La deuxième alternance : Entre faillite morale et fautes politiques (par Cheikh Faye)


La deuxième alternance : Entre faillite morale et fautes politiques (par Cheikh Faye)
Une archéologie du discours politique dans les barrages des années 2012 laisse clairement voir que certaines notions y ont occupé une place centrale. Les spécialistes de la communication politique le savent: il est des idées-forces qui peuvent incontestablement entrainer la mobilisation des citoyens indispensable à tout succès politique. Si ces idées-là ont une force de mobilisation, c'est précisément dans la mesure où elles sont à même de saisir et d'exposer les aspirations profondes du peuple que les porteurs promettent de traduire en réalité politique susceptible d'impacter concrètement et positivement les conditions de vie des citoyens. 
    Parmi ces idées mobilisatrices, certaines ont fait mouche lors de la dernière élection présidentielle: la sobriété, la vertu et la transparence dans la gestion des affaires de l'État. On reconnait ici la marque déposée du candidat devenu président, Macky Sall en l'occurrence. Ces notions peuvent, en effet, être interprétées comme le socle moral et politique qui devrait inaugurer la rupture toujours promise aux sénégalais mais jamais effectivement réalisée. Macky Sall, on le sait, promettait, sans ambages, de gouverner le Sénégal de manière sobre, vertueuse et dans la transparence. 
    Cette deuxième alternance par les urnes devrait, au demeurant, être celle de la vraie rupture dans le rapport des dirigeants politiques à la gestion des affaires de l'État. Au vu des injustices dont il a été l'objet, Macky Sall en s'appuyant sur ces concepts a pu convaincre des sceptiques invétérés à lui accorder leur suffrage. Beaucoup de sénégalais, en symbiose avec le porteur de ces idées, espéraient que la deuxième alternance allait définitivement mettre le pays sur les rails de la bonne gouvernance c'est-à-dire de la gestion sobre, vertueuse et transparente des affaires de l'État.
    Mais que sont devenues, après quatre années de gestion du pouvoir de l'État par le régime issu de la deuxième alternance, ces notions qui devaient être au cœur de l'exercice du pouvoir et de la pratique de l'État? On cherchera ici à confronter le discours aux actes posés, la théorie à la pratique politique. Aucun jugement moral sérieux comme aucune analyse politique pertinente ne pourra pas faire l'économie des réponses que l'on peut apporter à cette question centrale. Macky Sall avait l'intuition juste et bien fondée que la posture morale pouvait servir de base à un nouveau départ et de guide à l'action politique qui veut asseoir la rupture avec les pratiques inacceptables du passé. 
    Aussi, Macky Sall avait-il bien compris le fait que c'est, d'abord et avant tout, en théorie qu'il fallait semer la rupture avec les pratiques politiques nauséabondes d'un point de vue moral et finalement contreproductives d'un point de vue politique. Ce sont des pratiques laxistes reflets de la mal-gouvernance qui ont incontestablement concouru à la défaite d'Abdoulaye Wade et au renvoi du PDS dans l'opposition. Le message politique concocté à l'effet de battre Abdoulaye a, au demeurant, bien tenu ses promesses. Il a même brillamment accouché de la deuxième alternance par les urnes au sommet de l'État. Cela a été fait et même bien fait, on pourrait dire dans les règles de l'art! 
    Mais qu'est devenu le discours politique qui a cherché à semer la rupture dans les mentalités et dans l'inconscient collectif des Sénégalais; ce discours qui a décisivement contribué à l'accès au pouvoir? Comment se déploie-t-il dans la gestion quotidienne des affaires de l'État? Autrement dit, qu'est devenu, dans les faits c'est-à-dire dans la pratique politique au quotidien du nouveau régime, le discours qui a porté les promesses qui ont décisivement contribué à rendre le succès politique possible? C'est, en effet, à l'aune des notions centrales que l'on évoquait ci-dessus et qui étaient au centre de la stratégie de conquête du pouvoir que doivent être évaluées les pratiques politiques présentes.  
