L'un des deux morts de Marseille est le fils du directeur sportif de l'OM


L'un des deux morts de Marseille est le fils du directeur sportif de l'OM
Deux hommes ont été tués par balles jeudi dans la région marseillaise: le premier, âgé de 24 ans, a été exécuté à l'aube par un commando de quatre hommes devant son entreprise à La Ciotat, le second, fils du directeur sportif de l'OM José Anigo, abattu par deux motards en plein après-midi à Marseille, portant à 15 le nombre de morts dans des règlements de comptes dans la région cette année.
Vers 5H30, Kevin El Malki allait prendre son service dans l'entrepôt d'Urbaser, une société qui assure la collecte des déchets ménagers pour le compte de la communauté urbaine Marseille Provence Métropole, lorsqu'il est tombé nez à nez avec quatre individus cagoulés et lourdement armés qui l'attendaient dans un véhicule, a indiqué le parquet de Marseille. Il a été atteint par un premier tir dans le dos, puis percuté par le véhicule de ses agresseurs, qui l'ont poursuivi jusqu'à l'entrée de l'entrepôt où il a été abattu d'une dizaine de tirs d'une arme de 9 mm, probablement un pistolet automatique, et d'un fusil à pompe de calibre 12. Le jeune Marseillais était "peu connu de la justice", a précisé le secrétaire général du parquet Florent Crouhy, avec un simple délit routier et "un vol en tant que mineur" à son actif. 
 
Les enquêteurs de la police de Marseille s'interrogent sur les motifs de ce nouveau règlement de comptes. "Ça ressemble à un règlement de comptes mais pour quels motifs?", livrait ainsi à l'AFP une source proche de l'enquête, soulignant que le jeune homme était "très discret et apprécié de ses collègues et de son employeur". Le crime s'est déroulé sous les yeux de nombreux témoins, notamment une vingtaine de collègues de la victime. L'alerte a été immédiatement donnée par le responsable de l'entreprise, située dans la zone d'activité Athenia, à proximité immédiate de la bretelle d'autoroute Marseille-Toulon. Il n'y a pas eu de blessés, a indiqué le directeur de la division propreté d'Urbaser, Stéphane Sigwald, ajoutant qu'il était "extrêmement choqué" et que ses pensées allaient "à la famille de cet employé et à tous ses collègues présents". Selon une source proche de l'enquête, une Renault Mégane carbonisée, qui pourrait être celle des tueurs, a été retrouvée non loin des lieux du crime. 
 
"Escalade inacceptable"
Quelques heures plus tard, en pleine journée, Adrien Anigo, fils du directeur sportif de l'OM tombait sous les balles dans les quartiers nord de Marseille. Les faits se sont déroulés vers 15H45 au niveau du métro Frais-Vallon, dans le XIIIe arrondissement. Il avait été écroué en 2007 pour avoir participé à plusieurs vols à main armée de bijouteries. La victime se trouvait à bord d'une Twingo noire de location quand elle a été prise pour cible par deux individus circulant sur une moto de grosse cylindrée, qui l'ont mitraillée à bout portant, selon le parquet. L'homme a été touché à la tête et à la carotide, et des étuis de calibre 11,43 et 9 mm ont été retrouvés sur place, a-t-on précisé de source proche de l'enquête. 

 
Dans l'après-midi, une dizaine de policiers de la PJ s'affairaient autour du corps recouvert d'un drap blanc, gisant devant la voiture, procédant aux relevés des premiers indices, a constaté un journaliste de l'AFP. Plusieurs dizaines d'habitants des cités se pressaient le long de la voie rapide surplombant la scène, comme Mehdi et Mohamed, deux adolescents qui racontent avoir "entendu trois ou quatre coups de feu". Ils se sont approchés, ont vu la voiture stoppée net et le corps, ont-ils raconté. Le maire (PS) du secteur Garo Hovsepian, joint par l'AFP, a dénoncé une "escalade inacceptable de la violence". "Il faudra vaincre cette fatalité coûte que coûte en multipliant les moyens d'investigation, c'est un travail de longue haleine", a-t-il souligné. 
 
Le 20 août, au lendemain d'un nouveau règlement de comptes, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault était venu à Marseille pour annoncer le renforcement des effectifs de la police judiciaire marseillaise, qui enquête sur ces affaires, par 24 fonctionnaires supplémentaires. Outre les règlements de comptes, plusieurs affaires récentes de violences ont démontré que de nombreuses armes sont en circulation dans la région. Dimanche, une fusillade à l'arme de guerre avait fait trois blessés dans le centre de Marseille après une altercation dans une boîte de nuit. Lundi, à la suite d'un banal différend dans une station-service, un homme de 54 ans a été blessé d'un tir par un individu en scooter qui a pris la fuite.

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Jeudi 5 Septembre 2013
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