Le Premier ministre Mahammed Boun Abdallah Dionne revisite l'histoire du Pétrole au Sénégal


Face à la presse à la Primature en compagnie de tous les acteurs du pétrole et de l'énergie, le Premier ministre Mahammed Boun Abdallah Dionne est revenu sur l'historique du pétrole au Sénégal. 
D'emblée le PM déclare : " Si j'ai tenu à prendre la parole aujourd'hui c'est que la question des contrats pétroliers signés par l'Etat du Sénégal agitent l'opinion et alimentent les débats dans les médias. Certains de nos compatriotes en parlent avec souvent très peu d'éléments et d'informations. Ceux-là sont excusables. Par contre, d'autres évoquent l'information en versant dans l'invective et la désinformation véhiculant de fausses allégations et des contre-vérités pour tromper les sénégalais et décourager les investisseurs privés engagés dans l'exploration de ces ressources potentielles. Ils tentent vainement de divertir le gouvernement dont l'action est fixée sur la volonté de répondre aux besoins des sénégalais. "
Faisant l'historique du pétrole, le Premier ministre de revenir en arrière pour dire : " le Sénégal bénéficie par la Grâce de Dieu d'un potentiel en hydrocarbure dans notre bassin sédimentaire onshore et offshore. Ce qui est sur terre et ce qui est en mer. Le pays s'est doté en conséquence d'un dispositif juridique rigoureux et performant qui traverse le temps et les régimes politiques. Il s'agit de la loi 98/05 du 8 janvier 98 portant code pétrolier qui a été une loi à l'initiative du président Abdou Diouf, confirmée par le président Abdoulaye Wade et que le président Macky Sall met en oeuvre en ce moment. Je parle d'une loi de 1998. Cette loi définit les conditions d'exploration, de développement et d'exploitation des hydrocarbures dans notre pays. Ce qu'il faut bien comprendre, c'est qu'il y a trois phases. 
Quand on parle de pétrole, il y a la phase de recherche. Vous pouvez chercher pendant des années sans rien trouver. Il y a aussi la phase de développement. Quand on trouve, il faut mettre en place un système pour exploiter ce qu'on a trouvé. Il y a aussi la phase exploitation. Tous ces documents sont disponibles en ligne."
Le Premier ministre de dire aussi que le métier du pétrole nécessite de l'expérience et avant d'en parler, il faut maîtriser ce qu'il faut dire. 
Parlant des chiffres qui font que l'Etat du Sénégal à travers Petrosen ne fait pas ses propres recherches, le PM de dire : " le coût journalier d'un appareil de forage offshore en mer, quand un opérateur signe avec l'Etat un contrat de recherche et de partage de production est de 1 million de Dollars par jour,  c'est à dire 500 millions de F Cfa par jour. Alors imaginez que cet appareil y reste pendant 2 mois ; c'est 30 milliards de F CFA. C'est le prix de combien d'hôpitaux, de combien de lycées et d'universités modernes. Donc, l'Etat s'occupe de ses fonctions régaliennes et laisse le privé national et international, s'engager dans ce type d'activité. Mais une fois qu'on a vu des indices, il faut aller forer. Le coût d'un seul forage d'un puits pétrolier se situe entre 20 et 100 millions de Dollars, soit entre 10 et 50 milliards CFA. Et à la fin, on peut se rendre compte que ce prix n'a pas été fructueux. C'est pourquoi le Sénégal lui-même ne le fait pas. Nous ne sommes pas en position de faire de l'exploration. Ce qu'il faut dire également c'est quand on a emmené ce bateau faire ce qu'on appelle dans le sismique 3D, c'est à dire comme un scanner du sous-sol, quand on a fait les puits qui tournent entre 20 et 100 millions de Dollars, on a 10 à 15% de taux normal de succès. C'est à dire qu'on peut faire tout ça et ne rien trouver à la fin. Ce taux est celui qui est normal partout dans le monde. Au regard de ces coûts et ces risques élevés, pour créer les conditions en développement et potentiel en hydrocarbure sur le territoire national, le code pétrolier a prévu de créer des dispositions attrayantes susceptibles de favoriser le développement des investissements privés pour l'exploration et le développement."
Pour un rappel historique Dionne souligne  "qu'en 1961, les découvertes se résumaient globalement à des indices de bitume, d'huile et de gaz dans des forages d'eau, dans l'ancienne région de Dakar. A la découverte en 1967, de pétrole lourd, 1 milliard de barils, dans le sud du pays, dont la gestion a été confiée à l'agence de gestion et de coopération Sénégal-Guinée Bissau, nous avions découvert jusqu'à cette date là, du gaz naturel à 300 millions de m3 etc. Mais on n'avait pas encore découvert du gaz en grande quantité ni du pétrole au Sénégal. C'est au cours de ces dernières années sous le magistère du président Macky Sall que des découvertes importantes ont été faites dans ce pays. Les wolof diront "tomber waral ay gaf".
En 2014, nous avons découvert 473 millions de barils de pétrole dans le Sangomar Offshore Profond. En 2015, nous avons découvert 500 milliards de m3 de gaz naturel dans le Saint-Louis Offshore Profond. Et nous avons découvert en 2016, 140 milliards de m3 dans le Kayar Offshore Profond. C'est des découvertes importantes qui placent le Sénégal dans une position de pays producteur potentiel de pétrole et de gaz. C'est pourquoi il y a tout ce bruit juste pour décourager les opérateurs privés et salir un peu la réputation de la gouvernance du Sénégal, mais du potentiel de la nation. De 1952, date des premières explorations à 2014, plus de 20 compagnies pétrolières ont essayé. Elles ont mené sans succès ces travaux d'exploration. Durant cette période de 1952 à 2014, 168 puits et forages ont été réalisés dans le pays. Ce qui constitue un volume de 500 milliards CFA qui ont été investis sans succès. Le débat du pétrole n'a pas commencé avant-hier. 500 milliards ont été engloutis dans ces travaux de recherche et d'exploitation du pétrole et du gaz dans ce pays. 160 puits ont été réalisés sans succès et c'est depuis 2014 avec l'avènement de Macky Sall que 8 puits ont été testés positifs. Sur les 168, les 160 c'était avant Macky Sall sans succès et les 8 avec Macky Sall, avec succès. A cause des résultats peu encourageants, les 160 puits forés sans succès, l'Etat n'avait pas jugé utile de demander aux opérateurs des bonus de signature. C'est en octobre 2012 sous Macky Sall, quand le prix du baril avait dépassé le seuil fatidique des 100$, que l'Etat a exigé le versement de bonus de signature symbolique soit 500 000$ payable une seule fois à la signature du contrat et ces ressources sont versées à Petrosen qui les gère pour le compte de l'Etat. Petrosen dépose aussi ses bilans au Greffe. Alors tout est transparent. Dans la phase exploration, les recettes de l'Etat se résument à des taxes de surface, des fonds sociaux et des frais de formation etc. L'Etat ne gagne pas de l'argent à la phase exploration. Par contre, la loi votée dans le code pétrolier adoptée par l'assemblée nationale en 1998 aura été l'accent mis sur l'engagement de travaux par les opérateurs sur les permis de recherche à attribuer. C'est pourquoi, j'ai coutume de dire qu'il nous faut être modeste. L'assemblée nationale a reformé en 1998 le code pétrolier et désormais les contrats sont assortis d'un engagement de travaux."
Mardi 20 Septembre 2016
Dakaractu



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