Le Centre de Traitement des Brûlés : Un espoir pour le Sénégal.


Le Centre de Traitement des Brûlés : Un espoir pour le Sénégal.
 Il y a un mois de cela, le Sénégal se réveille douloureusement. Ce 12 avril 2017, l’incendie de Medina Gounass a ravagé ce centre de pèlerinage: 28 morts et 80 blessés. Où sont -ils? Que sont -ils devenus? Certains ont été orientés vers l’hôpital de Tambacounda. Quatre patients sont arrivés jusqu’à Dakar. Deux sont morts en route, ont indiqué les sites d’information en ligne.
Quelle solution nationale pour pallier au manque d’infrastructures pour les brûlés?
 
 
Etat des lieux: 3 lits de grands brûlés pour tout le Sénégal.
 
C’est à l’hôpital Principal en 2009 que le Président Abdoulaye Wade  inaugurait une unité spéciale équipée de 5 lits adaptés aux grands brûlés. Depuis, seulement trois lits sont réservés aux brûlés d’après le Docteur Mouahamoud Mansour Fall. Trois lits pour tout le Sénégal. Dans les autres hôpitaux, les brûlés sont soignés en salle de réanimation commune avec les autres malades. Ils sont ainsi exposés au risque grave d’infection. En effet, une simple brûlure de 15% de la peau est la porte ouverte à toutes les bactéries. 15% de surface brûlée et le malade est en danger de mort. Très souvent, le brûlé meurt d’une septicémie foudroyante, en moins de trois jours.
 
Une amie brûlée a dû parcourir Dakar au milieu de la nuit pendant deux heures, pour se voir refuser les premiers soins dans quatre hôpitaux différents de la place. Les unités hospitalières rechignent à accepter les brûlés parce qu’ils ne possèdent pas les structures et équipements adaptés. Ils savent aussi que les hospitalisations sont longues et coûteuses tant pour les familles que pour les hôpitaux et évitent s’ils le peuvent d’accueillir ce genre de patients. La prise en charge de la douleur n’est pas encore une spécialité courante au Sénégal. Le patient brûlé se retrouve dans une structure hospitalière inadaptée qui l’expose à des complications, à gérer sa douleur aigüe et longue. Les séquelles sont nombreuses: les membres restent collés et se brident, les handicaps sont fréquents, sans parler du traumatisme psychologique, présent encore des années après l’événement. La mise en place d’une rééducation de plusieurs mois, absolument nécessaire, est rare.
 
Le Lions ‘club et ses partenaires
 
Il faut rappeler que le CTB (Centre de Traitement des Brûlés) est un projet proposé à l’Etat du Sénégal par le LIONS CLUB INTERNATIONAL à travers son Association l’ALCS (Association des Lions clubs du Sénégal). L’Etat du Sénégal s’est approprié le projet et l’a inscrit au PSE. Un terrain a été octroyé dans l’enceinte du CHNU de Fann, d’une superficie de plus de 5000 m2. L’Etat s’est également engagé à mettre à la hauteur  d’un milliard d’exonération de taxes, pour ce projet d’un coût total de 5 milliards de FCFA. A la suite du drame de Médina Gounass, la Ministre de la Santé et de l’Action Sociale, Mme Awa Marie Coll Seck, souhaite augmenter la participation de l’état avec une subvention d’un milliard supplémentaire auprès du gouvernement. Ce qui porterait la part de l’Etat dans le projet à 2 milliards de FCFA. Le projet de construction du CTB  suit son cours. A ce jour, l’argent destiné à l’équipement du centre est en cours de mobilisation parl’Association Médico Lions club de France, fondation des Lions clubs de France spécialisée dans la santé, pour un montant de près de 900 millions de FCFA.  Pour la mobilisation du reste, soit 3,9 milliards, il est en train d’être fait appel, ici au Sénégal, à la générosité du public : les entreprises, les fondations d’entreprises et également le grand public. Sur les réseaux sociaux, un appel à dons a été lancé en direction du citoyen sénégalais depuis début 2017. Si le budget du projet tarde a être bouclé, c’est en raison du mode de financement participatif qui a été choisi. Ce mode de financement a été choisi parce que tous les citoyens sont concernés par cette situation sanitaire et particulièrement exposés par nos habitudes de consommation et de vie en plus des risques professionnels. Le Lions’ club mène des actions en s’appuyant sur le devoir citoyen de chacun, l’humanisme et la générosité des bienfaiteurs. Pour sensibiliser les bonnes volontés, l’Association des Lions clubs du Sénégal a fait venir l’année dernière, lors du marathon Eiffage de Dakar, le coureur Lionel Rivoire qui est également un membre du Lions club de France. Plusieurs sociétés ont participé au financement des études de faisabilité du projet: on peut citer Eiffage, mais aussi Wartsila et Ecobank
 
Le Centre des brûlés à l’Hopital de Fann.
 
Au total, même si boucler le budget est une entreprise de longue haleine, on peut dire sans se tromper que l’Etat a fait sa part. Il a octroyé un terrain, une exonération et nommé déjà un directeur du CTB en la personne du Pr  Oumar Kane du CHNU de Fann. Il sera secondé par le Pr Anne-Aurore Sankalé, spécialiste de chirurgie plastique et de chirurgie réparatrice. Le Lions clubs et ses partenaires privés ont également fait leur part. Grace à cela, le plan architectural est prêt et la formation du personnel encadrant spécialisé est prévue.
Il reste maintenant à ce que les populations, principales bénéficiaires et le secteur privé national, fassent leur part. C’est ce travail de sensibilisation et de récolte de dons que mène l’Association des Lions clubs du Sénégal depuis un an, après avoir auparavant fait les études démarrées en 2013. Au plan national, un gala de bienfaisance sera organisé à la rentrée pour mobiliser les entreprises et fondations privées. L’appel à contribution ne s’arrête pas au territoire national: un cabinet de fundraising a été recruté pour prospecter des financements à l’étranger.
 
Que chacun fasse sa part.
 
Pour le spot audiovisuel d’appel à dons en faveur du CTB (Facebook/Centre de Traitement des Brûlés au Sénégal), l’artiste Coumba Gawlo a accepté de prêter sa voix et son image. D’autres artistes seront sollicités comme ambassadeurs de la cause du CTB. Il est enfin prévu de réaliser un sketch de sensibilisation du grand public en langue wolof, qui sera diffusé à la télévision.
Dans chaque famille, on raconte le drame d’une brûlure. Chaque Sénégalais est concerné. La construction du CTB doit être une priorité nationale pour tous. Que chaque Sénégalais s’implique et le CTB verra le jour.
 
Pour participer aux dons, voir notre page Facebook (Facebook/Centre de Traitement des Brûlés au Sénégal).
 
ALCS
Mercredi 17 Mai 2017
Dakaractu



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