chef de l’Etat invitant les partenaires et les principaux acteurs de la bonne gouvernance à plus de souplesse et de pragmatisme dans les procédures de passation des marchés publics, une levée de boucliers, notamment de la part de la société civile est notée ça et là pour décrier la sortie du Président de la République. La réaction de monsieur Birahim SECK du forum Civil est d’autant plus surprenante qu’elle suscite même des interrogations tant du point de vue de son opportunité que de celui de sa pertinence.
Selon ce dernier, «les partenaires au développement ont joué un très grand rôle dans la mise en place de ce Code des marchés publics, dans la mise en place de tous les instruments qui accompagnent aujourd’hui la réglementation des marchés publics. Et même pour la mise en place des instruments de contrôle, que ce soit l’Armp, que ce soit la Dcmp. L’Union européenne participe également de façon conséquente à la formation des agents qu’elle finance. Le Canada participe aussi à la formation, puisque permettant à l’Armp de disposer de son centre de formation. La Banque mondiale a pour sa part financé le processus d’élaboration de la réglementation des marchés publics au Sénégal».


Le code des marchés publics Sénégalais : un instrument pour la bonne gouvernance ou un nouvel outil de domination au service du néocolonialisme? A vous de juger  Mr Birahim SECK !

Il enchaine toujours avec ceci : « du fait des modifications qui étaient apportées par le Président Wade en 2010, en extirpant les marchés de la Présidence et de certains ministères, les bailleurs de fonds avaient reculé, mais l’UE avait également bloqué son financement à l’époque, demandant au gouvernement de se ranger derrière la transparence  ».
Avant de rejeter l’idée du chef de l’Etat d’alléger, pour des raisons de cas de force majeure liée aux urgences sociales accumulées depuis des années, les procédures de passation des marchés publics pour le grand bonheur du secteur privé national qui n’a jamais arrêté de tirer sur la sonnette d’alarme, monsieur Birahim SECK devrait mesurer les enjeux de développement et ses conséquences sur les populations sans emploi. Car il faut le rappeler, les procédures  du code des marchés visent essentiellement la transparence, et subsidiairement l’efficacité en matière de taux d’absorption des crédits. Seulement nous ne sommes pas dans un marché de concurrence pur et parfait. Cela n’existe même pas chez ceux-là qui jouent aux gendarmes chez nous. Il faut arrêter cette hypocrisie et aller dans le sens de l’intérêt de notre économie nationale. Comme disaient les Sénégalais sur les routes de WADE, les procédures on ne les mange pas. Sa souplesse  nous aurait permis d’avoir de bons taux de décaissement des financements que les partenaires financiers mettent à la disposition de notre pays.
Ce qu’il faut rappeler ici, compte tenu de notre niveau de développement primaire, c’est qu’il serait suicidaire pour un pays comme le Sénégal de chercher à se hisser au rang des grandes puissances économiques  en matière de respect des procédures ou en bon élève. Le Sénégal n’est pas la France encore moins le Canada ou les Usa. Et même dans ces pays cités, il y’a encore matière à discuter sur leurs procédures souvent moins performantes que celles qu’ils tentent de nous exiger. Cela constitue, de mon point de vue, des « barrières non tarifaires » qu’ils érigent en matière de commerce international pour empêcher nos produits d’rentrer dans leur marché. L’Agoa en est un exemple patent. Une facilité commerciale que les USA ont proposée aux pays Africains en matière douanière sur certains produits susceptibles de pouvoir rentrer chez eux sans droit de douane. Mais il faut noter que l’Agoa est un échec patent dû aux conditions de sécurité alimentaire et de normes exigées. Toutes ces conditions constituent, ce qu’on appelle dans le jargon du commerce international, des barrières non tarifaires. Elles faussent le jeu de la concurrence et du commerce international  dans son ensemble. L’Afrique en est la plus grande perdante. Il est temps que des gens comme Birahim SECK le comprennent en mettant toute leur verve non au service des grandes  puissances occidentales grâce aux moyens desquels ils vivent grassement, mais à celui de leur nation qui les a tout donné. 
