Le Venezuela en deuil bascule dans l'après-Chavez

CARACAS (Reuters) - Le Venezuela a basculé mercredi dans une période de transition incertaine au lendemain de la mort d'Hugo Chavez, vaincu par un cancer après 14 années d'une "révolution bolivarienne" que ses partisans vont tenter de perpétuer malgré sa disparition.


Le Venezuela en deuil bascule dans l'après-Chavez
Bouleversés, des dizaines de milliers de chavistes ont accompagné le cortège funèbre mercredi dans les rues de Caracas, drapés dans des drapeaux bleu, rouge et jaune, couleurs du pays, en signe de deuil.
Nicolas Maduro, actuel vice-président et candidat du pouvoir en place lors du prochain scrutin présidentiel, était au premier rang.
Beaucoup de partisans du charismatique président vénézuélien ont éclaté en sanglots lorsque le corbillard, escorté de soldats à béret rouge, a commencé à circuler dans les rues du centre-ville tandis que la voix du défunt président retentissait dans des haut-parleurs, chantant des chansons.
La dépouille d'Hugo Chavez, décédé à 58 ans après deux ans de bataille contre un cancer détecté dans la région pelvienne, doit être transférée mercredi dans une académie militaire, où elle sera exposée jusqu'aux obsèques prévues vendredi. Un deuil national de sept jours a été décrété.
"Les obsèques de Chavez seront à la hauteur de celles d'Eva Peron", prédit Daniel Hellinger, un universitaire américain spécialiste du Venezuela, en référence à l'épouse du président argentin Juan Peron décédée en 1952 à l'âge de 33 ans au sommet de sa popularité.
Les autorités vénézuéliennes ont annoncé qu'une élection présidentielle serait organisée dans un délai de 30 jours. On ignore cependant si le scrutin aura effectivement lieu d'ici un mois ou si sa date sera fixée d'ici 30 jours.
L'avenir de la révolution socialiste mise en oeuvre par Hugo Chavez, autant adulé par les classes populaires pour ses politiques sociales qu'honni par ses opposants l'accusant de dérive autocratique, repose désormais sur les épaules de son vice-président Nicolas Maduro, que le défunt chef de l'Etat a désigné comme son favori pour sa succession.
APPELS AU CALME
Vingt et un coups de canon ont été tirés dans toutes les casernes à 08h00 (12h30 GMT) en hommage au "Comandante".
On ignore encore où Hugo Chavez sera enterré, lui qui avait ordonné la construction d'un spectaculaire mausolée en plein centre de la capitale pour accueillir les restes du héros de l'indépendance qu'il considérait comme son mentor, Simon Bolivar.
"Au panthéon!", scandaient ses admirateurs dans les rues de Caracas.
"Pour sa virtuosité politique et sa dévotion au pays, le commandant Chavez a gagné sa place au Panthéon aux côtés du libérateur Simon Bolivar", a estimé le député chaviste Freddy Bernal.
Caracas est restée calme durant la nuit mais de nombreux commerces avaient tout de même baissé leurs rideaux par crainte de pillages et des files d'attentes ont commencé à s'étirer devant les stations-service.
Ancien chauffeur de bus et leader syndical, Nicolas Maduro sera à 50 ans le candidat du pouvoir en place lors du prochain scrutin présidentiel. L'opposition devrait une nouvelle fois placer ses espoirs en Henrique Capriles, qui était parvenu à recueillir 44% des suffrages en octobre sans toutefois empêcher la réélection d'Hugo Chavez.
Un récent sondage accordait une forte avance à Maduro.
"Dans l'immense douleur de cette tragédie historique affectant notre mère patrie, nous invitons tous nos compatriotes à veiller à la paix, à l'amour, au respect et au calme", a dit Nicolas Maduro.
"Nous demandons à notre peuple d'exprimer cette douleur dans la paix."
L'état-major de l'armée a rapidement prêté allégeance à Nicolas Maduro, chef d'Etat par intérim jusqu'à l'élection présidentielle.
Henrique Capriles a lui aussi lancé un message d'apaisement en invitant les Vénézuéliens à l'unité malgré les profonds clivages provoqués au sein de la société par la personnalité et la politique d'Hugo Chavez.
"Le moment n'est pas à souligner ce qui nous divise", a-t-il dit dans un communiqué diffusé mardi soir.
"Aujourd'hui, il y a des milliers, peut-être des millions, de Vénézuéliens qui se demandent ce qui va se passer, qui ressentent même de la peur (...) N'ayez pas peur. Ne soyez pas angoissés. Entre nous tous, nous allons garantir la paix que mérite ce pays bien-aimé", a-t-il ajouté.
Le président bolivien Evo Morales est arrivé à Caracas mercredi pour rendre un dernier hommage à son compagnon de route. La présidente argentine et le chef de l'Etat uruguayen sont également arrivés à Caracas avant l'aube, selon les médias gouvernementaux.
Bertrand Boucey et Hélène Duvigneau pour le service français, édité par Pascal Liétout
Mercredi 6 Mars 2013




1.Posté par Mandou le 06/03/2013 20:06
Un exemple pour les dirigeants africains



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