    La sobriété devrait se traduire, selon le point de vue de Macky Sall lui-même, par la composition d'un gouvernement d'au maximum vingt cinq membres. Cela permettrait sans doute de réduire le train de vie de l'État. Certains faisaient, très tôt, remarquer qu'une telle réduction ne serait pas vraiment significative, qu'elle devrait juste être symbolique. Les bénéficiaires de la deuxième alternance chercheraient ainsi, par un tel acte, à donner un signal fort du rapport qui, désormais, devrait être celui des gouvernants aux affaires de l'État. On sait que, dans la vie tout court comme en politique, le symbole joue un rôle particulièrement important. Au-delà du symbole, les ressources économisées, si maigres soient-elles, pourraient être réorientées vers la prise en charge de la demande sociale dont on sait qu'elle était et demeure, à ce jour, extrêmement pressante. 
    Qu'en est-il aujourd'hui de cette sobriété autrefois très fermement promise et  très fortement martelée pendant la campagne et aux premières heures de la deuxième alternance? Le gouvernement explose à un point tel que certains observateurs considèrent qu'il ne serait pas exagéré de parler de congestion au conseil des ministres. Qui connait le nombre exact de ministres-conseillers même si on sait que ces derniers ne siègent pas au conseil des ministres? La sobriété a été sacrifiée à l'autel du clientélisme politique. 
    C'est toujours dans la volonté de trouver un poste à certains responsables qui pourront être d'un apport conséquent dans les luttes politiques à venir que le champion autoproclamé de la sobriété a institué le conseil économique, social et environnemental. Pour bon nombre de sénégalais, c'est, en effet, là une institution budgétivore dont l'utilité reste à démontrer. Une gestion véritablement sobre en ferait indubitablement l'économie. Dans ce pays, on le sait, les pratiques politiques vont toujours à rebours des promesses faites aux citoyens! 
    On connait d'ailleurs la formule devenue célèbre: les promesses électorales n'engagent pas ceux qui les font mais plutôt ceux qui y croient. Quelle déchéance morale! Les gouvernants d'hier comme ceux d'aujourd'hui ne font, en réalité, que confirmer ce jeu de dupes où le peuple sort, à chaque fois, perdant. L'œil rivé sur les prochaines joutes électorales, le champion autoproclamé de la sobriété va mettre en place dans les jours ou semaines à venir une autre institution, le Haut conseil des collectivités territoriales, que le peuple a déjà avalisé en votant favorablement les modifications constitutionnelles récemment soumises à son approbation. Haut conseil des collectivités territoriales qui risque d'impacter encore significativement les maigres ressources de la nation. 
    La sobriété s'inverse en son contraire. De toute façon, c'est comme si les gouvernants actuels cherchaient, en pratique, à se soustraire résolument, dans les discours d'abord et dans les actes ensuite, à sa mise en œuvre effective. Le pouvoir doit toujours étaler ses fastes. C'est une condition de son aura. Cela garantit l'ivresse à celui qui l'exerce. Le festin républicain doit être copieux et les convives nombreux! La politique du ventre doit continuer de la plus belle des manières! Elle est le gage indispensable au maintien au pouvoir. Vive la ''mangécratie''!
    On le voit clairement: les acteurs changent mais les pratiques inacceptables d'un point de vue moral et politique persistent voire s'éternisent. Un discours mielleux, les promesses mirobolantes faites aux populations à chaque fois que les politiciens sollicitent leur suffrage, entretient les mêmes pratiques et rend, dans le même temps, possible l'alternance des acteurs de la scène gouvernementale. 
