La vérité sur le marché de maintenance de l’oxygène que le Ministère de la Santé a signé avec la société Carrefour Médical

L’attribution du marché de maintenance de l’oxygène dans les hôpitaux sénégalais à la structure Carrefour Médical n’est pas du goût de certains. Mais pour les services du ministère de la Santé tout s’est fait dans les règles de l’art.


On en  sait un peu plus sur le marché de maintenance de 933 millions de F CFA attribué par le ministère de la Santé à Carrefour Médical. Un gré à gré que continuent de dénoncer certains concurrents de ladite structure. Mais du Ministère de la Santé, l’on dégage en touche. Et selon les services de Awa Marie Coll Seck, Carrefour Médical a bénéficié dans le passé de deux marchés de près de 6 milliards gagnés par appel d’offres ouvert et réalisés pendant la période de 2008 à 2012. Ce qui a fait que le Sénégal a bénéficié de 19 centrales de production d’oxygène dans les principaux hôpitaux.

Il s’agit, selon nos interlocuteurs : de CHN de Fann, HOGGY, Pikine, HEAR, Touba et Dantec (2), des CHR de Saint-Louis, Kaolack, Kolda, Tambacounda, Ziguinchor, Louga, Thiès, Fatick, Diourbel, Ndioum, Matam et Ourossogui’’. ‘’Cela nous a épargné des dépenses liées au fonctionnement et qui avoisinaient les 5 milliards de budget de fonctionnement annuel, insuffisants pour approvisionner les hôpitaux de bonbonnes d’oxygène de l’extérieur vers les hôpitaux. Mieux, ces centrales de production d’oxygène offrent une autonomie totale dans la production et pallient les insuffisances d’approvisionnement du passé qui causaient un taux de mortalité très élevé’’, confie un fonctionnaire du ministère de la Santé et de l’Action sociale.

 De nos investigations, il ressort que cet oxygène médical est un produit vital qui représente le 2ème poste budgétaire dans les hôpitaux après les ressources humaines. Il s’agit d’un médicament vital utilisé pour le traitement des patients dans les services les plus sensibles, notamment la réanimation, les interventions en bloc opératoire, les urgences, la maternité, les évacuations sanitaires. Il est produit à partir de l’air ambiant sans aucune matière première et demande, pour une production en continu, sans interruption, deux choses : de l’électricité stable et en continu et une maintenance rigoureuse.

Ainsi, afin de pérenniser cet investissement et d’assurer la production de l’oxygène sans interruption, le Ministère de la Santé a signé depuis 2011 des contrats de maintenance dont les montants ont évolué au cours des années selon la fin de garantie de chaque centrale avec des montants de 326 millions, 474 millions, 733 millions.

 Au début, ces contrats portaient sur la maintenance préventive et curative des centrales mais ne prenait pas en compte les équipements défectueux avec l’usure. ‘’Pour cette année, le contrat porte sur un montant de 933 millions afin que Carrefour Médical, au-delà de la maintenance préventive et curative, procède aux remplacements de tous les équipements défectueux des centrales vétustes et prenne en charge la responsabilité totale de leur fonctionnement en continu’', informe-t-on du côté du MSAS.

Entente directe

En réalité, il s’agit de contrats signés par entente directe avec le Ministère de la Santé conformément à l’article 76 du Code des Marchés Publics qui autorise de passer des marchés par entente directe pour un équipement pour lequel le titulaire détient l’exclusivité. ‘’A ce titre, vu que Carrefour Médical détient l’exclusivité du fabricant et est le seul à pouvoir assurer leur maintenance, le Ministère de la Santé a contracté ce contrat tout risque couvrant les vingt hôpitaux’’, renchérit une autre source au fait du dossier.

Il faut noter que ce type de contrat est pratiqué avec toutes les sociétés médicales pour les équipements dont ils détiennent l’exclusivité du fabricant et sur lesquels ils sont les seuls à pourvoir intervenir.

Au-delà de ce projet de maintenance, il nous revient que Carrefour Médical  a mis à la disposition des hôpitaux du Sénégal environ 80 générateurs d’hémodialyse. Ce qui a rendu accessible la dialyse à travers tout le territoire national et réduit par la même occasion le taux de mortalité lié à cette pathologie. Mais ces centres de dialyse doivent fonctionner de manière continue. D’où la nécessité de leur maintenance.

Avec Enquête Quotidien

Vendredi 11 Novembre 2016
Avec Enquête Quotidien



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