La résolution de la crise malienne devrait passer par une socialisation (spécialiste)


La résolution de la crise malienne devrait passer par une socialisation (spécialiste)
L'universitaire sénégalais Bakary Sambe, spécialiste du militantisme islamique, a déclaré jeudi à Dakar que la résolution de la crise malienne devrait passer par une socialisation qui prenne en compte "les valeurs de démocratie et de justice sociale".

"La solution la plus importante, c’est l’éducation, mais avec une socialisation qui prenne en compte les valeurs de démocratie et de justice sociale", a dit M. Sambe dans une communication intitulée : "La crise au Mali : évolution du conflit, rôle de la CEDEAO, perspectives".

Il intervenait à une conférence de la Fondation Konrad Adenauer, sur le thème : "Le mali à la croisée des chemins : craintes et espérances".

"La crise au Nord du Mali est partie de la non-implication [d'une partie] de la population [aux affaires publiques], du partage inéquitable des biens, de la discrimination et de la paupérisation de certaines couches sociales. [...] Cette situation de déception peut aboutir à des conflits comme celui que connaît le Nord du Mali", a expliqué Bacary Sambe.

"Ce conflit n’est que la manifestation d’un méta-conflit dont nous ne maîtrisons pas tous les contours. Il est tantôt géostratégique, avec les puissances coloniales qui veulent gérer leurs intérêts sur le continent, tel qu’on le connaissait à l’époque de la guerre froide", a encore dit M. Sambe, enseignant-chercheur à l’unité de formation et de recherche en Civilisations, religions, art et communication (CRAC) de l'Université Gaston Berger de Saint-Louis (Sénégal).

Selon lui, la crise malienne "a aussi une dimension idéologique [qui] se traduit par le choc des modèles religieux", a-t-il dit, faisant allusion aux mouvements islamistes s'étant emparés de plusieurs villes au Nord du Mali entre avril 2012 et janvier 2013.

"C'est triste que le Sahel [...] soit réduit à un champ de bataille. On arrive à une extrême sahélisation du djihad, avec la manipulation des symboles religieux, pour des intérêts politiques", a-t-il affirmé.

Bakary Sambe estime que l’intervention militaire de la France dans le Nord du Mali était "nécessaire". "L’enjeu de l’heure, c’est d’épargner la région sahélo-sahélienne et non de poser la question du néocolonialisme", a-t-il fait valoir.

Il a ajouté que "la CEDEAO (Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest) n’est pas parvenue à mettre quelque chose de sérieux sur la table, après moult réunions" sur la crise malienne.

''Le non-respect des droits des femmes'' est l'une des causes de cette crise politique, selon la juriste Fatou Kiné Kamara, enseignante à la Faculté des sciences juridiques et politiques (FSJP) de l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar. Elle a présenté une communication sur le thème : "Les droits humains au Mali et le rôle de la société civile dans la reconstruction de la paix''.

''Toute société est à l’image de sa famille. Là où les familles répriment les femmes, les gouvernements répriment les citoyens", a-t-elle dit, suggérant de "faire entendre [...] la voix des femmes dans la résolution de cette crise [...]"

Pendant neuf mois - d'avril 2012 à janvier 2013-, le Nord du Mali a été occupé par Ansar Dine, Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) et le Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (MUJAO), des groupes islamistes.

Un gouvernement de transition, dirigé par Dioncounda Traoré, est au pouvoir depuis le coup d’État perpétré par des militaires qui, le 22 mars dernier, ont renversé le président Amadou Toumani Touré.

Les groupes islamistes ont commencé à battre en retraite depuis le début de l'intervention de l'armée française dans le Nord du Mali, le 11 janvier dernier. Des soldats nigériens, nigérians, sénégalais, tchadiens et d'autres pays africains prennent part à la Mission internationale de soutien au Mali (MISMA), sous l'égide de l'Union africaine.

Dakaractu2




Vendredi 22 Février 2013
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