En poursuivant toujours son argumentaire, force est de se poser la question de savoir pour qui travaille le Forum Civil? A y regarder de prêt, on ne se tromperait pas d’affirmer qu’il  est pour les puissances occidentales, ce que l’ONG « Médecin Sans Frontière » est pour la France : un bras armé destiné à s’ingérer dans les affaires intérieures des pays indépendants, souverains et souvent les moins avancés pour mieux contrôler leur influences et intérêts vitaux. Tel est la réalité. Birahim SECK est  tellement attaché à ses modèles (la France, les USA, le Canada)   qu’il  sacralise leurs instituions (FMI, Banque Mondiale, Union Européenne) comme le DIEU Akhenaton(le Dieu du soleil dans l’Egypte ancien). Nous devons créer nos propres modèles en fonction de nos propres schémas. 
Mon cher compatriote, je me demande, pendant qu’on y est, qui  financent le forum civil ? Pour quels intérêts? Est-ce pour le développement réel de nos pays ? Autant de questions auxquelles les Sénégalais que nous sommes attendent des réponses tangibles car comme on est dans l’ère de la transparence et de la bonne gouvernance, c’est l’occasion d’éclairer l’opinion. L’expression « avant de balayer devant la porte du voisin, il faut d’abord le faire devant chez soi » est de mise ici.
Monsieur Birahim SECK conclut en ces termes: « du fait des modifications qui étaient apportées par le Président Wade en 2010, en extirpant les marchés de la Présidence et de certains ministères, les bailleurs de fonds avaient reculé, mais l’UE avait également bloqué son financement à l’époque, demandant au gouvernement de se ranger derrière la transparence  ».
Voilà pourquoi les bailleurs appliquent toujours leurs propres principes quand ils financent, renseigne-t-il.
Ces propos trahissent le dessein inavoué du Forum Civil qui est de  porter, comme un cheval de Trois, des intérêts de groupes étrangers inavoués. En effet, faut-il le rappeler les conditionnalités dictées par nos partenaires au développement sont toujours disproportionnées et visent le plus souvent à sauvegarder leurs intérêts financiers, économiques, culturels, commerciaux et stratégiques en Afrique. Pour s’y mouvoir ni vu ni connu, ils créent et financent  des ONG à coup de milliards avec des manuels de procédures bien rodés en matière de propagandes. Ils emploient des méthodes inspirées de la philosophie morale (valeurs de justice, de transparence, d’éthique, de déontologie etc.) pour nous endormir et nous emballer dans leur mission civilisatrice. Vous l’avez donc compris. Les bailleurs vous donnent par la main droite ce qu’ils vous retirent par la main gauche en vous imposant des conditionnalités contraignantes, histoire de vous empêcher, sans le dire, d’absorber les crédits alléchants qu’ils vous proposent(le MCA a failli nous passer sous le nez à cause des conditionnalités draconiennes liées souvent au respect de leur modèle économique et culturel etc. Les financements des bailleurs pour l’atteinte des OMD sont quasiment restés intactes, faute de décaissement suffisant car les procédures sont trop contraignantes. L’aide publique au développement est souvent conditionnée (choix des projets, choix des procédures etc.) de manière à ralentir son décaissement et cela avec des impactes néfastes réels sur nos économies et par conséquent sur notre développement. D’ailleurs, nous n’avons jamais eu la position du forum civil sur les sujets que ces puissances défendent le plus souvent comme l’homosexualité ou la  franc-maçonnerie entre autres. Et pourquoi ? Mystère !
Si nous voulons réussir, nous devons aller vite et bien en comptant d’abord sur nous-mêmes et sur notre capacité à croire et à inventer nos propres références. A savoir dire non quand l’intérêt vital des Sénégalais est en jeu. Le Président de la république a vu juste quand il dit, je le cite en substance: «  il nous faut revoir les procédures de passations des marchés publics pour plus de souplesse afin de nous permettre d’aller vite et bien car je ne suis pas élu pour être noté sur des performances en matière de procédure mais pour bien répondre à la demande sociale entres autres…. » Il a raison car il est attendu sur d’autres urgences plus tangibles, celles de réduire la pauvreté, de répondre à la problématique de l’employabilité des centaines de milliers de jeunes de notre pays, de fournir de l’électricité en quantité suffisante  et de qualité pour nos industries et la consommation des ménages, de faire face à la santé défaillante, à l’autosuffisance alimentaire, à l’industrialisation de notre économie par le biais d’une politique éducative performante et adaptée à nos besoins économiques et commerciaux.
