LOUGA/LES MESURES DE RETRAIT DES ENFANTS DE LA RUE ET L’INTERDICTION DE LA MENDICITE SONT DIVERSEMENT APPRECIEES A LOUGA.


LOUGA/LES MESURES DE RETRAIT DES ENFANTS DE LA RUE ET L’INTERDICTION DE LA MENDICITE SONT DIVERSEMENT APPRECIEES  A LOUGA.
Les mesures d’interdiction de la mendicité et de retrait des enfants errants dans les rues prises  et mises en application par le gouvernement, sont diversement appréciées  à Louga par certains acteurs du secteur  qui ont tenu à les  dénoncer en  les condamnant, alors que d’autres  les approuvent favorablement.
En effet, pour beaucoup d’entre eux , le gouvernement  à mis la charrue avant les bœufs, en procédant à la mise en œuvre de ces mesures, sans  toutefois, au préalable, avoir organisé une large concertation nationale tant avec les autorités religieuses, les acteurs du secteurs qu’  avec les couches sociales concernées par la question.
Ils ont aussi en outre, déploré la non implication  des acteurs du secteur à cette prise de décision, pour recueillir le sentiment des uns et des autres en somme de l’opinion, en vue d’examiner ,et  de dégager les modalités et les stratégies pratiques, ainsi que les voies et moyens  à mettre en œuvre, pour  leur application efficiente qui rencontrerait, du coup, l’agrément  de la majeure partie des acteurs.
En tout cas ,si pour les uns ces mesures  sont salutaires et sont à encourager, parce que visant à assainir la mendicité dite «  sauvage » voilée d’errance des enfants d’une part, et à les protéger  contre les dangers de la rue qui sont nombreux et diversifiés aux quels ils sont  quotidiennement exposés tant dans le temps que dans l’espace, d’autre part.
Pour d’autres par contre, ces mesures ne répondent nullement à nos traditions islamiques voire religieuses qui font de la mendicité un volet recommandé et reconnu par l’islam.
Les pourfendeurs de ces mesures estiment , par ailleurs ,que des mesures aussi impopulaires avant d’être appliquées, devraient être assujetties à des mesures d’accompagnement palliatives, pouvant contribuer à circonscrire l’éventail de la mendicité en lieu et place de la mendicité dite «  sauvage ».
En quoi faisant, en créant notamment des daaras modernes avec internat ,des établissements d’accueil avec l’instauration de cantines scolaires, et en recrutant des enseignants professionnels  diplômés , ainsi qu’en  mettant à la disposition des daaras modernes et des  établissements d’accueil un personnel d’encadrement adéquat.
Ce n’est  que par ce biais, ont-ils dit ,que l’objectif recherché par le gouvernement sera progressivement atteint.
Pour eux, prendre des mesures aussi «  impopulaires  »sans mesures d’accompagnement de grande envergure, et sans l’implication effective des acteurs du secteur, ainsi que sans un travail d’information, de sensibilisation et de conscientisation, risque si l’on n’y prend garde, d’être vouées à l’échec, en ne donnant pas au final les résultats escomptés.
En tout cas, c’est d’une manière générale, le sentiment le mieux partagé dans la capitale du Ndiambour, qui compte beaucoup de daaras et d’instituts et écoles  arabes et franco-arabes et dont plusieurs de leurs responsables interrogés se sont déclarés défavorables aux conditions  dans les quelles elles ont été pensées et  mises  en application sans crier gare.
C’est le cas de Kh . Gaye un responsable de daara établi au quartier Artillerie-Nord , qui se dit contre la manière dont ces mesures ont été prises et mises aussitôt en application sans mesures d’accompagnements adéquates reconnaissant ,toutefois, que même si l’esprit est bon , la manière d’application  de ces mesures n’est point des meilleures.
C’est pourquoi il est contre ces décisions qu’il a qualifiées d’autoritaires parce que n’ayant pas bénéficié auparavant d’approbation de l’opinion notamment des acteurs principaux de ce secteur.
De son coté, le fils du khalife général de la famille Omarienne Thierno Cheikhou Oumar  Bassirou Mountaga Daha Tall , avait lors de la prière de la korité dans une déclaration à la presse,  donné son sentiment sur l’opération de retrait des enfants de la rue et sur l’interdiction de la mendicité, entreprises par le gouvernement, rappelant que dans tous les pays du monde y compris les Etats –Unis d’Amérique, des personnes démunies tendent la main pour mendier afin de survivre.
Pour Thierno Cheikhou Oumar Tall, ces enfants que l’on appelle aujourd’hui les enfants dans la rue, sont appelés à assurer demain la relève, pour veiller sur le respect de la religion.
C’est  pourquoi , a-il b ajouté, avant de passer à l’application stricte de ces mesures, il fallait selon lui, initier  une large concertation nationale ,qui regrouperait tous les acteurs  et tous ceux qui sont concernés  dont les chefs religieux ou leurs représentants,  pour les amener à se prononcer sur la question , ce qui du reste, ferait  éviter  certaines positions contraires à la volonté du gouvernement.
D’autres encore comme M. Fall  qui est responsable d’un daara moderne, A .Lo officiant dans un institut franco-arabe, A.Ba un maitre coranique ,Al .H.Sow un maitre d’arabe ont tous diversement apprécié les mesures ,les uns les approuvant, les autres les désapprouvant pour  telles ou telles autres raisons .
En tout état de cause ,les mesures ainsi appliquées à Dakar, ne le sont pas encore à Louga, ou les talibés vaquent librement à leurs préoccupations de jour comme de nuit sans être inquiétés. 
MBARGOU DIOP CORRESPONDANT PERMANENT A LOUGA.
Mercredi 13 Juillet 2016
Dakaractu




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