Le Mali au menu de la visite de François Hollande aux Emirats arabes unis

Le Mali s’invite au cœur de la visite de François Hollande aux Emirats arabes unis. Le président français devrait même demander l’aide des dirigeants de ce pays dans le cadre de l’intervention militaire menée actuellement par la France. L’agenda du chef de l’Etat est chargé : il doit continuer de diriger à distance l’opération armée au Sahel sans pour autant négliger les intérêts des entreprises françaises dans ce pays du Golfe.


Le Mali au menu de la visite de François Hollande aux Emirats arabes unis
L’essentiel de cette visite devait être consacré au sommet mondial des énergies d’avenir à Abou Dhabi (World Future Energy Summit). Les entreprises françaises déjà très présentes dans cette petite monarchie du Golfe, ont un nouveau marché à conquérir : celui des énergies renouvelables. « À l’issue du sommet de l’an dernier, certaines compagnies françaises ont réussi à signer des contrats avec les autorités émiriennes dans ce secteur », se réjouit François Sporer. Le directeur d’UBI France Dubaï, un organisme public chargé de promouvoir les exportations des petites et moyennes entreprises françaises dans le pays, espère que les PME suivront l’exemple de Total. Le géant français de l’énergie vient d’achever la construction d’une ferme solaire aux Emirats arabes unis. Pour François Sporer, cette visite fait aussi en sorte de conforter les relations économiques franco-émiraties. « Il y a un tissu industriel qu’il faut préserver aux Emirats, notamment dans la sidérurgie, la cimenterie, l’agroalimentaire mais aussi dans le secteur du luxe ». Le Rafale sur la table des discussions ? Avant de parler affaires, François Hollande a salué les troupes militaires françaises stationnées aux Emirats arabes unis. La petite monarchie accueille trois bases françaises. Une grande partie de l’armement du pays est également made in France. « L’aviation des Emirats arabes unis utilise des avions de combat français : des Mirages 2000. L’armée de terre possède des blindés français. Les navires de guerre de l’armée émiratie sont également français », explique Riad Kahwaji, président de l’INEGMA, un institut d’analyse militaire aux Emirats. Durant sa visite, le président abordera également la question du Mali et de l’avion de combat français Rafale à l’œuvre dans ce pays. Mais selon Riad Kahwji, aucun contrat ne devrait être signé. « Si le constructeur d’avions Dassault veut vendre ses Rafales, il doit s’y prendre différemment, insiste l’expert. La France devrait baisser le prix de cet appareil si elle veut conclure un nouveau marché ». Le président de l’INEGMA reconnaît toutefois que les relations militaires franco-émiraties sont historiques – elles remontent aux années soixante-dix – mais il dit avoir remarqué une ostensible baisse des ventes d’armes françaises aux Emirats durant les dix dernières années. « Il n’y a aucun problème au niveau des dirigeants politiques des Emirats arabe unis et de la France. De même que sur le plan militaire. L’entente entre les forces armées des deux pays est parfaite, rassure-t-il. Le seul souci, c’est que durant les dernières années, les entreprises françaises n’ont pas su rester compétitives ». Emirats arabes unis : l’art d’importer la culture Si les Emiratis hésitent encore à sortir le carnet de chèques pour acheter Mirage 2000 et autre Rafale, ils n’hésitent pas en revanche à investir des millions de dollars pour importer la culture française. L’année prochaine, le Louvre Abou Dhabi verra le jour au milieu du désert. La Sorbonne Abou Dhabi, elle, existe depuis déjà sept ans. « Ce projet n’est pas seulement un projet universitaire, c’est un véritable message universel de respect mutuel et de paix, » se félicite le professeur Eric Fouache, vice-chancelier de l’université française à Abou Dhabi. Toutefois, même si les Emirats se sont offert des labels culturels français prestigieux, la greffe ne prend pas dans le pays. Seulement 700 étudiants sont inscrits à la Sorbonne Abou Dhabi alors que 1 500 places sont disponibles. La mission de François Hollande ne s’annonce pas de tout repos, malgré des relations franco-émiraties historiques, le président de la République n’arrive pas en terrain conquis.
Dakaractu2




Mercredi 16 Janvier 2013
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