Les témoins de Woolwich étaient sous le choc après avoir assisté à une agression barbare. Ils ont d'ailleurs été sollicités par les deux agresseurs présumés pour prendre des photos ou les filmer. Une dame, quant à elle, a osé les défier.
L'Angleterre était sous le choc ce jeudi matin, au lendemain du meurtre en pleine rue de Woolwich d'un militaire par deux hommes armés de couperets et de couteaux. "Ils étaient enragés, tels des animaux", raconte cet homme dans le Guardian habitant dans ce quartier du sud-est de Londres. Pour lui, comme les nombreux passants qui, à cette heure-là, vaquaient à leurs occupations, la vie a été bouleversée en quelques minutes. James Heneghan conduisait sa compagne au travail lorsqu'il a assisté à la scène. Le souffle court, la voix tremblante, il décrit la scène.
Coups de hache
"Nous venions de pénétrer sur John Wilson Street. Nous avons remarqué une Vauxhall (Opel) contre un poteau de signalisation. À quelques mètres de là, nous avons vu deux hommes et un autre, allongé sur le sol. Nous pensions qu'ils l'aidaient, jusqu'au moment où ma compagne a poussé un hurlement lorsqu'elle a clairement aperçu un couperet et des couteaux de boucher". La suite: une scène d'une violence traumatisante. "Ils le battaient à coups de hache. Nous avons tout vu. C'est comme s'ils tentaient de lui couper les organes. Nous avons sauté hors du véhicule et crié".
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Guerre à Londres
L'un des deux assaillants est ensuite retourné dans le véhicule accidenté contre le poteau de signalisation, a sorti un sac noir et a brandi une arme, qu'il a dirigée vers la foule. Si James Heneghan s'est exécuté et en a profité pour appeler la police, d'autres témoins sont restés sur place. Comme cette femme qui, avec héroïsme, a fait face aux deux criminels et a tenté de porter secours à la pauvre victime. Ingrid Loyau-Kennett, 48 ans, a affirmé dans le Daily Telegraph de ce jeudi être intervenue car elle pensait qu'il valait mieux que les armes soient pointées sur une seule personne. "L'un des deux hommes m'a dit qu'il voulait démarrer une guerre à Londres ce soir", a témoigné cette mère de deux enfants.
Seuls contre tous
Ce n'est pourtant qu'après s'être approché du corps inerte qu'Ingrid Loyau a pris conscience du danger. "Ils étaient armés de couteaux et d'un revolver. Ils ne semblaient ni drogués, ni saouls". Elle est même parvenue à leur parler. "J'ai dit: "Maintenant, c'est vous contre tous. Vous allez perdre. Qu'allez-vous faire?". Il m'a répondu: "Je voudrais rester et combattre". Dans un élan d'insouciance, Ingrid Loyau a demandé qu'ils lui donnent leurs armes. "J'ai pensé que c'était mieux qu'elles soient pointées vers une personne comme moi plutôt que vers quiconque au moment où des enfants commençaient à quitter l'école".
"L'un des deux semblait fier de son forfait", rajoute Heneghan. "Il demandait qu'on le prenne en photo. Ils se sont tous les deux arrêtés, comme s'ils attendaient quelque chose. La police, certainement". L'attente a duré une dizaine de minutes. Une éternité. À l'arrivée des forces de l'ordre, des coups de feu ont été échangés. Finalement, les deux agresseurs, qui ont prétendu avoir agi au nom d'Allah, ont plié sous les balles et durent être hospitalisés.
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