La création d’emplois tant annoncée par tous les gouvernements successifs depuis 1960 a, jusque-là, été un leurre. C’en est la résultante de leur politique de ruse et de politique politicienne. L’emploi se crée, pas avec un gouvernement mais avec le privé. Mais quel privé ? Justement un secteur  privé fort de ses prévisions en perspective notamment en terme de marchés issus de la planification à court, moyen et long terme de la politique de développement définie par l’Etat. Un secteur privé fort et qui crée de l’emploi grâce à la politique volontariste d’une fiscalité de l’emploi. Une fiscalité qui baisse les charges sociales et patronales, favorise la flexibilité de l’emploi et simplifiant la procédure d’embauche. La nouvelle banque nationale d’investissement en cours de création devra être l’axe dorsal de cette nouvelle politique de création d’emploi en finançant massivement le secteur privé national, laissé en marge des possibilités de crédits par les banques étrangères de la place. Ces banque ne financent d’ailleurs que les entreprises étrangères établies au Sénégal et dont les bénéfices sont expatriés à l’étranger. Toutes les grandes banques de la place sont les prolongements des banques occidentales. Elles poursuivant les mêmes politiques que leurs maisons-mère partout en finançant leurs propres économies. Ainsi, apparait nettement un avantage comparatif qu’elles cherchent partout dans le monde en étant accompagnées par des crédits accessibles. Cela leur permet d’être plus compétitives que leurs concurrents  Sénégalais sans moyens ou possibilité de crédit. Elles gagnent tous les gros marchés, respectent mieux les délais d’exécution et de livraison etc. Tout ceci grâce aux ouvertures de ligne de crédits dont elles bénéficient dans la quasi totalité des banques étrangères de la place. Il est urgent de renverser cette tendance en créant ou en permettant au secteur privé national de créer des banques nationales détenues en majorité du capital par des Sénégalais. Car l’emploi se crée dès lors que la croissance est là. Celle-ci est tirée par l’investissement. Qui dit investissement, fait forcément allusion aux projets de l’Etat d’abord, mais de ceux du secteur privé. Le tout doit être soutenu par des banques d’investissements patriotiques, soucieuses du développement réel du pays. Car le développement est d’abord une affaire de volonté des politiques et non de celle des lobbies étrangers bien établis confortablement au Sénégal.
Il est temps de consacrer des ruptures à la hauteur des ambitions du chef de l’Etat en matière de création d’emploi. Et pour cela, il faut aller vite avec le secteur privé national, seul gage de création d’emplois. Les banques de la place sont pour les entreprises étrangères de la place, ce que les ONG sont pour les grandes puissances dominatrices : de faire valoir dans une guerre économique sans pitié. A leurs yeux, l’intelligence économique dicte d’être plus conforme, théoriquement, aux principes de justice et de paix contemporaine (une guerre propre) pour défendre leurs intérêts quasi sacro-saints qu’elles vantent tant: la domination à tout point de vue.
Les ONG sont une nouvelle trouvaille inventée par les occidentaux à la fin des années 1980 pour mieux infiltrer les pays nouvellement indépendants et leur imposer un diktat. Elles sont, en quelque sorte, les bras armés déguisés des intérêts occidentaux dans nos pays africains. Nous comprenons donc par là, la sortie de Birahim SECK du forum, actionnée juste après,  par ses commanditaires pour prendre le contre pied du Président de la République.
Il est plus que temps pour les Africains en général, et les Sénégalais en particulier, de savoir raison gardée afin de mettre en avant les intérêts supérieurs de la nation. C’est une invite que je lance aux différents membres de groupes de pression, d’ONG, de mouvements associatifs de ce pays pour accompagner la politique volontariste et courageuse du Président de la république. Une politique caractérisée par le souci de bonne gouvernance notoire mais aussi par l’exigence de résultats tangibles et urgente en matière de réponses aux  conditions de vie des Sénégalais. D’où l’idée qu’il a eue de lancer la réflexion sur d’éventuelles modifications du code des marchés publics. Ceci pour des soucis non moins de transparence que d’efficacité face à l’attente immense et  impatiente de la demande sociale à laquelle il doit donner réponse sans tarder. Car il faut le rappeler, le Président de la République n’a pas été élu par le forum civil encore moins par l’union européenne, le Canada ou les Usa, mais plutôt par ceux-là qui, publiquement, lui ont rappelé tout récemment qu’ils n’en pouvaient plus d’attendre et encore, et encore. Le Président semble avoir entendu leur cri de cœur. 
 
Mr Ousseynou SECK
Administrateur de société. 
ousseynouseck@hotmail.com
 
Dakar actu




Vendredi 16 Août 2013
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