Le Parlement britannique autorise Theresa May à déclencher le Brexit

La chambre des Lords, la chambre haute du Parlement du Royaume-Uni, a à son tour approuvé lundi soir la loi autorisant le gouvernement à activer l'article 50 du Traité de Lisbonne, qui va déclencher le processus de sortie du Royaume-Uni de l'Union Européenne. La Première ministre britannique Theresa May pourra désormais ouvrir les négociations du Brexit forte d'une victoire face à une rébellion parlementaire.


Le Parlement britannique autorise Theresa May à déclencher le Brexit
Plus tôt dans la soirée, la chambre des Communes avait rejeté les deux amendements introduits par la chambre des Lords. Les députés ont rejeté par 335 voix contre 287 le premier amendement des Lords visant à protéger les trois millions de citoyens européens vivant au Royaume-Uni. Ils ont fait de même pour l'autre amendement qui conférait le dernier mot au parlement sur l'accord final avec Bruxelles, 331 votant contre tandis que 286 votaient en sa faveur. 

Le texte devait ensuite repasser par la chambre des Lords avant d'être considéré comme définitivement approuvé par le Parlement. La chambre haute a, dans la soirée, pris acte du refus par la chambre des Communes de ses deux amendements et a voté contre les deux modifications en deuxième lecture, entérinant ainsi le texte.

Le texte doit désormais recevoir la sanction royale ("Royal Assent"), dernière étape visant à lui donner force de loi. Cela pourrait avoir lieu dès mardi. Theresa May devrait activer l'article 50 marquant la rupture avant la fin du mois de mars.

Les dirigeants des 27 autres Etats membres de l'UE pourraient ensuite se réunir le 6 avril pour un sommet visant à définir des "lignes directrices" des négociations à venir. Les deux parties disposeront ensuite de deux années pour boucler les négociations de sortie. Les discussions ne commenceront sans doute pas avant deux mois, le temps que la Commission européenne mette au point son plan détaillé de négociations. Le négociateur en chef de l'UE pour le Brexit, le Français Michel Barnier, a souligné qu'un accord devait être trouvé avant octobre 2018, pour que la procédure soit achevée dans les temps. Cela ne laisse pas plus de 15 ou 16 mois de discussion.

Parmi les sujets brûlants, outre l'avenir de l'Écosse dont la Première ministre a déclaré vouloir un nouveau référendum d'indépendance, figurera notamment la facture de la sortie de l'UE. Le sort des Européens installés outre-Manche devra aussi être tranché.

Les Européens souhaitent commencer la négociation en présentant à Londres l'addition de la sortie du club, un montant estimé entre 40 et 60 milliards d'euros représentant les engagements pris par Londres dans le cadre du budget européen courant jusqu'en 2020, ou encore le paiement des retraites.

L'article 50 porte uniquement sur le divorce entre le Royaume-Uni et l'UE. Leurs relations futures, notamment commerciales mais aussi en matière judiciaire, devront faire l'objet d'autres négociations qui pourraient prendre de longues années. D'où l'idée d'un accord de transition qui permettrait d'éviter une sortie trop abrupte du giron européen, en particulier pour les entreprises, en attendant l'accord définitif.

Mme May a dit souhaiter que le processus de sortie se fasse "par étapes", tout en excluant "un statut transitoire sans limites" dans le temps.

Alors que les scénarios les plus pessimistes prévoyaient un choc pour l'économie britannique dans la foulée du référendum du 23 juin ayant décidé le Brexit, celle-ci a fait preuve de résilience, avec un chômage, stable à 4,8% fin décembre et une croissance de 2% en 2016. Et la prévision de croissance pour cette année vient d'être relevée à 2%.

Les pouvoirs publics et les économistes s'attendent cependant à un ralentissement progressif dans les années à venir.


lefigaro
Mardi 14 Mars 2017
Dakaractu




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