    C'est cette dissonance entre la théorie et la pratique politiques qui permet aussi de comprendre pourquoi la vertu proclamée urbi et orbi dans les moments de conquête du pouvoir, entretenue, peu ou prou, aux premières heures de son exercice court le risque élevé de connaitre une éclipse certaine dans les moments précédant les compétitions à venir. Le réalisme politique est passé par-là. Aucun renoncement n'est de trop pour sortir victorieux des prochaines joutes électorales et se maintenir au pouvoir. Toutes les combines et les combinaisons politiques sont les bienvenues si elles permettent le maintien au pouvoir. Tout doit être mis en œuvre si on veut que le succès politique soit au rendez-vous prochainement. C'est dans un tel esprit que le chef de l'État va bénir la transhumance politique.  C'est à Kaffrine qu'il va véritablement en faire l'apologie.
    Le discours de Kaffrine est, de ce point de vue, très éclairant. Voici ce que le chef de l'État en visite dans cette région affirmait: «La transhumance est un terme péjoratif qui ne devrait jamais être utilisé en politique parce qu’elle est réservée au bétail qui quitte des prairies moins fournies pour aller vers des prairies plus fournies. Selon les saisons, le bétail a besoin de se mouvoir. C’est vrai que c’est par analogie que les gens ont taxé les perdants qui vont vers les vainqueurs. Ça peut se concevoir mais le terme n’est pas acceptable. Nous avons tous la liberté d’aller et de venir, c’est la Constitution qui nous le garantit. Ensuite, les acteurs politiques au Sénégal ne sont pas nombreux. Nous avons à peu près 5 millions d’électeurs sur 13 millions de Sénégalais. Lorsque vous avez une majorité et que vous voulez la consolider, si vous n’allez pas pêcher dans le camp adverse, comment allez-vous maintenir votre majorité? L’opposition fait dans la critique, la désinformation et la surenchère pour décourager des pans entiers du pouvoir et les ramener vers elle. Le pouvoir aussi doit tout faire pour récupérer des gens de l’opposition. C’est un jeu tout à fait normal en politique. Il ne faut pas le dramatiser. Depuis longtemps, ces mouvements existent et ce n’est pas aujourd’hui que nous allons l’arrêter». 
    Un tel discours montre clairement que le chef de l'État ne peut plus s'encombrer de considération d'ordre éthique. Aucune compromission morale ne peut être de trop. Ce qui compte, par dessus tout, c'est l'efficacité politique. Cette efficacité qui n'est pas au service de la volonté de satisfaire la demande sociale. Elle a pour principal sinon unique horizon la conservation du pouvoir d'État. C'est cette conservation qui permet de continuer à jouir des délices du pouvoir. 
    Outre la sobriété, on sait que la vertu était une des idées-forces mobilisées par l'actuel chef de l'État. Dans le discours de ce dernier, le thème de la vertu avait, d'abord et avant tout, pris la forme de la nécessité d'accorder la priorité au bien commun sur quelque intérêt particulier que ce soit. La patrie devrait même passer avant le parti. La vertu devrait ainsi être le principal critère de son action politique c'est-à-dire l'aune à partir de laquelle celle-ci devrait être évaluée. Si ce slogan se traduisait dans les faits, on pourrait assister à une véritable révolution tranquille dans la gestion des affaires de l'État: on sait que la volonté d'asseoir un parti-État ou un État-parti parcourt, d'une certaine façon, l'histoire politique du Sénégal indépendant. Traduit dans la pratique politique, un tel slogan devrait rompre avec cette tendance lourde de l'histoire politique du pays.
    On pourrait même être amené à voir dans la vertu ainsi prônée par le Chef de l'État moins une disposition morale ou religieuse qu'un dispositif politique dans la mesure où elle devrait aider à réaliser le bien commun. Montesquieu, dans L'esprit des lois, peut ainsi constituer un guide précieux quand il faisait observer que: «La vertu politique est un renoncement à soi-même, qui est toujours une chose très pénible. On peut définir cette vertu, l'amour des lois et de la patrie. Cet amour demandant une préférence continuelle de l'intérêt public au sien propre...». A défaut de renoncer à son intérêt personnel, on pourrait chercher à l'accorder avec le bien commun. Il s'agirait de faire en sorte que la poursuite de l'intérêt personnel ne puisse pas se faire au détriment du bien commun. A la limite, on pourrait voir dans la vertu une disposition morale qui vise le bien commun mais qui n'interdit pas la satisfaction des intérêts particuliers.    
