Le Web s’embrase au sujet d’une CAN 2017 ailleurs qu’au Gabon

C’est le buzz du moment dans l’univers du football africain. La Coupe d’Afrique des nations 2017, prévue du 14 janvier au 5 février, doit être délocalisée en raison du climat politique tendu au Gabon, estiment de nombreux internautes. La CAN 2017 pourrait-elle se jouer au Maroc ou ailleurs ?


Sur les réseaux sociaux, les fans de football africain, surtout ceux d’Afrique du Nord, s’enflamment déjà au sujet de la CAN 2017. Mais pas que pour des raisons sportives. Quelques jours seulement après la fin des éliminatoires, nombre d’entre eux réclament en effet une Coupe d’Afrique des nations 2017 organisée ailleurs qu’au Gabon.

En cause, les violences politiques qui font suite à la réélection contestée d’Ali Bongo, à la présidence du pays. De fait, le climat est tendu dans ce pays de moins de 2 millions d’habitants qui a déjà co-organisé la CAN 2012 avec la Guinée équatoriale.

« Bizarrement je me demande toujours où vous allez jouer cette CAN 2017, lâche avec ironie un Internaute sur Facebook. Au Gabon ? Avec quel public ? » « Si les affrontements continuent, la CAF sera dans l'obligation de penser à un plan B, estime, sur Twitter, un étudiant marocain en relations internationales. La stabilité est une condition majeure ».

Pas de plan B pour le moment

#PlanB va-t-il devenir le mot-dièse à la mode dès qu’on parle de la CAN 2017 sur les réseaux sociaux ? Du côté de la Confédération africaine de football, on assure ne pas travailler à une solution de repli, pour le moment.

Si la situation continue à se dégrader au Gabon, la CAF pourrait certes évoquer le sujet en marge de son Assemblée générale extraordinaire, prévue le 29 septembre au Caire. D’ici là, la phase finale du tournoi est toujours prévue du 14 janvier au 5 février et son tirage au sort le 19 octobre 2016 à Libreville.

D’une part parce que la CAF entretient d’excellentes relations avec les autorités gabonaises. Elle sait ainsi que les Gabonais adorent le football. D’autre part parce que la Confédération en a vu d’autres ces dernières années… Elle avait notamment réattribué la CAN 2015 à la Guinée équatoriale, le 14 novembre 2014, deux mois seulement avant le coup d’envoi de la compétition. L’organisme tutélaire du foot africain estime donc, sans doute, qu’il a encore le temps de réagir.

Le Maroc plébiscité sur les réseaux sociaux

Les Internautes, journalistes compris, n’ont pas cette patience. Nombre d’entre eux plébiscitent une CAN en Afrique du Nord notamment, pour changer de l'Afrique centrale. La presse algérienne a ainsi sondé le ministre de la Jeunesse et des Sports, El Hadi Ould Ali, qui a botté en touche. Les médias algériens estiment pourtant que leur pays, candidat malheureux à l’organisation de la CAN 2017, ne serait pas choisi comme remplaçant. D’une part parce que plusieurs stades ne seraient pas prêts à temps. Et d’autre part parce que le président de la Fédération algérienne de football, Mohamed Raouroua, n’entretiendrait plus d’aussi bons rapports avec le patron de la CAF, Issa Hayatou.

Dans ces conditions, le Maroc se retrouve au centre des rumeurs. Parce que le pays a les moyens et les capacités d’organiser le tournoi. Sauf que les relations restent fraiches entre la CAF et les autorités marocaines. Celles-ci devaient en effet accueillir la CAN 2015 mais en avaient été dessaisies suite à des demandes répétées de report du tournoi, officiellement par crainte d’une propagation du virus Ebola sur le sol marocain.

La rumeur marocaine est-elle crédible ?

Le Maroc aurait-il seulement envie d’être l’hôte de la CAN 2017 ? La Coupe d’Afrique représenterait-elle un réel enjeu pour le Royaume chérifien, habitué à organiser des compétitions majeures ? D’autant que le plus grand événement sportif d’Afrique rapporte généralement assez peu de recettes touristiques et marketing au pays organisateur. La CAN génère surtout de juteux revenus liés à la retransmission télévisée des matches. Des droits commercialisés par la société Sportfive contre un contrat d’un milliard de dollars signé avec la CAF en 2015.

Qu’aurait le Maroc à gagner dans cette hypothèse encore lointaine ? Une normalisation de ses relations avec la CAF d’abord. Et son soutien précieux si les dirigeants marocains décidaient de se présenter à l’organisation de la Coupe du monde 2026 ou 2030, après avoir échoué de peu pour l’édition 2010. D’autant que les nombreux présidents de fédérations africaines, membres du Congrès de la Fifa, participeront désormais au vote désignant la nation-hôte du Mondial. Dans la même idée, le Maroc redorerait aussi son blason après une Coupe du monde des clubs 2014 mal gérée.

Enfin, une CAN 2017 à domicile offrirait une chance supplémentaire aux Lions de l’Atlas de briller, eux qui n’ont plus franchi les quarts de finale d’un grand tournoi depuis la finale de la CAN 2004 en Tunisie.

Des internautes anglophones plus silencieux

Les Internautes anglophones restent pour le moment beaucoup plus silencieux au sujet d’une éventuelle délocalisation de la CAN 2017. Le Ghana, autre candidat battu par le Gabon, est pourtant un autre recours potentiel, grâce aux quatre stades hérités de la CAN 2008.

On en oublierait presque, enfin, que cette édition 2017 devait initialement avoir lieu en Afrique du Sud. Les Sud-Africains avaient en effet accepté d’échanger avec la Libye leur CAN 2017 contre la tenue de la CAN 2013. Les Libyens, incapables d’accueillir la mouture 2013 pour des raisons de sécurité, avaient ensuite dû renoncer à celle de 2017, en août 2014. Sur les réseaux sociaux, nombreux sont ceux à penser que le roman-feuilleton n’est pas fini.
Vendredi 9 Septembre 2016
Dakaractu



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