L’annonce de la dissolution plonge l’hémicycle dans une ambiance de vacances


L’annonce de la dissolution plonge l’hémicycle dans une ambiance de vacances

La dissolution de l’Assemblée nationale, annoncée par le président de la République Macky Sall, semble avoir plongé l’hémicycle dans une ambiance de vacances, illustré par le silence de cathédrale qui règne désormais sur les lieux.

En cette matinée de jeudi, difficile en effet de rencontrer un député dans les allées du bâtiment. Et le personnel subalterne affiche déjà son inquiétude, devant un avenir qui parait incertain, avec l’éventualité d’une dissolution de l’institution.

Les rutilants véhicules, souvent visibles à l’intérieur, ont comme presque disparu. Par enchantement. Même situation aux alentours de l’institution parlementaire, où seuls des passants et quelques voitures de particuliers meublent le décor.

A l’intérieur, au premier palier, le silence n’est perturbé que par les coups de balai et autres bruits de seaux. Aux 3-ème et 4ème étage qui abritent principalement les bureaux des parlementaires et le personnel administratif, la plupart des portes sont fermées, aucun député n’étant sur les lieux.

Des personnes qui disent avoir un rendez-vous avec des députés attendent devant une porte portant l’inscription : ’’Président de la Commission des lois, de la décentralisation et des droits humains’’.

Mais le locataire de ce bureau, Me Abdoulaye Babou, est absent des lieux, du moins si l’on se fie aux renseignements recueillis sur place. Même le bureau de sa secrétaire est resté fermé.

Même ambiance dans les bureaux des autres présidents de commission. Il est 11 heures passées, lorsque nous nous présentons devant le bureau du député libéral Omar Ndoye, président de la Commission ’’Santé et actions sociales’’. Seuls son assistante et quelques tierces personnes en train de feuilleter un journal, sont visibles dans la partie droite du 4ème étage de l’Assemblée nationale.

Députés et responsables administratifs aux abonnés absents, le personnel subalterne devise sur les derniers développements de l’actualité, qui ont trait notamment à l’annonce de la dissolution de l’hémicycle.

’’De toute les façons, même si Macky Sall dissout l’Assemblée (nationale), ce n’est pas la fin du monde’’, lance sous le couvert de l’anonymat un employé du parc automobile.

Un point de vue qui tranche nettement avec celles des chauffeurs des parlementaires, qui affichent une inquiétude quant à leur avenir au cas où la deuxième chambre serait dissoute.

’’Nous sommes vraiment inquiets pour notre avenir, parce que nous n’avons pas de contrats ni rien du tout de solide. Si nos patrons ne sont plus députés, ce sera très difficile pour nous’’, confie Pape Diouf, chauffeur d’un député libéral.

Assis sous un arbre, un groupe de chauffeurs de députés semblent préoccupés par leur avenir. La trentaine bien révolue, Ibrahima Diallo ne cache pas sa préoccupation face à la nouvelle donne qui se profile à l’Assemblée nationale.

’’C’est vrai qu’on gagne des salaires misérables qui ne dépassent pas parfois 40.000 F CFA ou au mieux 60.000 francs, mais cela va être plus compliqué si on ne reçoit plus rien avec la probable dissolution de l’Assemblée nationale’’, admet-il, l’air embarrassé.
APS

Jeudi 5 Avril 2012




Dans la même rubrique :
Fidel Castro est mort

Fidel Castro est mort - 26/11/2016