Le Macron Sénégalais ? (Par Mai Mbacké Djamil)


La candidature spéciale, la campagne étonnante et la victoire écrasante d'Emmanuel Macron aux élections présidentielles françaises ont fait couler beaucoup d'ancre dans nos chères contrées !
En effet, depuis quelques temps, qui n'a pas constaté la vague de posts, de chroniques, d'articles et de débats sur Macron, sur le programme de Macron mais essentiellement sur l’âge de Macron!
L'élection d'un homme de 39 ans à la tête de la cinquième puissance économique mondiale à d'une manière à la fois curieuse et amusante tout d'un coup "secouée" la fougue, la détermination et l'intelligence d'une jeunesse sénégalaise qui dans sa majorité est endormie, oisive et profondément pessimiste !
"Le pouvoir à la jeunesse" ou encore " À quand le Macron du Sénégal" sont des types de phrases que l'on retrouve partout sur les réseaux sociaux. D'autres vont même plus loin en assimilant la victoire du jeune Emmanuel à la révélation qu'attendait l'esprit politique révolutionnaire des jeunes africains et sénégalais en particulier.
 
Il faut tout de même pas abuser !
 
Je ne suis pas entrain de dire que "le phénomène Macron" s'inscrit dans une normalité quelconque, tout au contraire je pense qu'un vent très "irrégulier" vient de souffler sur l'international politique et que face à cette situation, la question de «l'évolution des mentalités » doit légitimement être posée mais je pense aussi que celle qui doit de la même manière ou sinon d'une manière plus approfondie être également débattue, c'est celle relative à "l'évolution du monde" et de son "environnement politique".
Cette victoire vient d'amortir considérablement l'importance des idéologies droites/gauches en banalisant leurs nuances qui ont jouées des rôles fondamentaux dans l'histoire politique du monde.
L'élection d'un homme qui ne s'identifie exclusivement ni de droite ni de gauche, ni d’un quelconque centre et qui ne s'assimile point à une formation politique classique, démontre à mon sens que le monde est dans ses instants de renouvellement idéologiques historiques et qu'il est arrivé au point où son avancement et sa gestion ne peuvent plus "uniquement" être fondés par une conviction politique de gauche ou du bas ou par une doctrine idéologique de droite ou du haut mais plutôt à un ensemble hybride de thèses et d'opinions évolutives et réalistes.
Enfin, cette victoire à démontrer que les époques de "stagnation" idéologiques sont déchues !
Cependant, il y'a lieu d'éclaircir trois choses essentielles :
 
1) Les jeunes sénégalais pour qui la victoire de Macron est une révélation ou encore un « déclic » confondent pour une bonne partie l'identification à l'engagement d'un homme à l'identification à une "victoire" surprenante et inattendue d’un homme.
Ils font de l'alliance de son âge avec sa réussite, quelque chose d’invraisemblable et de très inspirant et veulent tous devenir le prochain Macron sénégalais sans pour autant se rendre rendre compte que malgré que son âge ait joué un rôle important, ce dernier n’est point le facteur « décisif » de sa réussite.
Il a été élu sur la base d’un programme et surtout sur celle d’une communication convaincante comme aurait pu l’être quelqu’un de plus âgé ou même de plus jeune.
 
2) Macron a grandit dans un pays avec un système équilibré qui de la maternelle à l'université assure un apprentissage et une formation de qualité permettant à l'individu de pouvoir s'acquérir (sur la base de son dévouement et de sa volonté) des outils qui lui permettront d'atteindre ses objectifs académiques et professionnels dans de favorables conditions, tout le contraire de nos systèmes politiques et donc éducatifs impertinents et non conformes aux réalités économiques et besoins sociaux de nos pays dans lesquelles évoluent des individus pour qui déambuler de l'école élémentaire à l'université est un réel "parcours du combattant".
Je ne dis pas que le système éducatif français et parfait et sans taches, loin de là, je dis juste que des milliers de jeunes qui pourraient être des Macrons sénégalais, des Obamas sénégalais et mêmes des Salls sont arrachés à leurs rêves par un système académique et universitaire « problématique » et par des possibilités d’insertions professionnelles limitées.
 
3) Macron est un jeune conscient de son intelligence et de sa force et qui au bon moment a associer les bons éléments.
S'approprier sa démarche et s'identifier à son engagement reviendrait donc à être tout aussi conscient de son intelligence mais aussi et surtout à avoir confiance en cette intelligence et à l'utiliser de manière à alimenter légitiment et dignement son ambition.
Le Macron du Sénégal n'est à mon avis nul autre que celle ou celui qui voudra conquérir le Sénégal comme Emmanuel a voulu conquérir la France, par le dévouement et non par l'oisiveté, par le travail dur et non par les "raccourcis honteux", par l'obsession de convaincre un peuple à nous faire confiance et non celle d'embaumer un dirigent à nous remplir les poches, par l'intégrité et l'amour pour son pays et non par la malhonnêteté et le dénigrement.
Je ne certifie en aucun cas qu'Emmanuel Macron détient ces qualités mais je constate qu'elles sont celles qu'il à prôné avec dévotion et force pour être élu le Chef d'État le plus jeune du monde.
 
Mardi 9 Mai 2017
Dakaractu




1.Posté par Ndiaye le 09/05/2017 08:45
Du n'importe quoi
Le mimetisme beat c'est notre fort
Meme une aiguille pour coudre aucun senegalais ne peut en fabriquer
Comparez vous aux parleurs et les communicateurs traditionnels sont en chomage

2.Posté par Mans1 le 09/05/2017 17:02
je ne comprend vraiment pas cet article. A chaque fois qu'un crétin un peu sorti des rangs traditionnels, se fait élire à l'autre bout du monde on cherche à faire des parallèles dans nos pays. C'était le cas avec Obama, le cas avec tsipras et trump ! basta quoi !



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