    Comprenant que la vertu morale, celle des individus, peut faillir en raison de la force qui est précisément celle des intérêts individuels, l'actuel chef de l'État a cherché à donner une résonnance et une dimension institutionnelle à la poursuite de celle-ci par d'autres moyens. Aussi décida-t-il de réactiver la CREI et de mettre en place l'OFNAC. Il était sans doute conscient du fait qu'il pourrait s'avérer extrêmement précaire en ces temps de quasi vide éthique, de reposer l'ordre et les pratiques politiques sur la seule vertu des individus. C'est comme si, d'une certaine manière, le président de la République, conscient de l'état de divorce très prononcé entre l'éthique et la politique, faisait remarquer que la vertu des institutions pourrait éventuellement pallier la défaillance de celle des individus.
    Quelle évaluation doit-on faire de ces deux institutions qui devraient aider à l'assainissement des mœurs politiques? Quel jugement porter aujourd'hui sur ces deux institutions qui devraient jouer un rôle majeur dans la gestion transparente des affaires de l'État? Depuis un moment, la CREI était devenue une sorte de machin encombrant dont il faut se débarrasser. On a distillé des rumeurs sur sa réforme. On a sondé l'opinion pour, à cet effet, prendre en compte ses humeurs. Le sort qui lui est réservé est aujourd'hui assez explicite. Au sommet de l'État, on n'avance plus masqué. 
    A cet effet, au micro de Christophe Boisbouvier, le chef de l'État a donné le ton et indiqué la voie. Il a jeté les bases de ce qui a toutes les allures d'un renoncement prochain à la traque des bien mal acquis en annonçant la libération prochaine de celui qui en fut le symbole: «Je pense que aussi, il y a eu mardi une ordonnance du juge de l’application des peines qui a, pour des raisons humanitaires, autorisé la sortie du territoire pour deux des détenus. Et il y a eu quelqu’un qui a bénéficié d’une remise en liberté parce que cette personne a purgé la moitié de sa peine, et donc était en droit d’attendre ce qu’on appelle donc une remise de peine. Et puis il y a le cas de monsieur Karim Wade. Effectivement, beaucoup de personnes demandent qu’il soit élargi. Tout ça, c’est possible mais il faut le mettre dans le contexte réel et je pense que, oui il ne faut pas désespérer que cela puisse avoir lieu».
    Le dialogue national qui n'est, dans une telle perspective, que combine et combinaison politiques va accoucher de la libération de Karim Wade et par conséquent de l'enterrement à venir de la CREI. Un tel dialogue est une occasion pour légitimer le reniement pour ce qui concerne la traque de biens mal acquis. Qui plus est, on sait que l'essentiel des candidats de la CREI a déjà migré vers les grasses prairies marron où il se sent hors de portée de toute traque visant des biens qui seraient mal acquis. C'est un des premiers résultats tangibles du dialogue supposément national qui n'est, au final, qu'un jeu de dupes. 
    On comprend, par ailleurs, que depuis la doctrine du chef de l'État bénissant la transhumance, le discours politique ne fait plus appel au concept de vertu et ne se réfère plus ou,  tout au moins, que marginalement à la nécessaire reddition des comptes. C'est dans la perspective de ces renoncements aux notions charnières de vertu et de reddition des comptes dont les dirigeants actuels pensent qu'elles sont inefficaces d'un point de vue politique que l'on doit inscrire l'attitude du directeur de cabinet du président de la république qui s'offusquait de la publication du rapport de l'OFNAC. Cela rend-il compte de la mentalité qui est désormais celle des responsables de l'APR? L'avenir nous dira la suite qui sera réservée au traitement des différents dossiers évoqués dans le rapport en question et renseignera définitivement sur la volonté politique aujourd'hui plus feinte que réelle de promouvoir la vertu et la transparence dans la gestion des affaires de l'État.
