LUTTE CONTRE LE TERRORISME : Comment pouvoir public et médias doivent s’y prendre

C’est un secret de polichinelle de dire que la menace terroriste est réelle au Sénégal. Pour lutter contre ce phénomène qui prend des proportions inquiétantes, pouvoir public et médias doivent unir leurs forces.


«Autorités, Médias et Terrorisme : la difficile équation ! » Tel est le thème de la conférence organisée, hier, par le Bureau Paix et Sécurité Centre de Compétence Afrique Subsaharienne de la Fondation Friedrich Ebert.
Une rencontre qui a enregistré la participation de plusieurs autorités notamment celles de l’armée mais également des professionnels des médias.
L’objectif principal est de contribuer à l’optimisation de la collaboration entre autorités et médias dans la lutte contre le terrorisme. Ce, au grand profit de la population. Dans son discours de bienvenue, le Directeur Paix et Sécurité Centre de Compétence Afrique Subsaharienne, estime que le terrorisme et l’extrémisme sont les défis sécuritaires majeurs auxquels la communauté internationale fait face.
Holger Grimm est revenu sur la recrudescence des attentats en rappelant que le modus operandi des terroristes. Lesquels, aujourd’hui, développent leurs propres outils de communication pour arriver à leurs fins. « Les terroristes ont la capacité d’utiliser leurs propres canaux de communication pour donner les informations et véhiculer leurs idéologies. Ils informent, recrutent et radicalisent en utilisant leur propre structure », a-t-il prévenu, appelant à la prudence afin d’éviter de tomber dans leur piège.
D’après lui, vu l’ampleur des dégâts que les attentats ont posé dans le monde, il urge que les pouvoirs publics et les médias unissent leurs forces pour gagner la bataille de l’information. « Il faut un cadre légal dans lequel tous les acteurs concernés pourront mettre en place un dispositif pour contraindre les terroristes », prône-t-il. Ancien Chef d’État-major général des armées, le Général Mamadou Mansour Seck, après avoir rappelé les attentats du 11 septembre 2001, a fait savoir que le terrorisme est une surprise.
Les terroristes, explique-t-il, se comportent comme tout le monde et on ne les remarque qu’après leur attaque. « C’est pourquoi, les gens ont changé de stratégie pour les combattre. Et, c’est l’ensemble de la population qui doit être les soldats de cette nouvelle guerre ». Ce, en informant les forces de défense et de sécurité sur les choses anormales remarquées dans les quartiers. « Il faut remplacer l’esprit de peur par l’esprit de défense », soutient-il.
Enseignant-chercheur à l’institut Mohamed V du Maroc, le professeur Rachid Benlabbah, exposant sur « Etat des lieux des relations entre autorités et médias en matière de terrorisme. Déficits et cadre de concertation et de coopération », a remarqué que le temps du terroriste est un temps où la vie ordinaire est suspendue.
Lors des frappes terroristes, il y a une présence massive de la population. Ce qui, selon lui, banalise le temps du terrorisme. 
De plus, il a constaté, pour le déplorer, une absence totale de l’éthique de l’image. « Il n’y aucune limite de l’image ou de ce qu’on devrait montrer. On montre des cadavres mutilés sans se soucier du coup psychologique que cela engendre. Également, sur Youtube, il y a beaucoup d’images traitant les attentats africains et, jusqu’à présent, aucun Etat n’a demandé à Youtube de supprimer ces vidéos », dénonce-t-il.
Mercredi 24 Mai 2017
Dakaractu




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