La vérité sur les excuses de Serge Aurier

Si Nasser Al-Khelaïfi n'a toujours pas décidé de la sanction infligée à Serge Aurier, l'Ivoirien, lui, espère une rapide réintégration. C'est le message qu'il a fait passer à Blaise Matuidi.


C’est aussi à ça que l’on reconnaît un «bon» feuilleton. L’affaire Aurier continue de drainer son lot de petite et grosse révélations, même plus d’une semaine après les faits. Depuis lundi, les pronostics vont bon train pour savoir quelle va être la décision du PSG à l’encontre de Serge Aurier après son dérapage à l’occasion d’un chat sur le désormais fameux Périscope dans la nuit du 13 au 14 février derniers. Lundi, en fin de matinée, le latéral droit a été auditionné pour son entretien disciplinaire. En l’absence du président Nasser Al-Khelaïfi, c’est Olivier Létang, le directeur sportif adjoint, qui a entendu les explications de l’Ivoirien.
Aurier confiant pour une réintégration avant le retour face à Chelsea !

Serge Aurier s’est excusé une nouvelle fois platement sur son comportement qu’il a aussi justifié par sa méconnaissance de ce réseau social. Le joueur de 23 ans avait effectivement expliqué à ses proches qu’il ne connaissait pas cette application vidéo qu’il pensait naïvement être une messagerie instantanée (type Snapchat) sans possibilité de captation. Sans compter que ce fameux soir, l’homme de Sevran avait passé en réalité plus d’une heure et demie (dont seulement trois quart d’heure enregistrés) sur Périscope. Ce qui expliquerait, selon lui, sa perte de vigilance coupable qui l’aurait conduit à se lâcher hors de tout contrôle. Il y a quelques jours, cet entretien apparaissait comme un simple préalable à la mise à l’écart définitive d’Aurier de l’équipe première jusqu’à la fin de saison. Le tout, avant, selon certaines sources internes, un transfert l’été prochain vers un club bien moins huppé afin de «déclasser sportivement » l’homme qui a semé une belle zizanie au PSG. Le club de la capitale aurait d'ailleurs pu encaisser au passage une belle indemnité de transfert, toujours utile dans le cadre des règles du fair-play financier. En clair, le sort de Serge Aurier semblait définitivement scellé. Pourtant, la tendance semble s’être inversée ces derniers jours, au point que l’intéressé a confié à des proches qu’il pourrait être finalement mis à l’écart quelques rencontres encore, avant d’être de nouveau admis dans le groupe, peut-être même… avant le match retour face à Chelsea !
Quand Aurier appelle Matuidi à l'aide...

En effet, Laurent Blanc, dans un premier temps meurtri par les insultes du joueur qu’il avait fait lui-même venir il y a un an et demi, est apparu plus calme vendredi dernier : «Le temps fait son effet pour tout le monde.» Son avis pourrait être déterminant dans le sort qui sera réservé à Aurier, car la direction prendra évidemment en compte la position du coach parisien, le principal visé par les insultes d’Aurier. Selon un proche du dossier, Blanc pourrait être tenté de rapidement réintégrer l’ancien Toulousain pour deux motifs. Le premier est d’ordre sportif. L’ancien sélectionneur des Bleus ne veut surtout pas compromettre les chances de Paris d’aller loin en Ligue des champions. Or, le Cévenol sait qu’en cas de blessure en défense centrale, le replacement de Marquinhos dans l’axe l’obligerait à aligner Gregory Van der Wiel à droite, avec toutes les incertitudes sur le plan défensif que cela suppose. L’autre raison de la possible clémence de Blanc concernerait le vestiaire. Dans un premier temps très agacés, certains cadres seraient désormais plus enclins à passer l’éponge. En premier lieu, Blaise Matuidi, un des plus remontés contre son partenaire, qui s’est prononcé le week-end dernier en zone mixte du Parc des Princes puis dans Le Parisien en faveur d’un retour d’Aurier. Selon nos informations, c’est en fait Serge Aurier qui aurait appelé Matuidi pour de nouveau s’excuser et pour également inciter l’international français, cadre écouté et influent, à intervenir en sa faveur auprès du groupe parisien.
Al-Khelaïfi à Aurier : «Tu resteras cinq heures s'il le faut mais tu vas faire ce qu'on te demande!»

Reste que Nasser Al-Khelaïfi n’a encore rien laissé filtrer de sa position. Le président parisien, actuellement à Doha pour le tournoi WTA (en tant que président de la fédération de tennis du Qatar), continue de réfléchir à l’issue de ce dossier sensible. S’il se serait depuis un peu calmé à ce sujet, un bon connaisseur du président parisien nous informe qu’il n’a pas non plus totalement digéré cet incident. D’autant que le boss avait dû passer une soufflante à son joueur lors de l’enregistrement de ses excuses le dimanche 14 février dans un hôtel parisien, après que le réalisateur l’ait appelé pour lui dire qu’Aurier prenait la séquence très à la légère et avait fait trois premières prises catastrophiques de dilettantisme. Un témoin de la scène nous rapporte même qu’Al-Khelaïfi, d’habitude si calme, avait cogné très fort dans une porte avant de menacer son joueur : «Tu resteras cinq heures s’il le faut mais tu vas faire ce qu’on te demande !» Le président parisien doit aussi composer avec la position des propriétaires du club. Or, le Palais serait très agacé par cet incident qui a touché l’image du club, d’autant que la scène qui a tourné en boucle dans le monde montre un Aurier dérapant avec la tunique du PSG sur lui, une faute grave pour un État très pointilleux sur l’image renvoyée. Cette semaine à Doha, Nasser Al-Khelaïfi sera amené à connaître la position du Cheikh Tamim ben Hamad Al Thani, l’émir du Qatar et propriétaire du PSG, avant de se prononcer dans quelques jours sur la sanction de Serge Aurier.
Mardi 23 Février 2016
Dakaractu




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