L'enquête Bygmalion sur la campagne de Nicolas Sarkozy étendue à d'autres dépenses suspectes


L'enquête Bygmalion sur la campagne de Nicolas Sarkozy étendue à d'autres dépenses suspectes
Bygmalion a-t-elle été la seule société à couvrir les dépassements de budget du compte de campagne de Nicolas Sarkozy en 2012? C'est pour répondre à cette question que le parquet de Paris a étendu son enquête à d'autres dépenses suspectes don le montant avoisinerait près de 10 millions d'euros, a appris l'AFP ce jeudi 5 novembre de source judiciaire.

Le parquet a pris un réquisitoire supplétif le 26 octobre, après avoir été sollicité par les juges d'instruction. Ces derniers s'interrogent sur une dizaine de millions d'euros de dépenses inscrites au budget de l'UMP en 2012 et qui ne figurent pas dans le compte de campagne ainsi que sur des factures manquantes, pour 1,5 à 1,8 millions d'euros, d'une autre société que Bygmalion, Agence Publics, pour ses prestations lors du meeting de Villepinte, le 11 mars 2012.

S'agit-il de simples erreurs comptables ou d'une manipulation orchestrée? A en croire l'ancien bras droit de Jean-François Copé et directeur adjoint de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2012, Jérôme Lavrilleux, les comptes ont "débordé de tous les côtés". Ne poseraient pas seulement problème les quelque 18,5 millions d'euros de dépenses de meetings, facturées à l'UMP par la filiale événementielle de Bygmalion, Event&Cie, alors qu'elles devaient figurer dans les comptes de campagne.

Les juges sont notamment intrigués par une ligne du budget 2012 de l'UMP, le poste "présidentielle", qui fait apparaître la somme de 13,5 millions d'euros. Or, d'après eux, trois millions seulement ont été finalement intégrés aux comptes de campagne, détaille une source proche du dossier. A quoi ont servi les 10 millions restants? "Je ne sais pas précisément. Sans doute à financer des affiches, à payer les transports des militants... Sauf qu'on ne peut pas demander à la SNCF ou à d'autres prestataires, comme à Bygmalion, de modifier leurs factures!", a répondu dans L'Obs Jérôme Lavrilleux, dont la version est contestée par les autres mis en examen sur de multiples aspects de l'affaire.

Si des irrégularités devaient être démontrées, cela mettrait à mal la version de Nicolas Sarkozy, qui conteste tout dérapage de sa campagne et pour qui les fausses factures n'ont existé qu'entre l'UMP, dirigée à l'époque par Jean-François Copé, et Bygmalion, fondée par des proches de ce dernier. "Il ne faudrait plus appeler cette affaire 'Bygmalion', mais celle des comptes de campagne de Nicolas Sarkozy", résume Jérôme Lavrilleux.

Le HuffPost avec AFP

Jeudi 5 Novembre 2015
Dakaractu




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