Le cerveau des attentats de Paris identifié

Bernard Bajolet, directeur général de la sécurité extérieure (DGSE) française, a affirmé qu'il connaissait le commanditaire des attentats de Paris, sans toutefois le nommer, ressort-il de documents diffusés sur le site Internet de l'Assemblée nationale française. Il avait été entendu à huis clos le 25 mai dernier par la Commission d'enquête française 'relative aux moyens mis en oeuvre par l'État pour lutter contre le terrorisme depuis le 7 janvier 2015'.


Le cerveau des attentats de Paris identifié
"Nous connaissons le commanditaire, mais je resterai discret sur ce point. Nous avons maintenant une bonne connaissance de l'organigramme et de la façon dont s'organise le soi-disant État islamique, qui n'est pas un État, et qui est encore moins islamique. Nous avons bien progressé sur ces sujets, nous avons donc une idée de l'identité du commanditaire", a indiqué Bernard Bajolet. 

"Padre"
Concernant Abdelhamid Abaaoud, tué dans l'assaut de Saint-Denis, le patron de la sécurité extérieure a confirmé que le Belge était un coordonnateur et non le commanditaire des attentats de Paris. Au cours du procès de membres de la cellule terroriste de Verviers, il est apparu d'écoutes téléphoniques qu'Abdelhamid Abaaoud, qui dirigeait cette cellule, était sous les ordres d'un certain 'Padre', qui n'avait pas pu être identifié. 

"Nous connaissions plusieurs des auteurs des attentats de novembre. Nous suivions en particulier, depuis le mois de janvier 2015, le réseau Abaaoud, en liaison avec un projet d'attentat du 'groupe de Verviers'. Nous avons aidé nos homologues belges à déjouer cet attentat. Comme vous le savez, Abaaoud a pu s'échapper", a-t-il expliqué. 

Le "professionalisme" des Belges "pas en cause"
"Nous connaissions parfaitement la dangerosité du personnage et savions qu'il nourrissait ce type de projets. Tous les moyens ont été mis en oeuvre : moyens humains, techniques, et coopération avec les partenaires. Cette coopération ne nous a jamais fait défaut, y compris s'agissant des Belges", a-t-il poursuivi. 

"Les Belges ont les capacités qui sont les leurs, mais leur bonne volonté et leur professionnalisme ne sont pas en cause. Nous savions donc qu'Abaaoud était retourné en Syrie, mais nous ne l'avons pas vu ressortir. Nous avons retrouvé sa trace peu après l'attentat du 13 novembre. Il a ensuite été localisé et neutralisé", a ajouté M. Bajolet. 

Interrogé sur la fuite d'Abdelhamid Abaaoud en Grèce liée au démantèlement de la cellule terroriste de Verviers, le directeur général de la sécurité extérieure a soutenu que les Belges n'étaient pas censés savoir qu'Abaaoud était en Grèce et qu'ils n'avaient donc pas de raison de prévenir les Grecs. Il est toutefois ressorti d'écoutes téléphoniques enregistrées avant l'assaut policier à Verviers qu'Abdelhamid Abaaoud tentait de rejoindre la Belgique depuis la Grèce. 

Un "échec" du renseignement intérieur
Bernard Bajolet a reconnu que les attentats "comme ceux du 13 novembre" marquent un "échec" du renseignement extérieur -les attentats ayant été planifiés et organisés en Belgique- et "aussi sans doute un échec pour le renseignement intérieur", tout en évitant de parler de faille.

Le patron de la DGSE a souligné par ailleurs que la France compte quelque 600 combattants en Syrie parmi les djihadistes. "Et il faut élargir ce chiffre pour y intégrer tous les francophones, tenir compte de ceux qui sont déjà revenus et de ceux qui voudraient bien partir", a-t-il ajouté. Et "il ne faut pas oublier que les membres du commando qui a attaqué à Paris le 13 novembre n'étaient pas tous francophones", a-t-il précisé. 

"Quand bien même Daech aura été vaincu sur le plan militaire, les services de renseignement savent que la menace subsistera pendant plusieurs années", a conclu M. Bajolet.
Mercredi 13 Juillet 2016
Dakaractu




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