La Russie accuse Erdogan et sa famille de trafic avec Daesh

La Russie accuse le chef de l'État turc, son fils et son gendre d'être directement impliqués dans le trafic du pétrole de l'EI. Des "calomnies", pour Erdogan.


La Russie accuse Erdogan et sa famille de trafic avec Daesh
Contre la Turquie qui a abattu un de ses avions de chasse le 24 octobre la Russie ne désarme pas et franchit même ce mercredi un cran supplémentaire en accusant directement Erdogan et sa famille d'être impliqués dans le trafic de pétrole avec l'EI. Il y a deux jours, Poutine avait lancé ses premières accusations contre le pays. "Nous avons toutes les raisons de penser que la décision d'abattre notre avion a été dictée par la volonté de protéger ces chemins d'acheminement de pétrole vers le territoire turc", avait-il lancé lors d'une conférence de presse en marge de la COP21.

 
 
Le président russe affirmait que le pétrole produit par l'EI, qui représente l'une des principales sources de financement du groupe djihadiste, était "acheminé massivement, de manière industrielle, vers la Turquie".  Des accusations balayées par Recep Tayyip Erdogan, également présent à Paris. "Si [les accusations de M. Poutine] étaient prouvées, la dignité de notre nation imposerait que je quitte mes fonctions", avait-il déclaré, assurant que la Turquie effectue toutes ses importations énergétiques "par voie légale". "Nous ne sommes pas malhonnêtes au point de procéder à ce genre de commerce avec des groupes terroristes. Tout le monde doit le savoir", avait clamé Erdogan.
Nouvelle escalade, donc, mercredi. C'est le vice-ministre russe de la Défense, Anatoly Antonov, qui lance de nouvelles accusations contre l'homme fort d'Ankara. "D'après les informations obtenues, la classe dirigeante politique, dont le président Erdogan et sa famille, est impliquée dans ce commerce illégal", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse à laquelle, pour la première fois, étaient invités des journalistes étrangers. "Le cynisme du gouvernement turc est sans limites", a-t-il continué, ajoutant que la Russie "a déjà à plusieurs reprises averti du danger de flirter avec le terrorisme".
"Calomnie"

"Vous ne vous posez pas de questions sur le fait que le fils du président turc s'avère être le dirigeant d'une des principales compagnies énergétiques et que son beau-fils a été nommé ministre de l'Énergie ? Quelle merveilleuse entreprise familiale !" a-t-il commenté en référence à la récente nomination au poste de ministre de l'Énergie du gendre du président turc, Berat Albayrak. C'est la première fois que Moscou cite nommément le président turc et son entourage pour accuser Ankara. Pure "calomnie" a grondé Erdogan en soulignant que la Russie n'a pas le droit de les "propager". Et de menacer : "Si ces accusations continuent, nous prendrons nous-mêmes des mesures."
Moscou, qui mène des frappes aériennes sur la Syrie depuis le 30 septembre, a intensifié ses frappes contre les installations pétrolières de l'EI, autorisant les pilotes de ses avions à "tirer à vue" sur les camions-citernes dans la zone contrôlée par l'organisation terroriste. Depuis le début de ses interventions, l'aviation russe a détruit 32 complexes pétroliers, 11 raffineries, 23 puits de pétrole et 1 080 camions-citernes transportant des produits pétroliers, a énuméré M. Antonov, faisant défiler les cartes dans l'immense salle où s'étaient réunis plus de 300 journalistes. Grâce à ces frappes, Moscou a réussi à réduire de moitié le chiffre d'affaires annuel des activités pétrolières de l'EI, passé de trois milliards de dollars par an à 1,5 milliard de dollars, a-t-il assuré.
Mercredi 2 Décembre 2015
Dakaractu




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