LUTTE CONTRE LE TERRORISME : Macky Sall ne veut pas tomber dans le « je n’étais pas au courant »


LUTTE CONTRE LE TERRORISME : Macky Sall ne veut pas tomber dans le « je n’étais pas au courant »
Tout le monde en convient. Quand Wade était aux affaires pour nombre de problèmes qui ont secoué la République, il disait « je n’étais pas au courant ». Qui ne se souvient de la première opération d’envergure de déguerpissement des ambulants menée à merveille par Amadou Sy, alors gouverneur de Dakar. Wade s’est débiné, puis a désavoué le gouverneur. Alors que c’est lui-même qui a inspiré l’opération. Ce type de chef d’Etat, nous n’en voulons pas ! C’est pourquoi quand au cours de la 2ème édition du Forum Paix et sécurité en Afrique, le chef de l’Etat, s’est vivement élevé contre le voile intégral, nous saluons son esprit d’anticipation. « Lorsque l’on voit des formes nouvelles, par exemple le port de voile intégral dans notre société, alors que ça  ne correspond ni à notre culture, ni à nos traditions, ni même à nos conceptions de l’islam, nous devons avoir le courage de combattre cette forme excessive d’imposer. De toute façon, c’est le même refus que je pose à d’autres modèles qu’on veut nous imposer. C’est-à-dire que nous ne pouvons pas accepter que des modèles qui nous viennent, je ne sais d’où, soient imposées en Afrique. » C’est une position courageuse. Les frayeurs suscitées par les horreurs qui se sont abattues sur Paris le 13 novembre dernier donnent raison à Macky Sall.
« Ceux qui croient combattent sur le chemin de Dieu », dit le Coran. La lutte contre les ennemis de la Umma, la communauté des croyants, est un devoir religieux exigé du Coran sans être pourtant obligatoire, contrairement aux affirmations de certains penseurs. Généralement traduit par « guerre sainte », « djihad » signifie littéralement « effort », « combat ». L'islam traditionnel distingue entre djihad mineur et majeur. Le « djihad mineur » vise les ennemis de l'islam. « Seule rétribution de ceux qui combattent Dieu et son prophète (…) : les tuer, ou les crucifier, ou leur couper les mains ou les pieds en diagonale, ou les bannir. Que ce soit leur ignominie en ce monde, outre un terrible châtiment dans la vie dernière », affirme encore le Coran (sourate V.33). Le « djihad majeur » ou « grand djihad » est celui que l'on mène contre soi-même.
Selon l'imam Al-Bayhaqî (994-1066), le Prophète a ainsi dit à ses compagnons au retour d'une expédition militaire « Nous voici revenus du Djihad mineur pour nous livrer au Djihad majeur » ; et quand les compagnons lui demandèrent de quoi il s'agissait, il répondit : « Celui du cœur ! » D'après le grand compilateur de hadiths Al-Tirmidhi (824-892), le Prophète aurait dit également : « Le vrai combattant (moujahid) sur le chemin de Dieu est celui qui lutte contre son ego. » Très belle définition, que la littérature soufie, le courant mystique de l'islam sunnite, va exalter et tenter d'approfondir, mais qui est de plus en plus masquée par le développement d'un islam radical et violent, prétendant revenir à la pureté de l'islam traditionnel. Nulle part, il n’est indiqué qu’il faut tuer gratuitement pour s’élever auprès de Dieu. Ces « djihadistes » ont échoué dans leur projet et se sont retrouvés dans un bourbier idéologique qu’ils veulent nous imposer. Nous devons combattre l’extrémisme violent, quoi qu’ils nous en coûtent.
Une chose set sûre : Mohamed ne reconnaîtra pas la définition des théoriciens du djihad contemporain.
MOUSTAPHA DJITTE
COORDONNATEUR APR/NGAYE MEKHE
Mercredi 18 Novembre 2015
Dakaractu




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