La FFF a pris sa décision pour Karim Benzema

L'avenir en équipe de France de Karim Benzema, mis en examen dans la fameuse affaire de la sex-tape, se jouait ce jeudi lors du Comité exécutif de la Fédération française de football (FFF)...


Noël le Graët, le président de la Fédération Française de Football s'est exprimé en ces termes: "Benzema est né dans un quartier difficile et n'a pas changé ses fréquentations. Ses copains n'ont pas beaucoup évolué pendant que lui devenait une star médiatisée. Il est extraordinairement fort ballon au pied, sinon il ne serait pas titulaire au Real de Madrid. Il est irréprochable là-bas. (...) Sanctionner n'a jamais été ma tasse de thé mais je pense que la FFF ne peut pas être insensible aux écoutes qui sont traduites dans les médias. J'ai donc décidé, et j'assume totalement, que Karim Benzema n'était plus sélectionnable. Si la situation n'a pas évolué d'ici à l'Euro, il ne sera pas sélectionnable au mois de juin. Cette décision est un crève-coeur, pour moi..."

Benzema sera de nouveau sélectionnable si le juge décide de classer l'affaire et que le dossier est vide.

De son côté, Mathieu Valbuena a "l'amitié totale de la FFF et la confiance de Didier Deschamps. Il a juste commis, peut-être, une certaine imprudence en laissant traîner son appareil".



Rappel des faits
Le vent a commencé à tourner pour Benzema après l'entretien publié le 27 novembre par le quotidien Le Monde dans lequel Valbuena l'accuse d'incitation "indirecte" à payer. La Fédération s'est d'ailleurs portée partie civile afin d'avoir accès au dossier, voie possible pour de futures sanctions.

La pression populaire et politique est immense autour de la FFF et des Bleus, hôtes du Championnat d'Europe dans six mois et à ce titre particulièrement exposés. Plus de cinq ans après le fiasco du Mondial en Afrique du Sud et la fameuse grève de l'entraînement en mondovision, la France se passerait bien d'un nouveau scandale.

Le 1er décembre, le Premier ministre Manuel Valls s'est ainsi prononcé clairement pour une non-sélection du joueur. Selon lui, "un grand sportif doit être exemplaire. Et s'il n'est pas exemplaire, il n'a pas sa place en équipe de France."

Deux jours plus tard, un sondage révélait que 82% des Français ne souhaitent pas que Benzema rejoue avec les Bleus.

Entre-temps, le joueur a essayé de se justifier à la télévision, dénonçant un "acharnement" et se prévalant du soutien du sélectionneur Didier Deschamps. Mais légaliste et pragmatique, le sélectionneur se rangera derrière le point de vue de son président.

Pas sûr non plus que la prise de parole dimanche de Zinédine Zidane, qui a "espéré" que Benzema ne soit "pas suspendu en bleu", suffise à le sauver.

Si la FFF n'avait pas jugé bon d'écarter Benzema et Franck Ribéry de l'équipe de France lors de leur mise en examen pour "sollicitation de prostituée mineure" en juillet 2010, les faits qui sont cette fois reprochés au Madrilène, passibles d'une peine maximum de cinq ans d'emprisonnement devant un tribunal correctionnel, sont beaucoup plus embarrassants.

Circonstance aggravante, c'est dans le cadre d'un rassemblement des Bleus, le 5 octobre, que Benzema aurait tenté de convaincre Valbuena d'entrer en contact avec les maîtres chanteurs. De quoi écorner l'image de l'équipe de France, à peine restaurée après le beau parcours au Mondial-2014 (quart de finale).
Jeudi 10 Décembre 2015
Dakaractu




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