Le 5 août 1962, l’État sud-africain emprisonnait Nelson Mandela (Jeune Afrique)

Incarcéré le 5 août 1962, Madiba ne sortira de détention que 27 ans plus tard, le 11 février 1990.


Le 5 août 1962, l’État sud-africain emprisonnait Nelson Mandela (Jeune Afrique)
Le 5 août 1962, Nelson Mandela entrait dans sa deuxième vie. Celle de captif. Le jeune avocat en lutte contre l’apartheid est alors, depuis deux ans, recherché par la police du régime. Surnommé « Black Pimpernel » (l’insaisissable), il multiplie pourtant les apparitions publiques depuis l’interdiction de son parti, le Congrès national africain (ANC), en 1960. Il vient même d’achever une « tournée » internationale qui l’a mené à Londres et à travers la jeune Afrique indépendante.

De retour d’une visite à Durban, sur la route de Johannesburg, sa cavale s’achève à Howick, alors qu’il voyage incognito dans la voiture du réalisateur blanc Cecil Williams, discutant des possibilités d’attentat contre la voie ferrée parallèle. « Essayer de m’échapper aurait été risqué », raconte-t-il lors d’une visite sur place en 1993. « J’ai décidé que le jeu était fini. » « L’arrestation a été très courtoise, très polie. Le policier faisait son devoir, il l’a fait conformément à la loi », confie-t-il.

Une vie de lutte 

Et c’est « conformément à la loi » de l’apartheid que Mandela se présente devant le tribunal, surprenant l’assistance en assurant sa propre défense, vêtu d’un costume traditionnel en peau de léopard. Il écope tout d’abord de cinq ans d’emprisonnement pour avoir organisé une conférence interdite et être sorti du pays sans autorisation.

La sanction va toutefois s’alourdir lorsque la justice découvre que Madiba est à la tête, depuis quelques mois, de la branche armée de l’ANC, Umkhonto weSizwe (MK). À la suite du procès de Rivonia, qui jugera une dizaine de responsables de l’ANC entre 1963 et 1964 pour sabotage, Mandela est emprisonné à perpétuité. Il sortira 27 ans plus tard.

Le lieu de l’arrestation, situé sur la R103, l’ancienne route de Durban à Johannesburg, est désormais doublé par une autoroute. Une sculpture monumentale, composée de cinquante tiges de métal symbolisant la prison, y a été inaugurée le 4 août 2012, en présence du chef de l’État, Jacob Zuma.
Vendredi 5 Août 2016
Jeune Afrique




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