La relaxe "pure et simple" requise pour DSK

Le procureur de la République Frédéric Fèvre a demandé la relaxe pure et simple de Dominique Strauss-Kahn dans le procès pour proxénétisme ou affaire du Carlton. Ni l'information judiciaire, ni l'audience" n'ont permis d'établir l'infraction de proxénétisme aggravé pour DSK, a-t-il déclaré à l'issue de son réquisitoire. "On est bien loin de Ronsart et de l'amour courtois mais les SMS de Dominique Strauss-Kahn ne traduisent pas l'activité d'un proxénète", a-t-il ajouté.


La relaxe "pure et simple" requise pour DSK
Le procureur estime que les charges ne sont pas suffisantes et qu'il ne faut pas le condamner sur base d'une "intime conviction". "La notoriété ne doit être en aucun cas une présomption de culpabilité". Enfin, le procureur se dit "troublé" par l'évocation des pratiques sexuelles de DSK car "c'est le seul pour qui on a poussé le souci du détail si loin".

Deux ans avec sursis pour les organisateurs?
Le substitut du procureur de la République, Aline Clerot, a requis des peines de prison avec sursis contre les deux hommes qui ont organisé des soirées avec des prostituées, qu'ils payaient, au profit de Dominique Strauss-Kahn lors de séjours à Paris, Lille, Bruxelles mais aussi à Washington. Fabrice Paszkowski, principal organisateur des parties fines, risque deux ans de prison avec sursis et 20.000 euros d'amende. David Roquet, second organisateur et entremetteur, encourt la même peine.

Fabrice Paszkowski, considéré comme le premier organisateur des soirées et rencontres festives entre Dominique Strauss-Kahn et les prostituées, est décrit par le parquet "comme le gentil organisateur, aux petits soins pour DSK et les filles". L'homme s'était qualifié de "voyeur" mais pour Aline Clerot, substitut du procureur de la République, il s'agit avant tout d'un "ambitieux prêt à tout pour plaire aux puissants". 

"Seul le plaisir de DSK primait"
L'homme a organisé quinze sorties qui ont couté 22.000 euros rien que dans le financement des prestations sexuelles des prostituées. "Sur de lui, fonceur, ne voulant rien regretter, quitte à prendre des risques inconsidérés", note la magistrate, "seul le plaisir de DSK primait". 

Selon la magistrate, il recrutait les filles de joie et puis servait d'intermédiaire. "La liste des bénéficiaires est longue", souligne-t-elle. Mais son rôle était aussi de financer les parties fines, et les frais annexes (voyages, restaurants, logement, etc.), via notamment sa société Medicalis qui avait un capital social inférieur aux sommes engagées. L'homme est soupçonné d'un financement occulte pour deux voyages vers Washington. Une peine de deux ans de prison avec sursis et une amende de 20.000 euros ont été requises par le substitut du procureur.

"Roquet? Naïf et débordé d'ambition"
Concernant David Roquet, il est considéré comme le numéro deux du réseau mais aussi comme "naïf, débordé d'ambition" par Aline Clerot. "Il bénéficiait du plus vaste réseau grâce à ses liens avec René Kojfer", note la magistrate. "Sans sa participation financière, peut-être que certaines filles n'auraient pas participé aux soirées". 

Via la filiale du groupe Eiffage, dont il était dirigeant, il a aussi engagé des sommes importantes dans l'organisation de soirées au profit de DSK. "Son intérêt était plus charnel et personnel car il a peu évoqué sa situation professionnelle au sein du BTP avec DSK", note Aline Clerot alors que Roquet prétendait qu'il voyait un intérêt professionnel à flatter celui qui était le favori dans la course à la présidence de la République. Une peine de deux ans de prison et une amende de 20.000 euros ont été requises. 

"Perspicace au travail, aveugle dans sa vie privée"
Enfin, le commissaire-divisionnaire Jean-Christophe Lagarde, alors chef de la sureté départementale du Nord, pourrait être relaxé. Le procureur de la République, Frédéric Fevre, estime que "son absence de discernement est inquiétante" pour un policier de son niveau. "Perspicace dans son travail, il devient aveugle dans sa vie privée. Ami intime de Paszkowski, il partageait tout avec lui. Il est inimaginable que son ami ne lui ait pas dit qu'il s'agissait de prostituées alors que son supérieur, qui l'a accompagné à Washington, a remarqué que deux prostituées les accompagnaient".

M. Fevre note que Roquet avait dit que Lagarde savait qu'il convoyait des filles de joie, alors que ce dernier prétend qu'il ignorait le statut social des filles. Selon le procureur, ses dénégations ne sont pas crédibles. Cependant, les mensonges du prévenu ne sont pas de nature à condamner le policier pour des faits de proxénétisme pour le procureur qui a requis une relaxe au bénéfice du doute. 

Une peine de trois ans de prison avec sursis et une amende de 5.000 euros ont cependant été requises pour recel d'abus de biens sociaux et escroquerie contre le policier.
Mardi 17 Février 2015
Dakaractu




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