LE RÉFÉRENDUM OU LA RUE !


LE RÉFÉRENDUM OU LA RUE !
 La problématique du nombre de mandats et de sa durée a toujours été un casse-tête  pour tous les régimes qui se sont succédé à la tête de l’Etat. Parce que justement, en toile de fond, c’est l’enjeu de la conservation du pouvoir politique qui constitue le principal défi quasi-existentiel auquel les régimes font face. Pour s’en convaincre, il faut  voir le nombre de fois que les dispositions portant sur le mandat présidentiel ont fait l’objet de révisions. Malheureusement, on croyait clore ce chapitre après deux alternances réalisées avec brio, mais le régime du président Macky Sall semble vouloir nous replonger  dans ce passé d’incertitudes eu égard toujours et décidément à la question brulante du mandat.
En effet, après avoir pris l’engagement solennel et moult fois répété en des circonstances et endroits variés de restaurer le mandat de cinq ans initialement prévu dans la constitution de 2001 approuvé par le peuple, le candidat Macky Sall devenu président tarde à concrétiser cette volonté largement partagée par les Sénégalais. Certes, il a annoncé lors du traditionnel discours à la Nation prononcé à l’occasion du nouvel an 2016 une kyrielle de réformes portant sur plusieurs dispositions de la constitution, mais, s’agissant du mandat, il n’a fait qu’accentuer le flou déjà persistant.
De prime abord, la date du référendum reste toujours un mystère alors que tous les Sénégalais l’attendaient avec impatience pour se faire une religion sur ce sujet. A cela s’ajoute l’imbroglio procédural dans lequel le président s’est engouffré pour pouvoir justifier l’éventualité d’une impossibilité de réduire le mandat de 7 à 5 ans avec l’effet rétroactif. Seulement, le président de l’APR ne saurait nullement opposer au peuple sénégalais un avis défavorable portant sur la réduction du mandat et de son application automatique que le conseil constitutionnel pourrait rendre, car c’est lui-même qui est monté au créneau pour défier et décrédibiliser la justice en faisant fi de la décision de la cour suprême dans l’affaire des élèves-maîtres.  Bref, il lui revient de trouver les voies et moyens pour honorer son engagement et matérialiser sa volonté. Tous les juristes de bonne foi sont tombés d’accord sur le fait que l’avis du conseil constitutionnel en la matière est un avis consultatif et non un avis conforme. Le président de la République ne saurait être lié par l’avis du conseil constitutionnel. Et après tout, la question n’est pas que juridique. Elle est éminemment politique. Que vaut l’avis du conseil constitutionnel devant la volonté populaire ?
En dernière instance, le peuple est le seul titulaire de la souveraineté. Sa volonté fait la loi, est la loi. C’est pourquoi, nous demandons au président de la république de respecter sa parole et de soumettre son projet de réduire le mandat  référendum avec effet rétroactif. Sinon, nous appellerons  à l’arbitrage de la rue. Le peuple occupera les rues de toutes les villes  comme ce fut le cas lors des évènements du 23 juin 2011 pour imposer sa volonté. Le président Macky Sall doit choisir entre le référendum ou la rue. La Jeunesse pour la Démocratie et le Socialisme (JDS) ainsi que toutes les forces vives de la Nation vont se mobiliser pour amener le président de la république à respecter son engagement. Il n’a pas le choix. L’esprit du 23 juin souffle encore sur ce pays. Il est grand temps que les valeurs structurent l’action des hommes politiques afin de réconcilier la politique et les citoyens sénégalais.
Dans le même ordre d’idées, il est regrettable de voir le conseiller juridique du président de la république, universitaire de surcroît, s’adonner à de la manipulation en faisant dire à la constitution ce qu’elle n’a pas dit. En effet, en affirmant que « les avis rendus par le conseil constitutionnel lient le président de la république. Il ne peut pas se soustraire à l’avis en disant : « oui je vous ai consulté, vous m’avez donné un avis, mais votre avis ne me lie pas ». Le président de la république est obligé de suivre le conseil constitutionnel, quel qu’il soit, c’est-à-dire si le conseil donne un avis favorable ou défavorable, il est obligé de suivre l’avis », le professeur Ismaila Madior Fall, puisqu’il s’agit de lui, fait de l’interprétation tendancieuse et très dangereuse, car on a toujours à l’esprit les violents événements occasionnés en 2012 par la troisième candidature illégale du président Abdoulaye Wade qui d’ailleurs, ironie de l’histoire, s’était payé le luxe de trouver des « juristes » pour le conforter dans son entêtement aveugle précipitant ainsi sa chute. Le référendum ou la rue !
Jeunesse pour la Démocratie et le Socialisme (JDS)
 
Mercredi 6 Janvier 2016
Dakar actu




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