    L'attitude de certains hauts  responsables du parti au pouvoir laisse voir qu'aucune leçon sérieuse n'a été tirée de la première alternance survenue au début de ce millénaire. Nous avons une sorte de comédie qui ne cesse de se reproduire indéfiniment. Si on n'y prend pas garde, cette comédie va se changer en tragédie. De toute façon, il ne faudrait surtout pas croire que le comportement politique de Macky Sall était mieux avant son accès à la tête de l'État. N'est-il pas celui qui a forcé un bureau de vote pour accomplir son devoir de citoyen alors que son nom ne figurait même pas sur les listes électorales?    On comprend donc pourquoi le présent politique de Macky Sall a toutes les allures de reniement pour ce qui concerne la promotion de la vertu et la reddition des comptes pourtant autrefois présentées comme une forte demande sociale. Une pléiade d'actes qu'il pose depuis le début de cette année 2016 le discréditent d'un point de vue moral. Il présente au grand jour la face d'un politicien comme les autres exclusivement mû par la soif de pouvoir faisant ainsi fi de toute considération d'ordre moral et qui ne manifeste aucune volonté avérée de prendre sérieusement en charge les aspirations légitimes des populations. 
    Les sénégalais se plaignent du présent sans pour autant regretter le passé. S'il en est ainsi c'est parce que ce sont encore des démagogues et des tribuns qui investissent le champ politique et accaparent l'espace public qu'ils instrumentalisent pour satisfaire leurs intérêts particuliers. Ces démocrates peu sincères rusent constamment avec les principes moraux et politiques. C'est cela qui explique qu'ils soient très peu préoccupés par l'intérêt des populations. Les mœurs politiques sont très peu dissemblables de ce qu'elles étaient autrefois, dans un passé récent. On change de gouvernants sans que rien ne change véritablement dans le mode de gestion des affaires de l'État. Les politiques sénégalais changent d'avis dès qu'ils changent de vie. La position dicte la posture. C'est pour cette raison qu'ils sont constamment dans l'imposture.
    La république véritable, et non celle cosmétique à laquelle on a présentement affaire, doit mettre au centre de la gestion des affaires de l'État au moins deux choses fondamentales: la vertu et la reddition des comptes. Vertu comme promotion du bien commun et sanction positive, autrement dit, récompense accordée à ceux et celles qui ont constamment en vue l'intérêt général. Reddition des comptes pouvant se traduire par une sanction négative, autrement dit, la punition de ceux et celles qui vont à contre-courant des exigences du bien commun et qui tentent de domestiquer l'État en le mettant au service non plus de l'intérêt général mais de leur intérêt particulier. 
    La déchéance morale en cours devra impérativement se traduire par des sanctions politiques les plus sévères possibles. Se mettre au service de la satisfaction des aspirations légitimes des populations est un gage certain de succès politique. Nos dirigeants, ceux d'hier comme ceux d'aujourd'hui, ont tendance à oublier cette vérité politique élémentaire. Le peuple ne se lassera pas de la leur rappeler à chaque fois que de besoin. La véritable rupture est encore attendue. L'alternative dans la gestion des affaires de l'État fait encore défaut aux alternances enregistrées jusqu'ici. Pour les joutes électorales à venir, c’est à une véritable alternative qu'il faudra travailler. Cela est à portée de main si on commence, dès à présent, à explorer les pistes sérieuses susceptibles d'aider à renvoyer à la maison ces politiciens aux commandes de l'État peu soucieux de résolument prendre en charge les aspirations légitimes des populations. 


Cheikh Faye
Professeur de Philosophie, Montréal, Québec
cheikhfay@gmail.com
Lundi 6 Juin 2016
Dakaractu




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